Dossier : Des femmes qui font des métiers d'hommes
- Des femmes qui font des métiers d’hommes
- Christelle Brua : "Le chef, c’est peut-être une fille, mais elle fait les choses mieux que toi !"
- Emilie Le Fur : Et si une femme réglait votre "carbu" ?
- Juliette Lefèvre : "Autrefois, une femme dans un tunnel, ça portait malheur"
- Michèle Souchu : "Dans mon bus, je sais me faire respecter"
- Des filles au Mondial de l’automobile
Elles sont chef-pâtissier, ingénieur en course automobile, conductrice de bus ou géologue-géotechnicienne. Des métiers traditionnellement masculins, mais où elles ont fait leurs preuves. Elles sont aujourd'hui respectées par leur collègues, et suscitent l'admiration de leurs proches. Portraits de quatre femmes au caractère bien trempé.
Elles sont femmes et le revendiquent (sans en abuser). Elles exercent des métiers d'hommes et réussissent. Elle ont un caractère bien affirmé et, dans leurs secteurs, c'est indispensable ! Cinq professionnelles racontent leur parcours et leur quotidien dans des milieux "masculins".
Les échelons à toute vitesse
Ses parents lui présentent alors "Monsieur Schmidt", chef du restaurant Le Soldat de l’an II, à Phalsbourg, en Moselle. "J’y ai passé le CAP et le BEP de cuisine en apprentissage. C’est là, avec le chef pâtissier, que j’ai appris les bases du métier". Elue en 1999 "meilleure apprentie de Moselle", l’adolescente poursuit sa route dans un restaurant deux étoiles, l’Arnsbourg (en Moselle).
"J’y ai préparé mon brevet professionnel de cuisine, toujours en apprentissage. La mère du chef, Monsieur Klein, me montrait plein de trucs : les appareils au citron, la tarte au chocolat, les gâteaux de Noël…. Elle m’a donné le goût de la pâtisserie. J’ai profité de son regard bienveillant et de son envie de partager son savoir. Comme si c’était ma grand-mère qui me transmettait des choses".
Monsieur Klein envoie son apprentie en stage partout, chez Anne-Sophie Pic ou Alain Ducasse. Il lui met le pied à l’étrier. Petit à petit, elle grimpe les échelons et devient chef de partie (responsable) pâtisserie. En 2002, le restaurant décroche sa troisième étoile. "C’était magique de faire partie de l’équipe à cet instant".
Le bagne au Pré Catelan ? Pas vraiment…
En 2003, Christelle arrive à Paris, au Pré Catelan. "Je travaille dans un super beau restaurant ! Je peux créer, travailler avec des super produits. J’évolue aux côtés du chef, Frédéric Anton, Meilleur Ouvrier de France. Il a un savoir exceptionnel. Je suis très curieuse, je regarde tout ce qu’il fait, comment il réagit avec le produit, comment il conçoit les cartes, je goûte à tout". Pénible, le métier de chef ? Réservé aux hommes ? "C’est vrai, en cuisine, on travaille dans le bruit, il fait chaud, on piétine. C’est assez physique. Je dois être présente les week-ends et les jours fériés. Et je ne compte pas mes heures, du matin au soir.
Mais il ne faut pas croire : ce n’est pas le bagne ! J’ai le temps de souffler. Je me pose, je lis un peu, j’aide un apprenti à préparer un TP… Et puis je gagne bien ma vie (autant qu’un homme), sinon je ne serais pas là !". En outre, Christelle n’a pas été prise en traître : avoir des parents restaurateurs permet de connaître les contraintes du métier.
