1. Dans les coulisses d’un studio design
Reportage

Dans les coulisses d’un studio design

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Au croisement de la création et de la communication, et au service des marques : bienvenue dans l’agence Logic Design, à Boulogne-Billancourt (92). Les différents métiers s’allient pour créer le packaging de produits variés qui orneront les rayons des supermarchés. Visite guidée.

Visite guidée d’un studio design

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  •  // © Éric Garault pour l'Etudiant
    // © Éric Garault pour l'Etudiant
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  •  // © Éric Garault pour L'Étudiant
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  •  // © Éric Garault pour L'Étudiant
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  •  // © Éric Garault pour L'Étudiant
  • Bienvenue dans l'agence Logic Design : couleur et créativité pour accueillir le visiteur

    Des aplats de couleur dans toutes les pièces, du mobilier rouge et vert pomme, des rouleaux de plastique colorés sur les murs du fablab… Pas de doute, nous sommes dans un studio design. Ici, la créativité doit s’afficher partout pour séduire le visiteur.

  • Le travail de l'agence : définir une stratégie, vérifier l’avancement du projet et veiller au respect du planning

    Réunion, brainstorming, débriefing. Les journées des membres de l’agence sont rythmées par ces temps d’échanges pour définir une stratégie, vérifier l’avancement du projet et veiller au respect du planning. L’agence développe une démarche dite "de design thinking", qui suppose que tout au long du processus, le projet soit amendé selon le retour des "tests consommateurs". Cela demande de faire preuve de souplesse mais aussi d’empathie… Ici, le client est roi ! "Il faut aussi savoir se mettre à la place de l’acheteur. Nous ne sommes pas que des artistes. Nous travaillons sur des projets commerciaux", témoigne Delphine, la directrice de création. "Il ne faut pas être trop susceptible. Notre projet, c’est notre bébé… Mais il faut pouvoir intégrer la critique et avoir la maturité pour rebondir."

  • Bertrand, designer : quand les idées deviennent réalité

    Dans le calme de son fablab, à quelques rues du studio, Bertrand, 49 ans, le designer de l’agence, veille sur ses imprimantes 3D. "Mon métier, c’est le volume !", lance-t-il. Sa mission : faire en sorte que le packaging imaginé par les créatifs prenne correctement forme. "Un projet réussi, c’est quand la forme 'matche' parfaitement avec le graphisme", glisse le professionnel qui regarde la magie opérée : les idées deviennent réalité sous l’action des imprimantes. "Auparavant, il fallait passer par un moulage, une empreinte, un tirage… Aujourd’hui, on peut créer autant de prototypes que nécessaire." Une apparente simplicité qui cache énormément de travail sur ordinateur et demande "beaucoup de patience". "Selon les contenants, le temps d’impression diffère d’une heure à un jour et demi de fabrication… Souvent, je lance l’impression pendant le week-end et je découvre le résultat le lundi." Une bonne façon de démarrer la semaine !

  • Charlotte, chargée de l’innovation : tester le produit avec les acheteurs potentiels

    Vérifier que le produit fait mouche auprès des consommateurs est une des missions de Charlotte, 27 ans (au centre), en charge de l’innovation. Dans les locaux du fablab, elle organise un test grandeur nature. Des acheteurs potentiels livrent leurs premières réactions. Un essai suivi de près, en coulisse, par l’équipe en charge du projet et les clients de l’agence, grâce à des caméras.

  • Delphine, directrice de création : veiller à la cohésion du projet

    L’œil créatif de l’agence, c’est elle ! Quand elle ne griffonne pas ses idées sur le papier ou ne vadrouille pas sur Pinterest pour "se nourrir" d’images, Delphine (à droite), 40 ans, la directrice de création, scrute les écrans d’ordinateur de son équipe. "J’aide, j’accompagne et, surtout, je vérifie que tout le monde va bien dans la même direction…"

  • Sarah, planneur stratégique : défendre les idées de l'agence

    Devant son ordinateur, Sarah, 38 ans, planneur stratégique, enquête sur le client : comment se porte la marque ? Quelle concurrence ? Elle élabore un plan d’attaque pour répondre à la demande de l’enseigne. "Je dois traduire des problématiques marketing pour qu’elles soient compréhensibles des équipes de création", résume-t-elle. C’est elle, ensuite, qui ira avec le directeur de création présenter le projet aux clients. "C’est le côté avocat du planneur stratégique. Je défends les idées de l’agence !"

  • Coraline, directrice de production : rester créative tout en respectant les contraintes

    Le leitmotiv de Coraline (à droite), 42 ans, directrice de production : "Il faut rester créative tout en respectant les contraintes. Nous sommes à la fin du processus, c’est la dernière étape avant la sortie du produit", résume cette passionnée. Avec son équipe, cette brune énergique s’assure ici que les fichiers, fraîchement arrivés du département création, sont imprimables. Ensuite, elle vérifie que les éléments légaux sont bien visibles sur les emballages, par exemple, que tous les ingrédients d’un paquet de céréales sont présents… Son service occupe une place centrale dans l’agence, en lien avec les photograveurs et les imprimeurs. Un métier technique : "Du flacon cosmétique à un emballage alimentaire, rien n’est identique ! On peut passer sur trois machines différentes pour imprimer une seule étiquette."
     

