Dossier : Une PAES (ex-PCEM 1)... et après ?

La PAES (première année des études de santé), ex-PCEM 1 est commune aux étudiants de médecine, dentaire, sage-femme, pharmacie et, pour certains établissements, à d’autres formations paramédicales (kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotrociens...). Une fois le concours réussi, vous vous engagerez dans de longues années d’études spécifiques au métier que vous aurez choisi. Revue de détail de ce qui vous attend.

Vous rêvez d’endosser la blouse blanche et d’embrasser une carrière médicale ? Avant de vous engager dans des études longues (de neuf à onze ans) marquées par une sélection drastique à l’issue de la première année, demandez-vous si vous avez le profil.

PAES (ex-PCEM 1) : passer le cap de la première année

Ne réussit pas les études de médecine qui veut, surtout la première année. Même si tout est possible à un concours, les statistiques jouent en faveur d’un certain profil de candidat. La sélection est sévère, voire plus encore. Car si le nombre de places au concours a augmenté régulièrement ces dernières années (on est passé de 5.100 en 2003 à 7.492 en 2013), l’engouement des jeunes pour la médecine n'a pas faibli pas non plus.

La mise en place, à la rentrée 2010, de la PAES (première année des études de santé), commune aux futurs médecins, dentistes, sages-femmes et pharmaciens, change peu la donne en matière de résultats aux concours et ne diversifie pas le profil des candidats qui suivent des études médicales. Aujourd’hui, alors que n’importe quel lycéen peut s’inscrire en médecine, plus de 95 % des étudiants de première année sont issus de la filière S. Et ce pourcentage s’élève même à 99 % en deuxième année.
 
Des cours variés
 Côté cours, la PAES s’appuie sur un programme national refon­dé. Ainsi, certaines facs de méde­cine, très "matheuses" à l’origine, ont dû revoir à la baisse le nombre de leurs heures d’enseignements scientifiques. À l’inverse, d’autres universités réputées pour leur coloration "sciences humaines et sociales et disciplines médicales fondamentales (biologie cellulaire, embryologie, anatomie, etc.)" ont dû réajuster leur niveau en sciences dures (chimie, biochimie, physique, biophysique…). Une partie "médicaments" a également été ajoutée. Chaque établissement publie son programme complet sur Internet.
 
Un concours en janvier, quatre en juin
La mise en place de la PAES n’implique pas seulement un changement de programme. Les méthodes d’enseignement ont également évolué. La vidéotransmission sur un ou plusieurs sites, par exemple, s’est développée… La principale révolution concernant le concours. À l’issue du premier semestre, tous les étudiants en passent un seul et unique. Ils sont jugés sur les cours qu’ils ont suivis en commun. Mais selon les filières (médecine, sage-femme, pharmacie ou dentaire), des coefficients sont affectés aux matières. Par exemple, l’anatomie peut être affectée d’un coefficient 4 en médecine et 2 en pharmacie, tandis que la connaissance des médicaments peut avoir un coefficient 4 en médecine et 6 en pharmacie. Ainsi, selon leurs premiers résultats, les étudiants jugent leur niveau et leurs chances pour présenter de un seul (la grande majorité) à quatre concours en fin d’année.

Au second semestre, les étudiants conservent un tronc commun, mais suivent un module spécifique à la ou les filière(s) choisie(s) (quatre matières). Toutefois, certaines matières peuvent se retrouver dans la maquette de filières différentes. Par exemple, le cours "anatomie de la tête et du cou" est programmé à la fois dans le module médecine et le module dentaire. Un étudiant qui passe quatre concours n’est donc pas trop pénalisé par rapport à un candidat qui n’en passe qu’un. En fin de second semestre, les étudiants passent les mêmes épreuves dans les matières du tronc commun et leurs épreuves spécifiques. Selon leur classement final, la procédure de choix se met en place.

En cas d’échec…
Des dispositifs de réorientation précoce vers d’autres filières étaient mis en place, en fin de premier semestre, par la moitié des facs en 2011-2012. Afin de ne pas perdre votre temps si les études médicales ne sont pas faites pour vous. En fin d'année, les candidats qui ne sont pas suffisamment bien classés peuvent redoubler (à la condition d’obtenir certains résultats). Ils peuvent aussi changer d’orientation avec la possibilité de retenter leur chance plus tard.

Vous pouvez rebondir en licence de biologie à la fac, la réorientation la plus "évidente". Les étudiants de PAES qui ont obtenu la moyenne au concours (on les appelle les reçus-collés) peuvent accéder directement en deuxième année, voire dans certaines facultés en L3. Pensez aussi aux autres licences de sciences, aux licences de psychologie, droit, économie ou sciences de l’ingénieur, aux DUT (diplômes universitaires de technologie) de biologie. Beaucoup d’étudiants préfèrent cependant tourner la page et s’inscrivent en BTS (brevet de technicien supérieur), en école de commerce postbac, en école d’ingénieurs

Une mention au bac : insuffisant
Les meilleurs réussiront, eux, le concours santé de leur choix. Mais attention, les statistiques ne jouent pas qu’en faveur des bons élèves. Certes, les titulaires d’une mention passable au bac représentaient jusqu’à présent la moitié des inscrits en première année, et seulement 15 % des élèves de deuxième année. Mais en première année, la plupart des enseignements sont nouveaux. Les compteurs sont donc "remis à zéro". Certains élèves, lassés du lycée, se révèlent sur les bancs de l’université. "Le concours reste accessible si on a de bonnes capacités de travail et si on les mobilise. Évidemment, cela sera plus difficile si vous étiez déjà à fond en ­terminale", prévient Bertrand Boutillier, médecin généraliste créateur du site www. remede.org.

Notez que la sélectivité varie d’une fac à l’autre. En effet, le numerus clausus est attribué en fonction des besoins locaux. L’objectif est d’augmenter le nombre d’étudiants formés dans les zones déficitaires et de répartir plus équitablement les futurs médecins entre le Nord et le Sud. Résultat, les étudiants du Nord ont statistiquement plus de chances de réussir leur première année et le taux de réussite varie du simple au double en France métropolitaine.

Peut-on choisir son université ?
Chaque faculté s'organisant à sa manière, il vaut mieux se renseigner directement auprès de l'établissement visé. Par exemple, certaines universités n'acceptent pas d'inscription de bacheliers hors académie, d'autres le font. Un conseil : choisissez la faculté la plus proche de chez vous, sinon vous risquez de perdre du temps dans les transports.

 
Six métiers paramédicaux après une PAES

Dans six filières paramédicales,
les écoles ont le droit de recruter des étudiants issus également de PAES. C'est le cas pour les masseurs-kinésithérapeutes, les psychomotriciens, les ergothérapeutes, les manipulateurs d’électroradiologie médicale, les pédicures-podologues et les techniciens en analyses médicales.
C’est un droit mais ce n’est pas une obligation pour ces écoles et chacune d’elles reste libre de faire sa "cuisine" pour recruter. Il existe d’autres métiers paramédicaux qui peuvent également vous intéresser : infirmier, orthophoniste, orthoptiste… Ces formations accessibles sur concours durent trois ans (quatre pour orthophoniste).
 

Virginie Bertereau
Décembre 2012

Vendredi 17 Décembre 2010

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