DOSSIER : LA FIN DU RÊVE LONDONIEN POUR LES JEUNES FRANÇAIS ?

La City vacille, touchée en plein cœur par la crise financière. Pour les diplômés français, que les grandes banques s’arrachaient à prix d’or, la donne a changé. Travailler dans le quartier d’affaires londonien est devenu un immense défi difficile à relever.

"Londres s’impose. Il y a des métiers qui n’existent qu’ici !"

David est un globe-trotter. À 27 ans, il a déjà vécu sur trois continents et parle quatre langues. Franco-suédois, il passe une partie de son enfance au Venezuela avant de revenir dans la région bordelaise, le berceau familial. En 2001, il intègre l’ESC Reims. Dès la deuxième année, il se spécialise en finance. Un moyen de continuer son tour du monde. "La mobilité dans ce secteur est plus importante que dans les autres. Et on peut vite accéder à des positions attractives à l’étranger."

Un VIE à Hong Kong, avant London. A la fin de sa scolarité, BNP Paribas, institution au sein de laquelle il avait effectué deux stages de huit et six mois, lui propose de partir à Hong Kong comme volontaire international en entreprise. "J’ai travaillé pendant un an au service portfolio-management qui s’occupe de couvrir l’exposition aux risques de la banque. Cette expérience à “Manhattan sous les tropiques” m’a donné goût à l’Asie. J’y retournerai." Mais c’est en Europe qu’il poursuit sa carrière. En septembre 2006, il s’installe à Londres et accepte un CDI proposé par le géant britannique HSBC.

Le climat s’est assombri
Cette destination s’impose. "A l’époque, la ville était en plein boom. Principale place financière mondiale (avec New York), elle venait d’obtenir les Jeux Olympiques. La vie culturelle est fantastique et le visage cosmopolite de Londres me fascine. Rien que dans mon équipe, sur vingt personnes, neuf nationalités sont représentées. D’un point de vue professionnel, c‘est simple : il y a des métiers qui n’existent qu’ici et on fait très vite confiance aux jeunes !"

Toutefois, en quelques mois, le climat s’est assombri.
La crise a frappé. "Beaucoup d’étrangers sont partis et toute l’économie souffre terriblement. Un métier sur quatre dépend de la finance à Londres. Tous les petits commerces de la City et de Canary Wharf éprouvent de grosses difficultés. Les tailleurs sont obligés de solder leurs marchandises d’au moins 50 % et tous les “take away”, ces restaurants habituellement bondés à l’heure du déjeuner, ont de moins en moins de clients."

Des confrères qui s’interrogent sur leur projet professionnel
Plutôt serein, David discute beaucoup du "credit crunch" avec ses confrères anglais. "Ils semblent plus optimistes qu’à Paris. Bien sûr, ils savent que ça va être très dur. Mais ils sont persuadés qu’ils vont vite rebondir. Pour certains, cette période noire est même salutaire. Ils réfléchissent sur leur avenir professionnel. Je connais des traders, diplômés de Cambridge ou d’Oxford, qui ont décidé de passer à autre chose. Lassés de gagner de l’argent sans se reconnaître dans leur métier." David, lui, a décidé de s’inscrire dans un projet longue durée. Mais toujours avec le même appétit de voyages.

Guillaume Cauchois

Sommaire du dossier

Les métiers par secteur

Publicité

Les métiers de A à Z

Recherche métiers par critères

Annuaire de l'enseignement supérieur

Recherche express
Nom de la formation ou de l'établissement...

un job, stage ou 1er emploi ?

Offres de jobs étudiants

Offres de stages étudiants

Offres en alternance

Offres d'emplois jeunes diplômés

Découvrez toutes les offres d’emploi destinées aux Jeunes Diplômés avec notre partenaire Cadresonline