"Ah, le chef, c’est une fille…"
En moyenne, 4 ou 5 filles évoluent en cuisine sur une brigade de 25 personnes. Christelle, l’une des seules chefs pâtissiers femmes de France, compte 5-6 personnes sous ses ordres en pâtisserie. Sans peur, sans difficulté. "Tout le monde m’appelle chef. Ce n’est pas dur de m’imposer. Il n’y a ni rivalité, ni rapport de force. Le pire que j’aie pu entendre, c’est "ah, le chef, c’est une fille…"de façon péjorative par un stagiaire. Dans ce cas, au lieu de me mettre en colère, je vais le voir et je lui montre comment je réalise la rose en sucre qu’il a ratée. Sous-entendu : "le chef, c’est peut-être une fille, mais elle fait les choses mieux que toi"... " De même, il n’y a pas de drague en cuisine. "Certains jours, des stagiaires me disent "vous êtes radieuse ce matin". Je ne me formalise pas : ce sont des attentions rigolotes".
La mère poule
Christelle a un côté "mère poule" avec toute son équipe. "Aujourd’hui, j’ai deux apprentis. Je m’occupe beaucoup d’eux. Je peux leur montrer dix fois les mêmes choses inlassablement. Quand on est chef, il faut transmettre quelque chose". Parmi les personnes que la chef encadre figure également UNE commis. "C’est un peu moi quand j’étais plus jeune. Elle a cette soif d’apprendre, d’avancer. Je lui souhaite d’aller aussi loin que je puisse aller". Mais si on lui demande si elle favorise plus les garçons que les filles quand elle reçoit des CV, elle réplique : "Je prête attention à tous".
Objectif : Meilleur Ouvrier de France
De son côté, c’est son entourage qui l’encourage. "Je ne vois mes parents que tous les six mois mais ils me soutiennent et me poussent de loin à aller plus loin". Et il y a sa petite nièce de 7 ans, une vraie fan. "Elle traîne tout le temps dans mes pattes. Elle est curieuse… Le métier la fait rêver. Elle me voit dans les magazines, à la télévision (NDLR : la jeune femme est notamment passée dans l’émission de Joël Robuchon) et elle est fière". Une future apprentie ? D’ici là, Christelle aura peut-être atteint son objectif : remporter le concours de Meilleur Ouvrier de France pour lequel elle se prépare. On lui souhaite de tout cœur de réussir.
Les conseils de Christelle en vidéo
Elles sont femmes et le revendiquent (sans en abuser). Elles exercent des métiers d'hommes et réussissent. Elle ont un caractère bien affirmé et, dans leurs secteurs, c'est indispensable ! Cinq professionnelles racontent leur parcours et leur quotidien dans des milieux "masculins".
Christelle Brua : "Le chef, c’est peut-être une fille, mais elle fait les choses mieux que toi !"
On dit chef pâtissier, pas chef pâtissière. Et "c’est mieux comme ça…", selon Christelle Brua. A 31 ans, la jeune femme œuvre au restaurant, le Pré Catelan, à Paris, en plein cœur du Bois de Boulogne (trois étoiles au guide Michelin). Pourtant, cette créatrice-née, fille de restaurateurs, voulait être styliste au départ. "J’ai décroché un bac L mention bien mais la fac ne m’intéressait pas. J’avais besoin de travailler, de faire quelque chose de mes mains. J’étais bonne en dessin. Mais les études étaient coûteuses..."Les échelons à toute vitesse
Ses parents lui présentent alors "Monsieur Schmidt", chef du restaurant Le Soldat de l’an II, à Phalsbourg, en Moselle. "J’y ai passé le CAP et le BEP de cuisine en apprentissage. C’est là, avec le chef pâtissier, que j’ai appris les bases du métier". Elue en 1999 "meilleure apprentie de Moselle", l’adolescente poursuit sa route dans un restaurant deux étoiles, l’Arnsbourg (en Moselle). "J’y ai préparé mon brevet professionnel de cuisine, toujours en apprentissage. La mère du chef, Monsieur Klein, me montrait plein de trucs : les appareils au citron, la tarte au chocolat, les gâteaux de Noël…. Elle m’a donné le goût de la pâtisserie. J’ai profité de son regard bienveillant et de son envie de partager son savoir. Comme si c’était ma grand-mère qui me transmettait des choses".
