DOSSIER : UNE PAES (EX-PCEM 1)... ET APRÈS ?
La PAES (première année des études de santé), ex-PCEM 1 est commune aux étudiants de médecine, dentaire, sage-femme, pharmacie et, pour certains établissements, à d’autres formations paramédicales (kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotrociens...). Revue de détail de ce qui vous attend durant ces (longues) études.
PAES (ex-PCEM 1) : passer le cap de la première année
Bac S conseilléLe concours qui clôture cette première année et pour lequel un bac S est vivement conseillé s’avère très sélectif. En 2010, il y avait 7.403 places offertes au concours (soit un quota fixé chaque année par arrêté ministériel) et le taux de réussite national de 16 %. Car même si ce numerus clausus est en constante augmentation depuis plusieurs années (il n'y avait que 5.100 places offertes en 2003), les facultés doivent faire face à un afflux d'étudiants de plus en plus important.
Une mention au bac : insuffisant
Les meilleurs réussiront, eux, le concours de leur choix. Mais attention, les statistiques ne jouent pas qu’en faveur des bons élèves. Certes, les titulaires d’une mention passable au bac représentaient jusqu’à présent la moitié des inscrits en première année, et seulement 15 % des élèves de deuxième année. Mais en première année, la plupart des enseignements sont nouveaux. Les compteurs sont donc "remis à zéro". Certains élèves, lassés du lycée, se révèlent sur les bancs de l’université. "Le concours reste accessible si on a de bonnes capacités de travail et si on les mobilise. Évidemment, cela sera plus difficile si vous étiez déjà à fond en terminale", prévient Bertrand Boutillier, médecin généraliste remplaçant et créateur du site www.remede.org. Et ça, il n’y a que vous pour le savoir…
Une année consacrée aux bases scientifiques
Côté cours, la PAES (première année des études de santé) s’appuie sur un programme national refondé. Ainsi, certaines facs de médecine, très "matheuses" à l’origine, ont dû revoir à la baisse le nombre de leurs heures d’enseignements scientifiques. À l’inverse, d’autres universités réputées pour leur coloration "sciences humaines et sociales et disciplines médicales fondamentales (biologie cellulaire, embryologie, anatomie, etc.)" ont dû réajuster leur niveau en sciences dures (chimie, biochimie, physique, biophysique…). Pour vous permettre de comparer, chaque établissement publie son programme complet sur Internet.
Un concours en janvier, quatre en juin
La mise en place de la PAES n’implique pas seulement un changement de programme. Les méthodes d’enseignement ont également évolué. La vidéotransmission sur un ou plusieurs sites, par exemple, s’est développée. À présent, il est difficile d’échapper aux cours sur écran… Mais la principale révolution concerne le concours. À l’issue du premier semestre, tous les étudiants en passent un seul et unique. Ils sont jugés sur les cours qu’ils ont suivis en commun. Mais selon les filières (médecine, sage-femme, pharmacie ou dentaire), des coefficients sont affectés aux matières. Par exemple, l’anatomie peut être affectée d’un coefficient 4 en médecine et 2 en pharmacie, tandis que la connaissance des médicaments peut avoir un coefficient 4 en médecine et 6 en pharmacie. Ainsi, selon leurs premiers résultats, les étudiants jugent leur niveau et leurs chances pour présenter de un à quatre concours en fin d’année.
Au second semestre, les étudiants conservent un tronc commun, mais suivent un module spécifique à la ou les filière(s) choisie(s). Toutefois, certaines matières peuvent se retrouver dans la maquette de filières différentes. Par exemple, le cours "anatomie de la tête et du cou" est programmé à la fois dans le module médecine et le module dentaire. Un étudiant qui passe quatre concours n’est donc pas trop pénalisé par rapport à un candidat qui n’en passe qu’un. En fin de second semestre, les étudiants passent les mêmes épreuves dans les matières du tronc commun et leurs épreuves spécifiques. Selon leur classement final, la procédure de choix se met en place.
Notez que la sélectivité varie d’une fac à l’autre. En effet, ce numerus clausus est attribué en fonction des besoins locaux. L’objectif est d’augmenter le nombre d’étudiants formés dans les zones déficitaires et de répartir plus équitablement les futurs médecins entre le Nord et le Sud. Résultat, les étudiants du Nord ont statistiquement plus de chances de réussir leur première année et le taux de réussite varie de 12 % à 24 % en France métropolitaine.
Peut-on choisir son université ?
Chaque faculté s'organisant à sa manière, il vaut mieux se renseigner directement auprès de l'établissement visé. Par exemple, certaines universités n'acceptent pas d'inscription de bacheliers hors académie, d'autres le font. Certaines demandent aux étudiants qui n'ont pas le bac de l'année de passer devant une commission de réorientation, mais ce n'est pas toujours le cas. Un conseil : choisissez la faculté la plus proche de chez vous, sinon vous risquez de perdre du temps dans les transports.
Que faire en cas d'échec ?
Les candidats qui ne sont pas suffisamment bien classés peuvent redoubler (à la condition d’obtenir certains résultats). Ils peuvent aussi changer d’orientation avec la possibilité de tenter encore une fois leur chance plus tard. Un dispositif de réorientation précoce vers une autre filière scientifique doit être mis en place en fin de premier semestre par les facs. Une façon de ne pas perdre votre temps si les études médicales ne sont pas faites pour vous…
En outre, pour six métiers paramédicaux, les écoles ont le droit de recruter des étudiants issus également de PAES. C'est le cas pour les masseurs-kinésithérapeutes, les psychomotriciens, les ergothérapeutes, les manipulateurs d’électroradiologie médicale, les pédicures-podologues et les techniciens en analyses médicales. C’est un droit mais ce n’est pas une obligation pour ces écoles et chacune d’elles reste libre de faire sa "cuisine" pour recruter. Il existe d’autres métiers paramédicaux qui peuvent également vous intéresser : infirmier, orthophoniste, orthoptiste… Ces formations accessibles sur concours durent trois ans (quatre pour orthophoniste).
Et ailleurs ? Vous pouvez enfin rebondir en licence de biologie (même si les débouchés sont plus minces) à la fac. Les étudiants de PAES qui ont obtenu la moyenne au concours (on les appelle les reçus-collés) peuvent accéder directement en deuxième année, voire dans certaines facultés en L3 de psychologie, droit, économie ou sciences de l’ingénieur. Pensez aussi aux DUT (diplômes universitaires de technologie) de biologie : un accès en seconde année est souvent possible si vous avez été reçu-collé. Beaucoup d’étudiants préfèrent cependant tourner la page et s’inscrivent en BTS (brevet de technicien supérieur), en école de commerce postbac, en école d’ingénieurs… Mais dans ce cas, sachez que vous repartirez de zéro.
Virginie Bertereau












