1. Témoignage : Elodie, 28 ans, interprète free-lance
Témoignage

Témoignage : Elodie, 28 ans, interprète free-lance

Envoyer cet article à un ami

Connaissez-vous un métier attractif, bien payé et qui va connaître une pénurie de candidats dans les années à venir ? Ce métier est celui d’interprète de conférence. Et contrairement aux idées reçues, pas besoin de parler douze langues pour postuler. Si vous êtes français et bilingue, on vous attend !

10 années d’études ont été nécessaires à Elodie pour qu’elle atteigne son objectif professionnel : devenir interprète. "Mais avec le recul, c’était nécessaire car le jour où je suis arrivée sur le marché du travail, je me suis sentie prête" déclare-t-elle.

Tout a commencé par la préparation d’une licence de LLCE, à la Sorbonne, en langue espagnole, suivie d’une année de maîtrise, à Madrid, dans le cadre d’un échange Erasmus. Parallèlement à ce parcours, Elodie a aussi préparé un diplôme universitaire de polonais à l’INALCO. Et pourtant, aucune de ces langues ne sont aujourd’hui les langues de travail d’Elodie, qui est interprète de l’anglais vers le français et vice-versa.

Une scolarité bilingue


"Jusqu’à l’âge de 10 ans, j’ai vécu aux Etats-Unis et de retour en France, j’ai poursuivi mes études dans une école bilingue, explique Elodie. Sauf l’année de première, où j’ai suivi mes parents à Varsovie et où j’ai commencé le polonais au lycée français. Mais l’espagnol, comme le polonais ne sont pas des langues que je maîtrise assez pour en faire des langues de travail."

Elodie a intégré l’ISIT (Institut de management et de communication interculturels), après sa maîtrise, pour suivre 2 années de formation en traduction. "Je voulais avoir une certaine maturité et un bagage culturel avant de me lancer dans l’interprétation de conférence, alors je me suis dit que suivre deux années de traduction constituerait un bon entraînement". Après 6 ans d’études, Elodie enchaîne ensuite avec 2 années de formation à l’interprétariat qui dureront en fait… 4 ans, puisqu’elle redoublera la première et la deuxième année. "Sur le coup, ça a été un peu difficile, mais ce sont des études qui demandent beaucoup de maîtrise de soi. Aujourd’hui, je n’ai pas regrets car je suis sûre de moi en cabine, et j’ai fait, pendant mes 4 dernières années d’études, beaucoup de bénévolat dont j’ai senti les bénéfices à mes débuts".

Des débuts lents mais prometteurs


Diplômée en juin 2009, Elodie a commencé sa carrière en free-lance, au mois de septembre, comme auto-entrepreneur. En l’espace de 9 mois, elle a travaillé une quarantaine de jours pour des employeurs privés (cabinets d’avocats, industriels) ou publics (UNESCO, Conseil de l’Europe). Un rythme honorable mais qui va devoir s’intensifier. Elodie se donne encore 2 ans pour atteindre une vitesse de croisière. "Au début, il faut se faire connaître car les interprètes se recrutent entre eux. Et puis, avec la crise, les mois de janvier, février et mars, plutôt creux en général, ont été très calmes. Heureusement, nos anciens professeurs de l’école, qui sont des interprètes professionnels, nous recommandent aussi. C’est ainsi que j’ai pu travailler pour le Conseil de l’Europe".

Si Elodie a déjà pu être contactée la veille pour le lendemain, la plupart du temps, elle dispose de quelques jours, voire quelques semaines, pour se préparer à sa mission : rechercher des informations sur Internet, lire les documents et les ordres du jour fournis, etc. Elle travaille à Paris où elle vit, mais change régulièrement de sujets, de lieux et de collègues. "C’est ce que j’apprécie dans mon statut de free-lance, je ne connais pas la routine et c’est aussi pour ça que j’ai choisi ce métier".
Sommaire du dossier
Retour au dossier Témoignage : Elodie, 28 ans, interprète free-lance Entretien avec Marie-Gwenn Robin, interprète à la Commission européenne