Monsieur Klein envoie son apprentie en stage partout, chez Anne-Sophie Pic ou Alain Ducasse. Il lui met le pied à l’étrier. Petit à petit, elle grimpe les échelons et devient chef de partie (responsable) pâtisserie. En 2002, le restaurant décroche sa troisième étoile. "C’était magique de faire partie de l’équipe à cet instant".
Le bagne au Pré Catelan ? Pas vraiment…
En 2003, Christelle arrive à Paris, au Pré Catelan. "Je travaille dans un super beau restaurant ! Je peux créer, travailler avec des super produits. J’évolue aux côtés du chef, Frédéric Anton, Meilleur Ouvrier de France. Il a un savoir exceptionnel. Je suis très curieuse, je regarde tout ce qu’il fait, comment il réagit avec le produit, comment il conçoit les cartes, je goûte à tout". Pénible, le métier de chef ? Réservé aux hommes ? "C’est vrai, en cuisine, on travaille dans le bruit, il fait chaud, on piétine. C’est assez physique. Je dois être présente les week-ends et les jours fériés. Et je ne compte pas mes heures, du matin au soir.
Mais il ne faut pas croire : ce n’est pas le bagne ! J’ai le temps de souffler. Je me pose, je lis un peu, j’aide un apprenti à préparer un TP… Et puis je gagne bien ma vie (autant qu’un homme), sinon je ne serais pas là !". En outre, Christelle n’a pas été prise en traître : avoir des parents restaurateurs permet de connaître les contraintes du métier.
"Ah, le chef, c’est une fille…"
En moyenne, 4 ou 5 filles évoluent en cuisine sur une brigade de 25 personnes. Christelle, l’une des seules chefs pâtissiers femmes de France, compte 5-6 personnes sous ses ordres en pâtisserie. Sans peur, sans difficulté. "Tout le monde m’appelle chef. Ce n’est pas dur de m’imposer. Il n’y a ni rivalité, ni rapport de force. Le pire que j’aie pu entendre, c’est "ah, le chef, c’est une fille…"de façon péjorative par un stagiaire. Dans ce cas, au lieu de me mettre en colère, je vais le voir et je lui montre comment je réalise la rose en sucre qu’il a ratée. Sous-entendu : "le chef, c’est peut-être une fille, mais elle fait les choses mieux que toi"... " De même, il n’y a pas de drague en cuisine. "Certains jours, des stagiaires me disent "vous êtes radieuse ce matin". Je ne me formalise pas : ce sont des attentions rigolotes".
La mère poule
Christelle a un côté "mère poule" avec toute son équipe. "Aujourd’hui, j’ai deux apprentis. Je m’occupe beaucoup d’eux. Je peux leur montrer dix fois les mêmes choses inlassablement. Quand on est chef, il faut transmettre quelque chose". Parmi les personnes que la chef encadre figure également UNE commis. "C’est un peu moi quand j’étais plus jeune. Elle a cette soif d’apprendre, d’avancer. Je lui souhaite d’aller aussi loin que je puisse aller". Mais si on lui demande si elle favorise plus les garçons que les filles quand elle reçoit des CV, elle réplique : "Je prête attention à tous".
Objectif : Meilleur Ouvrier de France
De son côté, c’est son entourage qui l’encourage. "Je ne vois mes parents que tous les six mois mais ils me soutiennent et me poussent de loin à aller plus loin". Et il y a sa petite nièce de 7 ans, une vraie fan. "Elle traîne tout le temps dans mes pattes. Elle est curieuse… Le métier la fait rêver. Elle me voit dans les magazines, à la télévision (NDLR : la jeune femme est notamment passée dans l’émission de Joël Robuchon) et elle est fière". Une future apprentie ? D’ici là, Christelle aura peut-être atteint son objectif : remporter le concours de Meilleur Ouvrier de France pour lequel elle se prépare. On lui souhaite de tout cœur de réussir.
Les conseils de Christelle en vidéo
Virginie Bertereau



























