1. Le numérique ne connaît pas la crise
Décryptage

Le numérique ne connaît pas la crise

Envoyer cet article à un ami
Les bac + 5 représentent 80% des recrutements. // © Julien Revenu pour l'Etudiant
Les bac + 5 représentent 80% des recrutements. // © Julien Revenu pour l'Etudiant

Alors que la course aux nouvelles technologies se poursuit, l’emploi dans le secteur a toujours le vent en poupe. État des lieux avec des recruteurs qui cherchent la perle rare.

Avis à celles et ceux qui souhaitent trouver rapidement un emploi accompagné d'un bon salaire : le secteur du numérique vous ouvre les bras. ESN (entreprises de services du numérique, qui ont remplacé les SSII, sociétés de services en ingénierie informatique), éditeurs de logiciels, entreprises de conseil, de la nouvelle économie et du Web, ou encore directions informatiques des grandes entreprises et des institutions, la diversité des domaines couverts par le numérique est immense et les opportunités de carrières multiples. Et, fait inédit sur le marché de l'emploi, le secteur peut à lui seul absorber tous les ingénieurs formés sur une année… Les besoins en recrutements sont donc criants.

Des postes stables et rémunérateurs

Autre bonne nouvelle, les conditions de travail sont particulièrement attractives : 94 % de postes en CDI (contrat à durée indéterminée), dont près de 70 % de cadres. Avec une rémunération moyenne de 48.800 € par an, les jeunes diplômés ­peuvent se réjouir. Dans une entreprise moyenne comme Metanext (100 salariés), par exemple, “le salaire d'entrée varie de 33.000 à 40.000 € par an”, détaille Tristan Monroe, son P-DG. Des chiffres qui peuvent grimper dans les grands groupes ou quand le profil est très ­intéressant.

Le bac+5 incontournable, mais…

Si, selon l'observatoire des métiers du numérique Opiiec, les bac+5 et les ingénieurs représentent encore plus de 80 % des recrutements, aujourd'hui “leur nombre tend à diminuer”, nuance Laurent Baudart, délégué général de Syntec Numérique. “D'ailleurs, nous n'entendons plus les recruteurs parler d'un étudiant de telle ou telle école, on regarde de plus en plus les compétences et la personnalité.” Une tendance qui se traduit par la naissance de plusieurs établissements de formation atypiques, comme l'école 42, à Paris, ou l'école Simplon, à Montreuil (93).

Web, cybersécurité et big data

Cette situation permet aux bac+2 et bac+3 – BTS (brevets de technicien supérieur), DUT (diplômes universitaires de technologie) ou licences professionnelles – de tirer leur épingle du jeu. Par exemple, “le métier de testeur d'applications mobiles ne nécessite pas forcément un bac+5”, note Laurent Baudart. Webdesigner, administrateur Web, spécialiste du référencement, data scientist ou concepteur-développeur dans le cloud… les métiers du Web, notamment, offrent de belles perspectives avec ou sans bac+5.

La cybersécurité et le big data font aussi partie des domaines “en tension”. “Il n'y a pas forcément des milliers de postes, mais, depuis quelques années, les besoins sont intenses”, commente Laurent Baudart.

Autre atout sur un CV : la double compétence. “Les logisticiens qui connaissent bien l'informatique ou les informaticiens avec une compétence en finance sont des profils très recherchés”, affirme Laurent Baudart.

Des “soft skills” essentiels

Si la technique est au cœur du métier, les entreprises accordent une grande attention aux “soft skills”, les qualités humaines et relationnelles, de leurs futures recrues. “Le candidat idéal doit, outre ses connaissances techniques, savoir se poser les bonnes questions et avoir envie d'apprendre continuellement”, précise Hélène Stahlberger, coordinatrice recrutement chez Criteo. Le groupe, spécialisé dans la publicité numérique, prévoit d'embaucher 500 personnes en 2016, ce qui, selon un classement Frenchweb, le place sur la première marche du podium des entreprises qui vont recruter des profils digitaux. “Les technologies avancent très vite, si nos salariés ne sont pas agiles, ce n'est pas bon pour l'entreprise”, assure-t-elle.

Des métiers en évolution

Les entreprises recherchent aussi des personnes capables de communiquer, qui ne soient pas trop introverties et qui sachent faire preuve d'esprit de synthèse. Des compétences qui se justifient par l'évolution du marché. “Nous allons de plus en plus vers des métiers de consultants, dans le faire faire, plus que dans le faire, explique Tristan Monroe, le P-DG de Metanext, qui souhaite recruter 40 personnes en 2016. Par exemple, le métier d'ingénieur système évolue actuellement vers des fonctions de consultants de solutions cloud computing. Les professions restent évidemment très ­techniques, mais moins dans l'exploitation que dans la conception, la recommandation et le conseil.”

Savoir donner une dimension économique à un projet devient une qualité indispensable aux yeux de certains recruteurs, tout comme la maîtrise de l'anglais. “L'anglais est absolument nécessaire, assure Tristan Monroe. D'autant plus dans ce secteur où l'on travaille avec les sièges sociaux de multinationales. Si nous ne parlons pas anglais, nous n'avons pas la mission.”

Cherche commerciaux désespérément

Enfin, il n'y a pas que des geeks ou des fans de code dans le numérique, loin s'en faut ! D'après une étude Frenchweb, parmi les 100 entreprises qui recruteront dans le numérique en 2016, une sur cinq recherche des commerciaux. “Nous assistons à une pénurie dans ce domaine, témoigne Tristan Monroe. Pourtant, les ingénieurs ayant des compétences commerciales sont des profils très intéressants.”