DOSSIER : DES FEMMES QUI FONT DES MÉTIERS D'HOMMES
- Des femmes qui font des métiers d’hommes
- Christelle Brua : "Le chef, c’est peut-être une fille, mais elle fait les choses mieux que toi !"
- Emilie Le Fur : Et si une femme réglait votre "carbu" ?
- Juliette Lefèvre : "Autrefois, une femme dans un tunnel, ça portait malheur"
- Michèle Souchu : "Dans mon bus, je sais me faire respecter"
- Des filles au Mondial de l’automobile
Elles sont chef-pâtissier, ingénieur en course automobile, conductrice de bus ou géologue-géotechnicienne. Des métiers traditionnellement masculins, mais où elles ont fait leurs preuves. Elles sont aujourd'hui respectées par leur collègues, et suscitent l'admiration de leurs proches. Portraits de quatre femmes au caractère bien trempé.
Des filles au Mondial de l’automobile
Au dernier Salon de l’auto, plusieurs dizaines de lycéennes et d'étudiantes ont été invitées à découvrir le monde de l’automobile. Une trentaine de femmes ingénieurs les ont accompagnées. L’idée était de montrer à des jeunes filles que l’automobile n’est pas un secteur réservé aux hommes.
Mondial de l’automobile, porte de Versailles à Paris. Un groupe de lycéennes et d’étudiantes a été convié par l’association Elles bougent. Le but de cette structure est de pousser les filles à faire des études d’ingénieur et à travailler dans des secteurs dits « masculins », comme l’automobile, l’énergie et les transports. Les invitées ne passent pas inaperçues sur ce salon très masculin, où les seules filles présentes, ou presque, sont les hôtesses d’accueil !
« J’ai été surprise de voir toutes les nouveautés que pouvaient concevoir les constructeurs, par exemple le système qui permet chez Renault de recharger une voiture électrique en trois minutes », raconte Clara, 15 ans, élève de seconde au lycée Jules-Ferry de Versailles (78), enchantée de sa visite. Elle est accueillie sur le stand Valeo par sa marraine, Albane, 26 ans, ingénieur chez l’équipementier automobile, qui lui explique un nouveau système d’essuie-glace, et un procédé novateur qui coupe le moteur au feu rouge pour économiser de l’énergie. « Les filles ne sont pas très nombreuses chez Valeo, il n’y a que 23 % de cadres, car ce sont pas des produits très sexy, pourtant quand des femmes intègrent l’entreprise, elles sont très fidèles », explique Albane.
Et puis ce sont les femmes qui choisissent les voitures !
Pourtant, ces entreprises aimeraient bien attirer plus de filles. « Elles amènent une créativité et une efficacité, elles sont moins dispersées, et c’est important d’avoir des équipes mixtes, car les femmes ont une façon de diriger différente. Enfin pour l’entreprise, c’est important d’avoir un avis féminin, car de plus en plus, ce sont les femmes qui choisissent les voitures », ajoute Albane, qui apprécie d’être dans une équipe masculine où elle juge l’ambiance plus agréable.
Il faut leur monter qu’elles peuvent faire ce genre de métier
Pendant ce temps, Jérôme Lebleu, CPE (conseiller principal d’éducation) au lycée Jules-Ferry de Versailles mitraille ses élèves devant le stand Valeo. « Nous sommes déjà dans un établissement où il n’y a que 10 % de filles, c’est important de leur monter qu’elles peuvent faire ce genre de métier », explique-t-il. La dernière fois, il est allé visiter avec des élèves le site Renault de Boulogne. Camille, 17 ans, en terminale S, avait été du voyage, et a accepté bien volontiers l’invitation au Mondial de l’automobile. « Cela ne me dérangerait pas du tout de travailler dans un milieu masculin, explique-t-elle, car les filles entre elles sont bien plus méchantes. »
En voyant toutes ces nouveautés, Camille est décidée : elle fera de la recherche. « J’ai vu comment pour les concept cars par exemple, les constructeurs essaient à tout prix à faire un joli design, et comment ils cherchent à enlever le superflu. » Après le déjeuner, un buffet rapidement avalé, les jeunes filles sont parties assister aux conférences. Enfin, à l’issue de la journée, un tirage au sort a récompensé certaines d’entre elles. Anaïs, du lycée Jean-Pierre-Vernant de Sèvres (92), a gagné un permis de conduire en conduite accompagnée offert par Renault !
Les filles aussi peuvent devenir ingénieurs
En terminale S un élève sur deux est une fille, or à peine 10 % d’entre elles se dirigent vers une école d’ingénieurs. Pour que les filles s’intéressent plus aux entreprises de secteurs considérés comme « masculins », par exemple l’énergie, les transports, l’aéronautique, le ferroviaire et le spatial, l’association Elles bougent, créée en 2005, invite des jeunes lycéennes et étudiantes à participer à différents événements. Aujourd’hui, l’association regroupe treize entreprises, trois fédérations professionnelles et 26 écoles et universités. Pour devenir membres, les jeunes filles peuvent s’inscrire sur le site Internet de l'association Elles bougent.
Sophie de Tarlé. Janvier 2011.



















