1. Le quotidien de Patrick, pharmacien-praticien hospitalier
Portrait

Le quotidien de Patrick, pharmacien-praticien hospitalier

Envoyer cet article à un ami
"J'occupe une position centrale à l'hôpital." // © Bertrand Desprez pour L'Étudiant
"J'occupe une position centrale à l'hôpital." // © Bertrand Desprez pour L'Étudiant
Sommaire du dossier
Retour au dossier Le quotidien de Maria, pharmacienne en officine Le quotidien de Frédéric, pharmacien biologiste en laboratoire de ville Le quotidien de Camille, pharmacienne dans l'industrie Le quotidien de Patrick, pharmacien-praticien hospitalier

À 38 ans, Patrick est pharmacien-praticien hospitalier. Sa mission est double : gérer l'achat, la gestion, l'approvisionnement et la détention des produits pharmaceutiques et vérifier d'éventuelles anomalies sur les ordonnances des patients. Rencontre.

Patrick est venu à la pharmacie par des chemins détournés. "Mon père était dentiste. Au départ, je voulais faire 'comme papa'. Je me suis inscrit en fac de médecine à Bordeaux [33]. Recalé au concours de fin de première année, je me suis réorienté en licence de biologie. Mais je n'y ai pas trouvé ma place : le cursus était trop généraliste. Finalement, je me suis tourné vers la pharmacie, une profession médicale qui a l'avantage d'offrir un panel de débouchés très variés."

Une double mission, logistique et clinique

Patrick a effectué ses cinq premières années d'études à Bordeaux avant de venir faire son internat (de quatre ans) à Paris. Aujourd'hui, il travaille au groupe hospitalier Paul-Guiraud de Villejuif (94), spécialisé en psychiatrie. "À l'hôpital, le pharmacien occupe une position centrale. Il se situe à l'interface entre la direction et les équipes soignantes et peut aussi agir directement auprès des patients." Patrick a une double mission. La première, plutôt logistique, concerne l'achat, la gestion, l'approvisionnement et la détention des produits pharmaceutiques. Il est responsable de leur distribution et participe à la sécurisation de leur circuit au sein de l'hôpital.

La seconde est plus centrée sur le patient. "Je vérifie que les ordonnances ne contiennent pas d'anomalies. Je m'occupe du suivi de certains médicaments nécessitant des examens biologiques de contrôle ou des dosages pharmacologiques pour adapter les posologies. Je réalise l'historique des traitements pris par les patients avant leur hospitalisation et je veille à ce qu'il soit bien pris en compte. Je participe à des actions d'éducation pour que les patients suivent leur traitement à la sortie de l'hôpital."

Objectif : le statut de praticien hospitalier

Patrick doit aussi encadrer les étudiants – externes ou internes – au quotidien. Après leur internat et leur thèse, les diplômés travaillent comme pharmaciens assistants spécialistes pendant six ans au maximum. En général, ils passent au bout de trois ou quatre ans un concours national pour obtenir le statut plus stable de praticien hospitalier. "C'est le côté compliqué de la filière hospitalière, mais cela ne doit pas freiner les vocations. Si on ne décroche pas de poste, on peut se tourner vers le privé." Un assistant touche entre 2.200 et 2.500 € net. Un praticien débutant gagne 3.500 €. Patrick, lui, est déjà praticien. Ses projets : "J'aimerais approfondir mes connaissances dans d'autres secteurs d'activité. Il y a beaucoup à faire dans la pharmacie hospitalière."