1. Environnement : les débouchés des métiers de l'eau
Boîte à outils

Environnement : les débouchés des métiers de l'eau

Envoyer cet article à un ami
Sommaire du dossier
Retour au dossier Environnement : les débouchés des métiers de l'eau Environnement : les débouchés des métiers de la filière déchets Environnement : les débouchés des métiers liés aux énergies renouvelables

Vous vous posez des questions sur les métiers de l’environnement ? Nous les recueillons tout au long de l’année lors des conférences des salons de l’Etudiant à travers toute la France. Roseline Goiran et Dominique Perez, y répondent dans leur ouvrage "Les métiers de l’environnement" (éditions l’Etudiant). Extraits.

Ils restent une valeur sûre dans le secteur de l’environnement et maintiennent un bon niveau de recrutement, toutes catégories confondues. Ils emploient près de 50.000 salariés. Nombre de ces métiers sont liés à la préservation, l’assainissement et le contrôle de la qualité. On peut les regrouper, d’après les agences de l’eau, en 5 catégories : l’eau à l’état naturel, l’eau potable, les eaux usées, la qualité de l’eau et l’eau comme source d’énergie.

La gestion de l’eau potable


L’eau potable suit un long circuit : pompée à la source, elle passe dans une usine de prétraitement, où elle est filtrée et désinfectée, puis elle est stockée, avant de s’écouler dans des canalisations souterraines. Ces opérations se déclinent en différents métiers. À savoir : l’eau du robinet est 200 fois moins chère que l’eau en bouteille et produit beaucoup moins de gaz à effet de serre, selon l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).

L’hydrogéologue (géologue spécialisé dans le traitement des eaux souterraines) intervient dans la recherche de l’eau, veille à sa gestion et sa protection. Ce sont les opérations de prévention et de dépollution qui offrent le plus de débouchés. Le repérage s’opère à partir de cartes géologiques et de sorties sur le terrain, pour examiner les constructions existantes avant tout forage, car celui-ci doit être protégé (toute zone de forage est interdite à la culture et aux industries). L’hydrogéologue fixe le volume d’eau à capter selon la consommation, sans épuiser les ressources. Titulaire d’un diplôme d’ingénieur ou d’un master de géologie, il travaille pour des bureaux d’études, de grosses entreprises d’eau minérale ou des collectivités territoriales.

Les entreprises doivent réaliser des tests sur leur degré de pollution. Entreprises et collectivités territoriales emploient donc des responsables de l’environnement, dont des hydrogéologues spécialisés en toxicologie, en dépollution et en droit de l’environnement. "L’environnement, c’est 50 % de technique et 50 % de droit", explique Patrick Eberentz, expert en sites et sols pollués.

L’hydraulicien est aussi un ingénieur, spécialisé en hydraulique, qui conçoit les infrastructures et les équipements pour l’approvisionnement et l’assainissement. Il travaille en bureau d’études, en entreprise et pour les collectivités.

En milieu urbain, il s’occupe de l’assainissement des eaux usées et de l’approvisionnement en eau potable. En milieu maritime, il est responsable des espaces côtiers. Son champ d’action comprend également les bords de rivières et la prévention des risques d’inondation. Il doit rencontrer des élus, pour donner son avis lors de l’installation d’une station d’épuration, par exemple, ou pour contrôler les fosses septiques des particuliers. En tant que chef de projet, il gère une équipe de techniciens.

Les grandes entreprises (Saur, Sogreah, Veolia…) lui offrent des débouchés, ainsi que des missions à l’international.

Le responsable d’un site d’exploitation (titulaire d’un diplôme d’ingénieur ou d’un master professionnel ingénierie de l’eau) gère l’extraction, l’assainissement, le stockage et la distribution de l’eau pour le compte de plusieurs communes (syndicats ou sous-traitance privée). Les forages sont réalisés dans une zone protégée, et l’eau est analysée pour détecter toute pollution nouvelle (la teneur en nitrates ne doit pas dépasser 50 mg par litre, par exemple). Le responsable assure la maintenance des usines de traitement et des réservoirs, qui sont régulièrement vidés et nettoyés. Il doit ensuite contrôler les canalisations pour prévenir les fuites et l’apparition de bactéries. Il s’entoure de techniciens (souvent titulaires d’un BTS (brevet de technicien supérieur) métiers de l’eau), eux-mêmes assistés par des employés (diplômés d’un CAP (certificat d’aptitude professionnelle) agent de la qualité de l’eau ou constructeur de canalisations). Il occupe enfin une fonction de commercial auprès des élus (une grande partie de son temps est consacrée à des réunions).


