1. Cet entrepreneur social a créé une appli pour relier bénévoles et associations

Cet entrepreneur social a créé une appli pour relier bénévoles et associations

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Nicolas Goudy a créé "Ma ville je t’aide", start-up sociale et solidaire aujourd'hui partenaire de la mairie de Paris. // © Photo fournie par le témoin
Nicolas Goudy a créé "Ma ville je t’aide", start-up sociale et solidaire aujourd'hui partenaire de la mairie de Paris. // © Photo fournie par le témoin

LES JEUNES ONT DE L'AVENIR ! Nicolas Goudy a démissionné d’un CDI et renoncé à un salaire très confortable pour se lancer dans l’entrepreneuriat social. La mairie de Paris a signé récemment un contrat avec la start-up du jeune homme pour utiliser sa plateforme. Une application qui permet de connecter tout aspirant bénévole aux missions proposées par des associations de son quartier.

"Devenez des héros solidaires !" Telle est la promesse de jemengage.paris.fr, la plateforme Web et mobile de la mairie de Paris, active depuis le 20 mars 2015. Derrière ce site se cache Nicolas Goudy, 28 ans. Son ambition : permettre à chaque citoyen de se géolocaliser et de découvrir toutes les actions sociales et solidaires à laquelle il peut participer près de chez lui. Diplômé de l’EDHEC Business School, le jeune entrepreneur social a créé "Ma ville je t’aide", start-up sociale et solidaire, fin 2013.

"Nous envisagions un partenariat avec Paris depuis un petit moment. Lors du lancement de notre plateforme en juin 2014, des membres du cabinet de la mairie étaient déjà présents. Et tout s’est accéléré suite au grand rassemblement citoyen qui a suivi les attentats de janvier dernier. Anne Hidalgo a alors annoncé le lancement de la plateforme en conférence de presse", explique Nicolas, quelques jours seulement après l’officialisation du contrat liant sa petite entreprise avec la capitale pour une durée de 10 mois.
 

536 citoyens inscrits en une semaine

Sur cette plateforme, tout citoyen parisien peut désormais s’engager à donner de son temps pour une action bénévole en deux clics. Et il suffit de trois clics pour rejoindre la communauté via Facebook ou un formulaire. "Une semaine seulement après le lancement de la plateforme, il y avait déjà 256 missions proposées et 536 citoyens inscrits", dénombre Nicolas. Des inscriptions qui devraient encore s’accroître lorsque les 17.000 associations parisiennes seront informées de l’existence de cet outil et que la mairie aura lancé sa campagne de communication. Ouvrez l’œil ! Des panneaux Decaux vous inviteront très prochainement à devenir les "héros solidaires" bénévoles à Paris.
 

Il renonce au CDI et à un salaire de 40.000 € par an 

Aujourd’hui entrepreneur dans l’ESS (économie sociale et solidaire), Nicolas a d’abord travaillé dans de grandes sociétés comme Havas ou l’Oréal, où il a fait des stages pendant ses études. Et il a démissionné d’un job qui lui rapportait "40 K€", soit 40.000 € par an, dans une agence de conseil en marketing digital à La Défense, pour se lancer dans son projet. Le lendemain de la fin de sa période d’essai - son premier jour en CDI - il prend conscience qu’il lui est impossible de se projeter dans son emploi actuel.

"Ni le sujet, ni la façon de travailler, ni l’univers trop hiérarchisé des grosses machines n’étaient pour moi", confie-t-il. La tête sur les épaules, Nicolas mûrit son projet pendant un an avant de négocier une rupture conventionnelle de contrat avec son employeur. "J’ai assisté à de nombreux événements consacré à l’ESS avant de démissionner. Je voulais en savoir plus sur quelque chose qui me faisait envie", raconte Nicolas.
 

Un "start-up week-end"

Désireux de donner de son temps à une association, il remarque qu’il est difficile de trouver de l’information sur internet. De là naît son projet d’application permettant de géolocaliser les actions et missions des associations et le désir d’engagement des bénévoles. Il participe alors à un "start-up week-end" et embarque sept personnes – des jeunes du monde entier, venus participer aux deux semaines du Forum des Jeunes de l’UNESCO - pour l’aider à faire avancer son projet. "Cette application reprend les codes des jeunes connectés" et "propose aussi des missions ponctuelles pour en finir avec l’idée que l’engagement associatif nécessiterait forcément un engagement sur le long terme", explique l’entrepreneur social.

Nicolas porte ensuite ce projet jusqu’à sa réalisation. Afin de concrétiser cette idée, il peut compter sur la graphiste Mélanie Navarro. La jeune cheffe de projet, qui s’est également tournée vers l’ESS après une rupture conventionnelle de contrat, apprend alors à coder pour pouvoir développer la version béta de la plateforme. Tout s'enchaîne ensuite jusqu'à la signature de la start-up avec la mairie de Paris.
 

Bientôt son premier salaire dans l’ESS !

Parallèlement à cette conquête parisienne, Nicolas est déjà parti à la recherche de nouveaux territoires pour sa plateforme, comme la ville de Montréal, où un français, Polytechnicien, s’est proposé d’être le relai de l’entrepreneur. Rien n’est signé pour l’instant, mais avec le contrat parisien, le jeune homme et sa collaboratrice prévoient de se salarier très bientôt. "Pas au niveau de mon ancien emploi", prévient Nicolas, "mais c’est un choix et je n’ai aucun regret".