  • Marco, directeur conseil : gérer la clientèle et suivre les projets

    "Nous sommes les 'relous' de l’agence", s’amuse Marco, 37 ans, (au centre), le directeur conseil, tout sourire. C’est dans son service que l’on gère la clientèle du studio. Et que l’on parle gros sous. Chaque commercial a son portefeuille de marques et participe aux réunions de suivi des projets. Marco jongle avec les rendez-vous téléphoniques, les déjeuners pour prospecter et la présentation du projet final aux clients. Un boulot 70 % à l’intérieur de ­l’entreprise et 30 % à l’extérieur. "Ce qui est intéressant dans l’exercice de ce métier au sein d’une agence de design, c’est le côté créatif, ludique. L’univers des marques apporte du fun à nos journées !"


  • Jérôme, gérant de Logic Design : chef d’entreprise mais toujours créatif

    Pour rencontrer le gérant de Logic Design, il faut saisir le bon moment pour se glisser dans son bureau entre deux rendez-vous. "Ma journée type ? Un quart de mises au point avec les équipes. Un quart de résolutions de problèmes. Un quart de relations clients. Et le reste est consacré au développement de l’agence", explique Jérôme, 50 ans. Il a créé ce studio, à 29 ans, alors qu’il était encore étudiant en design.

    Désigner industriel de formation, Jérôme a aujourd’hui endossé la veste d’homme d’affaires mais pas l’intégralité du costume. "Mon côté chef d’entreprise me permet d’avoir une vision plus globale au sein de l’agence. Mais je n’en reste pas moins un créatif. Lors des premiers rendez-vous clients, je peux crayonner quelques pistes", illustre-t-il. Son moteur : "le pack" et les marques. "Une enseigne qui n’a plus de projet va mourir. À nous de le comprendre pour faire évoluer et faire vivre notre entreprise", résume Jérôme. 

Directeur de création, de production, de clientèle, ou encore planneur stratégique… les métiers d’une agence de design sont créatifs, techniques, et bénéficient d’une ambiance décontractée.

Des métiers artistiques…

"Pour s’épanouir dans une agence de design, il faut aimer le travail en équipe mais aussi les marques, les codes…", s’enthousiasme Delphine, directrice de création chez Logic Design. "J’ai un très bon niveau scientifique. À première vue, on peut croire qu’un créatif est désorganisé. Au contraire, lorsque l’on est au service des marques, être cartésien, cela fait la différence !" "Lorsque je démarre un projet, je définis un angle d’attaque avec le service commercial et le planneur stratégique", relate Delphine. Deuxième étape : trouver l’inspiration ! Après la réalisation d’un "moodboard" (ou planche d’inspiration) pour "encapsuler" le concept et "faire rentrer le client dans l’histoire", elle réalise des croquis "toujours à la main" et poursuit sur ordinateur. Trois qualités indispensables : curiosité, sensibilité et empathie pour se "mettre à la place du consommateur". Un métier accessible après un cursus en arts appliqués de deux ans après le bac de type BTS (brevet de technicien supérieur) ou DMA (diplôme des métiers d’art), ou de quatre ans après le bac de type DSAA (diplôme supérieur des arts appliqués).

… qui exigent de la technicité…

Fille d’imprimeur, Coraline, directrice de production, est "tombée dedans toute petite. J’ai toujours aimé ce qui est numérique. Les possibilités sont infinies : on peut imprimer sur de l’aluminium, du plastique…" À la fin de la chaîne graphique, son service s’assure que le packaging correspond au projet de création et qu’il respecte les normes du secteur en vigueur. "J’ai un rôle de veille sur les dernières innovations car les techniques d’impression évoluent à la vitesse grand v", précise-t-elle. Formée à l’école des Gobelins, à Paris, où elle a suivi le cursus préparation de la forme imprimante, Coraline a d’abord intégré une agence de publicité comme graphiste, puis chef de fabrication.

Lire aussi : Le palmarès des écoles d'arts appliqués

Les métiers du design demandent d’avoir une fibre technique et une autre créative. Tel Bertrand, le designer produit. "J’interviens sur la forme du contenant », décrit-il. Concrètement, il dessine des croquis à la main, puis réalise un plan 2D et une impression 3D. Il est en relation avec les équipes techniques des entreprises clientes : "Je vais visiter les usines, car chaque client a son propre processus industriel", souligne-t-il. Autre impératif : "Avoir en tête la dimension économique, mais aussi écologique, surtout dans le secteur de l’emballage." Pour se former, plusieurs options : le DSAA ou des formations dans des écoles spécialisées telles l’ENSCI-Les Ateliers (Paris), l’École de design Nantes-Atlantique, Strate École de design (Paris), l’ISD-Rubika (Valenciennes)…

… et le sens de la communication

"Je suis en contact avec une multitude d’interlocuteurs toute la journée", confie Sarah, planneur stratégique. Plaque tournante de l’agence, elle définit un plan d’actions pour satisfaire le client. "Je traite la partie stratégique. Je suis le garant de la bonne direction du projet", indique-t-elle. Pas de parcours type pour exercer son métier, même si des études littéraires "sont un plus". Il faut en effet savoir "construire un argumentaire convaincant". "Ce que je préfère dans mon boulot ? L’absence de hiérarchie ! L’ambiance y est décontractée et cela me plaît bien."