La gestion des eaux usées


Il s’agit des eaux usées domestiques, industrielles et pluviales (ces dernières peuvent également être polluées au contact de l’air et du sol). La protection et la dépollution des milieux naturels sont un grand enjeu pour aujourd’hui et demain : en Chine, par exemple, 70 % des fleuves sont pollués et leurs eaux sont impropres à la consommation. La dépollution suit des étapes faisant appel à des traitements physiques, chimiques, biologiques. Il faut donc bien connaître les différents types de polluants existants dans la zone concernée. Lors de son stage de fin d’études du BTSA (brevet de technicien supérieur agricole) gestion et maîtrise de l’eau (GEMEAU), Solène, 23 ans, a travaillé dans ce domaine : "Je mettais en place des diagnostics et des systèmes d’assainissement individuels pour les maisons particulières qui n’ont pas le tout-à-l’égout." Les relations avec les industriels et les élus, de plus en plus nécessaires, demandent une bonne maîtrise de la communication.

Le responsable d’une station d’épuration peut être ingénieur ou technicien (BTSA GEMEAU, licence professionnelle eau et environnement). Selon la taille de la station, il est entouré d’agents de maintenance (CAP, bac professionnel métiers de l’environnement). C’est la commune qui est responsable de l’assainissement de l’eau, et plusieurs stations peuvent être sous la responsabilité de la même personne. Il s’agit de contrôler le bon état des équipements, leur renouvellement, la gestion des pannes et l’analyse de l’eau avant, pendant et après le traitement. Un travail qui nécessite, en plus d’un bagage technique, des compétences en gestion des hommes : "J’ai effectué 2 stages en station d’épuration, pendant ma formation du BTS métiers de l’eau, témoigne Emmanuelle, 27 ans. Ce qui m’a plu, c’était l’ambiance, très masculine, c’est vrai, mais très solidaire. Ce sont surtout des équipes vouées à la maintenance, des électromécaniciens, tandis que les laboratoires d’analyse comptent surtout des femmes… C’est vrai que ce métier est peu connu, mais il ne semble pas avoir une mauvaise image aujourd’hui, car il est vraiment lié à l’environnement. Cependant, il faut accepter de se salir les mains, si on travaille dans l’exploitation pure."


Contrôle de la qualité de l’eau


La réglementation est de plus en plus stricte : l’eau doit être contrôlée en amont de la consommation humaine, mais aussi en aval, afin de ne pas polluer les rivières dans lesquelles elle est rejetée.

L’hydrologue géophysicien est un ingénieur chargé de protéger l’eau (nappes souterraines, rivières), de son extraction à son traitement avant consommation, par des analyses et des campagnes de prévention et d’information. Il doit effectuer des examens tout au long du cycle. L’hydrologue a aussi une fonction de goûteur d’eau qui lui permet de vérifier la teneur en sels minéraux. Ses interlocuteurs sont les industriels et les agriculteurs, et il faut qu’il s’informe sur l’apparition de nouveaux polluants pour mieux les maîtriser. Après un master géotechnique environnementale à Poitiers, Adrien, 28 ans, occupe le poste d’ingénieur d’études en hydrologie, dans un bureau d’études : "Je fais beaucoup de rapports et peu de terrain. Je suis spécialisé dans les projets de carrières, car il y a souvent de l’eau sous les graviers, et il faut protéger les nappes des pollutions dues à l’extraction. Des agriculteurs font aussi appel à nous pour des pompages."

Le technicien de laboratoire d’analyse des eaux, titulaire d’un BTSA GEMEAU ou d’un DUT (diplôme universitaire de technologie) de chimie, travaille sous les ordres du chef de service (de niveau ingénieur). Les laboratoires spécialisés suivent les normes en vigueur pour la qualité de l’eau et des sols. Leur mission consiste, par exemple, à analyser le taux des hydrocarbures et à les séparer d’autres composants, dont certains peuvent être dangereux. Il est donc important de respecter des règles de sécurité. Attention : il s’agit d’un travail plutôt répétitif, et les entreprises, qui recrutent à bac+2, ne permettent pas toujours des évolutions de carrière intéressantes.