1. Social : de bonnes perspectives d'emploi dans les services à la personne
Décryptage

Social : de bonnes perspectives d'emploi dans les services à la personne

Envoyer cet article à un ami
L’allongement de la durée de vie appelle un accompagnement social par du personnel qualifié. Ici, une séance de gym douce dans une maison de retraite. // © Frédéric Maigrot / REA
L’allongement de la durée de vie appelle un accompagnement social par du personnel qualifié. Ici, une séance de gym douce dans une maison de retraite. // © Frédéric Maigrot / REA

La France compte plus d’un million de travailleurs sociaux. Avec l’allongement de la durée de vie, les départs en retraite ainsi que l’augmentation des besoins, le nombre d’emplois dans le secteur va continuer à croître dans les prochaines années.

Les métiers du social ont connu en quelques années de profonds bouleversements, dans leur organisation autant que dans leur champ d'action.

De nouvelles problématiques, liées à la persistance du chômage ou à l'allongement de la durée de vie, sont apparues et appellent un accompagnement social par du personnel qualifié. Selon le rapport Les Métiers en 2022 de la DARES (Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques), un fort potentiel d'emplois dans le secteur des services à la personne est à prévoir, pour pallier la hausse de la population et son vieillissement.

Les accompagnants éducatifs et sociaux (ex-auxiliaires de vie sociale), aides médico-psychologiques et assistants familiaux seraient très demandés. Les aides à domicile figurent parmi les métiers qui gagneraient le plus d'emplois d'ici à 2022 (159.000 postes estimés). Le nombre de professionnels plus qualifiés de l'action sociale, dédiés à la direction et à l'encadrement, devrait augmenter pour répondre aux besoins des personnes handicapées, des personnes âgées et des jeunes en difficulté.

Entreprises, collectivités, associations, organismes sociaux… les recruteurs sont variés. Reste cependant la question des moyens : le travail social est financé en grande partie par l'État et les collectivités locales. Son avenir et son développement dépendent donc de choix politiques.

La polyvalence comme maître mot

Le secteur compte plus d'une quinzaine de professions, réparties en quatre grands domaines : l'aide sociale (assistant de service social, conseiller en économie sociale et familiale, technicien de l'intervention sociale et familiale, etc.), l'éducation spécialisée (éducateur spécialisé, éducateur de jeunes enfants, moniteur-éducateur, etc.), l'animation (animateur, directeur de centre de loisirs, etc.) et le travail à domicile (accompagnant éducatif et social, par exemple).

Si chacun intervient dans sa sphère de compétences, les professionnels sont de plus en plus amenés à travailler ensemble. Il existe donc de multiples passerelles entre les métiers.

Les travailleurs sociaux sont par ailleurs nombreux à évoluer vers des fonctions d'encadrement dans les métiers d'ingénierie ou d'intervention sociales. Plusieurs diplômes y préparent en deux ou trois ans après un bac+2 et/ou une expérience professionnelle d'au moins trois ans : le CAFERUIS (certificat d'aptitude aux fonctions d'enca­drement et de responsable d'unité d'intervention sociale) de niveau bac+3/4, le CAFDES (certificat d'aptitude aux fonctions de directeur d'établissement ou de service d'intervention sociale) de niveau bac+5. Le DEIS (diplôme d'État d'ingénierie sociale), également de niveau bac+5, forme des experts des politiques sociales, des cadres managers et des chargés de développement territorial. Il peut être couplé avec un master travail social, science politique, sociologie…

Ces diverses opportunités permettent de combler le manque de personnel d'encadrement dans un grand nombre de structures de l'action sociale, et aussi de viser les métiers liés au développement social urbain.

Des cursus sélectifs…

En France, près de 1.000 établissements, publics ou privés, accessibles avec ou sans le bac, en alternance ou par voie scolaire, dispensent des formations préparant aux diplômes du travail social. Pour intégrer ces écoles, il faut en général réussir un examen d'entrée. La formation dure entre un et trois ans et permet d'obtenir, selon les cas, un BTS économie sociale et familiale, un DUT carrières sociales ou un diplôme d'État.

L'université, de son côté, propose plusieurs masters, par exemple : administration économique et sociale (Lille 2, Paris 1…), management des organisations du secteur sanitaire et social (Lorraine), intervention et développement social (Montpellier, Toulouse).

… mais ouverts aux non-bacheliers

Selon la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques), six travailleurs sociaux sur dix ne sont pas titulaires du bac. La liste des métiers qui leur sont ouverts est longue : accompagnant éducatif et social, moniteur-éducateur, technicien de l'intervention sociale et familiale, aide médico-psychologique…

L'exercice de ces professions est toutefois soumis à l'obtention d'un diplôme : DEME (diplôme d'État de moniteur-éducateur), DETISF (diplôme d'État de technicien en intervention sociale et familiale) ou DEAES (diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social, né de la fusion du DEAVS et du DEAMP en janvier 2016).

En revanche, les jeunes bacheliers ne représentent pas plus de 10 % des reçus aux concours théoriquement accessibles au niveau bac. La majorité des lauréats est en effet titulaire d'un bac+2 au minimum. De fait, ces formations exigent une certaine maturité. Pour mettre toutes les chances de votre côté, il peut être utile de passer une ou deux années à l'université, par exemple en licence de psychologie, de sociologie ou d'AES (administration économique et sociale), ou bien de faire un détour par un DUT (diplôme universitaire de technologie) carrières sociales. Mais, surtout, n'hésitez pas à multiplier les expériences : animation en centre de loisirs, bénévolat auprès de personnes en difficulté, etc.