Comment devenir trader

Le trader : un technicien de la finance de marché

La profession de trader offre-t-elle encore des opportunités malgré la crise ? Oui, à condition d’envisager de travailler plutôt à l’étranger, d'avoir un excellent niveau en maths et d'être très résistant au stress. Zoom sur ce qui se cache derrière ce métier d'élite et les moyens de s'y former.

Publié le , mis à jour le

Comment devenir trader

Symboles du capitalisme financier, les traders fascinent autant qu’ils irritent. De nombreux films, comme “Wall Street”, ou plus récemment “Margin Call”, ont dressé le portrait de ces jeunes hommes brillants et cyniques, qui brassent chaque jour des milliers de dollars et engrangent des bonus mirobolants… tout en flirtant avec le danger d’une crise boursière.

Le réel rattrape parfois la fiction, comme ce fut le cas avec Jérôme Kerviel, trader condamné en 2010 pour avoir fait perdre 4,8 milliards d’euros à son employeur, la Société générale.

En réalité, cette profession n’est pas si romanesque. Le métier de trader est moins épique que technique, surtout depuis la crise, qui a permis de mettre en place des règles plus strictes sur la spéculation et l’encadrement des bonus.
 
Sa mission : acheter et vendre des titres
ou des options
Le trading est une des activités de la finance de marché, qui s’exerce la plupart du temps dans une banque, mais aussi dans l’industrie ou pour un fonds d’investissements. La mission du trader est de générer des profits par des “prises de position”, réalisées pour le compte de ses clients. Il achète ou vend des titres (actions, obligations, monnaies, etc.) ou des options en anticipant une hausse ou une baisse des cours de la Bourse.

Le trader agit principalement sur les marchés à terme (voir lexique ci-dessous) : c’est ce qui lui permet de générer des profits plus importants que sur les marchés classiques. “Si le charbon est vendu à un prix bas en Colombie, je l’achète à l’avance, et je le revends avec une livraison à terme en Asie si j’y anticipe une production plus faible dans les mois à venir”, illustre Elias Chibani, 28 ans, diplômé du master 203 de Paris-Dauphine (master Financial Markets)  et trader “charbon” chez Vattenfall, à Amsterdam.
 
Sa journée : rythmée par les marchés
La journée du trader est rythmée par l’ouverture et la fermeture des marchés. “Je commence à 8h30, mais je termine rarement après 19h30”, raconte Mathieu Létang, 29 ans, trader chez Natixis, également passé par le master 203.

Toute la journée, les traders achètent et vendent des titres derrière leur écran d’ordinateur. Ils discutent avec les brokers et lisent beaucoup – des rapports financiers, des notes d’analyse de conjoncture.

“Nous sommes en permanence branchés sur les dépêches de Bloomberg et Reuters, qui nous apportent des informations sur les sociétés”, ajoute-t-il. Une fusion d’entreprises, un chiffre d’affaires en baisse, une élection, et ce sont les prévisions des traders qui évoluent.
 
Son salaire : entre 40.000 et 50.000 € par an
pour commencer
Quel que soit le lieu où le trader exerce, une chose est sûre : il ne faut pas compter rouler en Maserati les premières années. Depuis 3 ans, les rémunérations des traders ont connu un coup d’arrêt. Un débutant gagne en “fixe” entre 40.000 et 50.000 € par an (soit autour de 3.000 € par mois, net).

“Les premières années, il peut espérer, au mieux, doubler son salaire avec les bonus, mais cela n’a rien à voir avec le début des années 2000, où la multiplication pouvait se faire par 7, 8 ou 10”, remarque Matthieu Létang.

Mais dans tous les cas, trader n’est pas un métier que l’on exerce toute sa vie. Ceux qui réussissent n’y restent jamais très longtemps. “Ce sont des postes où l’on s’use vite, glisse Manuelle Malot, directrice carrières et prospectives de l'EDHEC. Dans ce métier, quand on a passé la trentaine, on est vieux !”
 
Les mots clés pour “parler trader”

Action : titre que l’on achète et qui représente une part du capital d’une société. Permet d’obtenir une rémunération (les dividendes).
 
Broker (= courtier) : intermédiaire commercial entre l’acheteur et le vendeur.

Obligation : titre qui représente une part d’une société ou d’une collectivité publique. Contrairement aux actions, la rémunération est déterminée à l’avance, à une échéance fixée.
 
Option : promesse d’achat ou de vente d’un titre à un prix fixé d’avance, pendant une période définie.

Marché à terme : marché où l’acte de vente se réalise “à terme”. Tout l’enjeu est de jouer sur la hausse ou la baisse des cours dans ce laps de temps.

Spéculation : opération d’achat puis de vente de titres dans l’objectif d’en tirer un bénéfice grâce à la variation de leurs cours.

Jessica Gourdon

Juin 2012
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