DOSSIER : ATTACHÉ DE PRESSE EN AGENCE VS ATTACHÉ DE PRESSE EN ENTREPRISE : DEUX MÉTIERS DIFFÉRENTS ?

Marie et Ophélie sont toutes deux attachées de presse. Mais Marie, 25 ans, travaille dans une entreprise, La Poste, tandis qu’Ophélie, 27 ans, est en agence, chez Oxygen. L’exercice de leur métier diffère-t-il beaucoup ? Missions, conditions de travail, relations aux journalistes, salaires… voici de quoi vous en faire une idée à travers leurs portraits.

Travailler comme attaché de presse en agence ou en entreprise : des différences tout en nuances

Assurer la meilleure “couverture média” possible : voilà, pour Ophélie Surini comme pour Marie Paumier, l’objectif principal de leur activité. Toutes deux font pour cela de la “communication proactive”, en envoyant des communiqués et des dossiers de presse aux journalistes, et en organisant des conférences de presse (lancement de nouveaux produits, actualité des activités, etc.). Pour le reste, des différences sensibles existent, notamment dans leurs rapports aux journalistes.

Marie, attachée de presse à La Poste - 2012Ophélie, attachée de presse en agence à Oxygen - 2012 
À gauche : Marie, qui travaille uniquement pour La Poste. À droite : Ophélie, employée par l'agence Oxygen pour s'occuper de la stratégie média de 4 institutions différentes.

Pas la même stratégie de communication
Marie s’occupe des relations presse de La Poste exclusivement, tandis qu’Ophélie travaille pour 4 institutions différentes dans les secteurs de l’éducation, de l’environnement et du financement public. Elle assure leur stratégie média, sous la supervision de la directrice de clientèle.

“Le relationnel avec mes clients est l’aspect de mon travail que je préfère”, précise cette dynamique jeune femme, qui veille de près aux reprises dans les médias des informations clé de ses communiqués. “Il faut aimer la culture du résultat.”

Pas le même rapport avec les journalistes
Chez l’annonceur (en entreprise), la “communication proactive” est souvent supplantée par la “communication réactive”. Il ne s’agit plus de solliciter les journalistes mais de répondre à leurs requêtes. “J’ai la chance de travailler dans un groupe très sollicité, se réjouit à ce propos Marie. Soit je réponds directement aux demandes des journalistes, soit je vais chercher les réponses en interne, en choisissant par exemple la bonne personne pour répondre à une interview.”

Les activités d’e-mailing et de phoning à destination des journalistes sont davantage caractéristiques des agences. “Nous avons une base de journalistes très complète, qui nous permet de cibler les journalistes en fonction de leur spécialité, pour nos annonces”, explique Ophélie. Après 3 années à son poste, la jeune femme a appris à connaître les journalistes, ce qui facilite son travail. “Ils savent ce qu’ils peuvent me demander et inversement.”

Un rythme comparable
Côté horaires en revanche, Marie et Ophélie travaillent toutes les deux “à la mode parisienne”. Elles commencent leur journée vers 9h- 9h30, et la terminent vers 18h30-19h. En dehors des périodes ponctuelles de “rush”, qui peuvent prolonger les journées jusqu’à une heure tardive…

Les agences persistent à avoir la réputation d’avoir des horaires à rallonge, mais Ophélie a compris une chose au fil des années : “On a le rythme qu’on s’impose !” Une chose est sûre : d’un côté comme de l’autre, les périodes creuses sont inexistantes, y compris durant l’été, puisqu’il faut préparer la rentrée. “Par nature, notre métier est lié à l’actualité et certains moments sont intenses”, souligne Marie.

Autant de pression !
En agence ou en entreprise, il est essentiel de savoir travailler dans l’urgence. ”On ne doit pas se laisser submerger par les demandes qui arrivent le jour même pour le jour même”, insiste Marie. Le travail en équipe et un esprit d’entraide permettent de supporter la pression inhérente au métier. Ça tombe bien, le service de presse de la Poste est composé de 6 personnes et l’agence Oxygen compte 30 professionnels à Paris.

Et côté salaires, des disparités?

Les conditions de travail et les salaires sont réputés plus confortables chez l’annonceur,
notamment dans les grandes entreprises. Si en agence le rythme peut être très intense – il faut jongler entre les exigences de ses différents clients ! –, le salaire n’est pas forcément à la traîne au bout de quelques années d’exercice. C’est aussi que les entreprises, notamment les groupes, privilégient souvent les profils expérimentés.

La différence de salaire entre nos deux jeunes attachées de presse n’est ainsi pas frappante. À la Poste, Marie perçoit entre 30.000 et 32.000 € brut par an, avec le variable, et bénéficie d’un intéressement, de divers plans épargne et de 2 RTT par mois.

Embauchée à 28.000 € en agence, Ophélie, gagne aujourd’hui entre 30.000 et 35.000 €, auxquels s’ajoutent un intéressement, un plan épargne entreprise et 1 RTT par mois. “Quand on a un parcours cohérent, qu’on maîtrise plusieurs langues et qu’on a des expériences solides, on arrive à bien se vendre”, assure-t-elle.

Marie-Anne Nourry
Janvier 2012

Pour aller plus loin :

- Êtes-vous fait pour le métier d'attaché de presse ?
- La fiche sur le métier d'attaché de presse dans notre Guide des métiers.
- Les débuts de Laurianne, attachée de presse dans l'édition après un master métiers du livre et de l'édition.
- Attaché de presse dans le cinéma : le témoignage d'Anne-Charlotte Girard.
- Attaché de presse pour un festival : le témoignage de Dimitri Larcher.
- Vidéo : Lucie, attachée de presse en agence, raconte son métier.

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