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Futurs ingénieurs : 5 bonnes raisons de viser les PME

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Un des avantages de travailler dans une PME : on peut intervenir sur tous les axes de développement. // © Fotolia
Un des avantages de travailler dans une PME : on peut intervenir sur tous les axes de développement. // © Fotolia

Face aux grands groupes, les PME (petites et moyennes entreprises) ont parfois du mal à attirer les ingénieurs jeunes diplômés. Pourtant, celles-ci possèdent de solides arguments pour les convaincre au moment de leur recherche de premier emploi. Le point sur leurs atouts séduction.

"C'est dommage que les jeunes diplômés des écoles d'ingénieurs oublient les PME (petites et moyennes entreprises) au moment de choisir leur premier emploi", regrette Jean-Marie Vigroux, président fondateur de Sylob. Cette entreprise d'environ 90 salariés conçoit et installe des logiciels de gestion pour des entreprises. Ce dirigeant incombe ses difficultés de recrutement à la situation géographique. "Albi n'est pas très attractive, Toulouse nous fait concurrence." Mais pas seulement : "Beaucoup de jeunes préfèrent rejoindre une entreprise d'un groupe plus connu", remarque-t-il. Pourtant, les PME possèdent de nombreux atouts face aux mastodontes.

Atout #1 : polyvalence des missions et ambiance conviviale

"Dans une usine d'une cinquantaine de personnes, on connaît tout le monde. La convivialité facilite le travail", témoigne Maxime. Diplômé en 2013 de Grenoble INP-Pagora, Maxime est aujourd'hui ingénieur responsable qualité et innovation à Cascades Rollpack, spécialisée dans la transformation d'emballage papier.

Autre avantage qu'il apprécie : la polyvalence. "Dans une grande entreprise, tout est sectionné. Dans une PME, on peut découvrir plusieurs postes, c'est intéressant en début de carrière". Thomas, ingénieur thermicien recruté chez E-nergy après un stage de fin d'études acquiesce. "Nous ne sommes pas condamnés à notre fiche de poste. On peut intervenir sur tous les axes de développement." Cet ancien étudiant de l'EPF trouve "agréable de pouvoir à la fois décrocher une mission auprès d'un client puis la réaliser et assurer son suivi".

Atout #2 : plus de responsabilités

Jonathan préfère aussi la PME car "l'impact de notre action se voit sur l'ensemble de la société". Ce diplômé de l'ENSTA ParisTech est passé par plusieurs grands groupes (EDF, Bureau Veritas, Saint-Gobain) pendant ses stages et son VIE (volontariat international en entreprise) avant de choisir Win Ergia, spécialisée dans le conseil en performance énergétique. "Cela peut être plus confortable de rester concentré sur une seule tâche dans un grand groupe. Mais en PME, la polyvalence nous donne plus de responsabilités", compare-t-il.

Or prendre des responsabilités tôt dans sa carrière permet "de ne pas attendre quinze ans avant de devenir responsable d'un service, affirme Erwan Jacquin, fondateur d'Hydrocéan, spécialisée en mécanique numérique d'écoulement de fluides. Certains jeunes en profitent pour rebondir ensuite sur un autre poste important dans un grand groupe", relève-t-il.

Atout #3 : des possibilités aussi à l'international

Un bémol, toutefois : "Il y a moins de possibilités d'évolution dans d'autres régions ou pays dans une PME. C'est à nous de créer cette opportunité", assure Jonathan. Jean-Gil, ingénieur chef de projet informatique à SBE, qui développe des solutions de réparation de produits électroniques, a, pour sa part, beaucoup voyagé. "Depuis mon embauche, je me suis rendu régulièrement en Angleterre et au Canada", raconte ce diplômé de l'École centrale de Lille en 2013. Pour lui, l'inconvénient de la PME, c'est plutôt l'absence d'horaires fixes. "Il faut être disponible en cas de problème. Mais cela n'est pas gênant quand le travail nous passionne", nuance-t-il.

Atout #4 : une carte à jouer pour les salaires

Enfin, dernier atout mis en avant par les recruteurs : la flexibilité des salaires. "Nous ne sommes pas tenus à une grille spécifique comme dans les grands groupes. La pertinence humaine prime sur la technique", affirme Hugo Dutertre. Cet ancien de l'ENSGSI, diplômé en 2006, a créée sa propre société, Consulting and technical support, spécialisée dans les conseils en ingénierie et bureau d'études.

Aujourd'hui, il embauche régulièrement des diplômés de son ancienne école. Ce genre de liens permet d'attirer plus facilement les étudiants. Ainsi, Marie, sortie de l'Enac Alumni en 2008, a rejoint CGX Aéro, spécialisée dans l'aéronautique, comme ingénieur d'études car "c'est une structure où il y a beaucoup d'anciens de l'Enac. On en entend beaucoup parler".

Autre piste de recrutement : l'alternance. "Nous sommes assez friands des contrats d'apprentissage. Nous en avons trois aujourd'hui", confie Jean-Marie Vigroux, qui espère ainsi embaucher plus facilement.

Atout #5 : un recrutement plus rapide

Pour Marie, c'est la réactivité à l'embauche qui a joué dans son choix d'entreprise. "En PME, il n'y a pas de lourd processus de fonctionnement, j'ai donc pu être recrutée en dix jours." Les petites et moyennes entreprises ont leur mode de recrutement à elles. "Nous ne nous lançons pas dans des grands tests. Nous rencontrons les candidats en face-à-face. Nous préférons le feeling au technique", explique Hugo Dutertre. L'esprit PME avant tout.