DOSSIER : L’AMPHI DE GARNISON : LE JOUR OÙ LES ÉTUDIANTS EN MÉDECINE JOUENT LEUR CARRIÈRE
La première année n’est pas forcément l’étape la plus difficile lorsque l’on s’engage dans des études de médecine. 6 ans après, les étudiants passent l’ECN (examen classant national). Un examen crucial car, selon leur classement, ils vont pouvoir ou non obtenir la spécialité et la ville de formation dont ils rêvent. Tout se joue lors de « l’amphi de garnison ». Deux semaines durant lesquelles les candidats énoncent leur choix. Jusqu'à 2011, la procédure se déroulait "physiquement" à Lognes, dans une salle gigantesque (reportage et séquence émotions en vidéo). Depuis septembre 2011, elle est informatisée.
Médecine : les débuts chaotiques de l’amphi de garnison virtuel
Retard annoncé
Or, lorsque le site d’inscription s’est ouvert lundi 12 septembre 2011, le serveur a explosé. « On a compté 1,3 millions de connexions le premier jour. Les étudiants sont venus voir comment cela se passait, ils ont continué à faire des simulations, ils ont beaucoup hésité avant de choisir… », explique Serge Aubert, responsable des concours médicaux du CNG (Centre national de gestion). Résultat : alors que 1.200 personnes devaient effectuer leur choix ce jour-là, un énorme retard a été pris. Le calendrier s’est décalé. Les étudiants ne savaient plus quand leur tour allait arriver. Il a même été question d’ouvrir le site le dimanche ou la nuit. « Le système permettrait de faire du 24h/24 mais les esprits ne sont pas prêts à ça », indique Serge Aubert. De son côté, Olivier Duranteau, vice-président démographie médicale de l’ANEMF (Association des étudiants en médecine de France) rappelle : « Le CNG avait promis de revenir au système initial en cas de problème, donc dès lundi. Promesse non tenue ».
22 minutes pour le choix d’une vie
Du reste, mercredi 14 septembre 2011, les choses semblaient à peu près rentrer dans l’ordre. « À 1.200 personnes par jour, on était optimiste. On est revenu à un rythme plus raisonnable de 700 par jour, comme à Lognes. La procédure se déroulera donc sur 10 jours ouvrables au lieu de 7 », admet Serge Aubert. Restent des petits couacs. « Ce matin, on a pris du retard car un étudiant a réfléchi pendant 22 minutes ! Sur place, dans l’amphi, on pouvait les bousculer gentiment. Et il y avait la pression de la salle. Là, quand ils prennent trop de temps, on leur téléphone, on va les « chercher » », indique Serge Aubert.
Classe test
L’ANEMF, de son côté, assure le service après-vente. « Les étudiants nous demandent des informations sur leur passage. Ils en ont ras-le-bol. Ils ont un peu l’impression d’être pris pour une classe test. Or, en médecine, on ne fait jamais les 1ers tests sur des humains », rétorque Olivier Duranteau. Heureusement, hormis ces problèmes de timing, déplaisants, l’essentiel est là : pour le moment l’application n’a commis aucune erreur dans les affectations.
14 septembre 2011












