1. Ma vie d’étudiante à Mulhouse : Marine, future prof d’anglais hyperactive
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Ma vie d’étudiante à Mulhouse : Marine, future prof d’anglais hyperactive

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Marine, étudiante en master 1 d'anglais à l'UHA. // © Marine Miller
Marine, étudiante en master 1 d'anglais à l'UHA. // © Marine Miller

Étudiante en master 1 d'anglais à l’Université de Haute-Alsace, Marine souhaite devenir enseignante. Elle revient sur son parcours et nous parle de ses rêves professionnels. Visite guidée du campus avec l'étudiante qui le connaît comme sa poche.

Rendez-vous est pris ce matin d'hiver devant le SIO (service d'information et d'orientation) de l'UHA (Université de Haute-Alsace), avec Marine, une étudiante alsacienne de 22 ans en master 1 d'anglais.

"Voici le SIO, un bâtiment que je connais bien et qui m'a sauvé la vie pendant ma première année de LEA [langues étrangères appliquées], raconte la jeune fille. Je ne comprenais pas pourquoi j'avais autant de maths et d'économie dans ma filière. Comme beaucoup de lycéens, je ne m'étais pas suffisamment informée sur les cursus avant de m'inscrire." Les équipes du SIO l'ont renseignée et même rassurée. Les maths et l'éco, ce n'est que la première année, histoire de refaire le point sur les basiques.

Service d'information et d'orientation de l'UHA

Aujourd'hui, Marine est inscrite en master recherche d'anglais. Elle n'est plus perdue. Elle connaît chaque recoin du vaste campus de l'UHA. Elle a même décroché un travail dans ce bâtiment dédié à l'orientation. “En fonction de mes disponibilités, j'interviens dans les lycées pour informer les jeunes sur les cursus à la fac.

La passion d'enseigner chevillée au corps

Direction la fac de lettres et de langues, située au nord du campus. Sur le chemin, Marine nous fait visiter la bibliothèque et les amphithéâtres cachés dans un bâtiment futuriste. “Quand je suis arrivée, je ne savais pas trop ce que je voulais faire... J'hésitais entre enseignante et traductrice”, explique la jeune fille dans l'un des immenses amphis. Le déclic se produit avec les premiers cours. “J'ai eu des profs du tonnerre en LEA. Ce sont eux qui m'ont donné envie d'enseigner et de passer l'agrégation.”

Malgré des cours difficiles en master, comme la linguistique cognitive, Marine s'accroche. “Il y a ce cours passionnant sur l'enlèvement des colons britanniques par les Indiens au XVIe siècle, je passe mes journées à faire des recherches sur ce thème.”

Marine dans un amphithéâtre de l'UHA

Marine voudrait enseigner, et ce le plus vite possible. “Dès l'année prochaine, en master 2, je vais demander à l'UHA une exemption de contrôle continu.” Elle voudrait pouvoir s'inscrire sur les listes pour être enseignante vacataire. La jeune fille hyperactive cumule déjà plusieurs jobs et cette immersion dans le monde du travail ne lui déplaît pas. Bien au contraire, elle a hâte d'être enfin devant une classe. 

Une acharnée de travail

Car Marine a toujours travaillé. En licence, en plus des 30 heures hebdomadaires, elle était vendeuse le week-end dans une boulangerie et enseignante d'anglais pour les adultes le soir. Elle reconnaît que pendant ces 3 ans le rythme était soutenu, parfois trop. “À la fin de l'année, je n'arrivais plus à me lever le matin, je dormais 1 heure de plus à chaque fois. En fait, j'étais crevée.” Certains de ses amis qui travaillent finissent pas lâcher leur boulot ou leur études...

En master, Marine a, un peu, ralenti la cadence. “Je continue les cours d'anglais le soir avec les adultes, et j'interviens toujours pour le SIO. J'ai un élève particulier et je m'occupe de la logistique dans une association humanitaire qui œuvre pour Madagascar. Je me suis rendu compte que j'avais besoin de travailler, au-delà des nécessités matérielles.” Lors d'un accident de voiture il y a 1 mois, Marine a eu 2 côtes déplacées. Elle a été obligée d'alléger son emploi du temps. “Je ne pouvais rien faire et j'ai commencé à déprimer”, confie la jeune fille.

S'ouvrir au monde

“Et voici mon bâtiment, la fac de lettres et de langues, c'est un peu le coin hippie du campus. L'été, tout le monde s'assoie sur le parvis”, s'enthousiasme Marine. Il n'est pas rare de voir des étudiants laisser libre cours à leur créativité : concerts, spectacles...

L'étudiante nous montre son espace à elle : l'English Club. Une association qui organise des voyages et des événements et qui distribue, autour d'un bar, du café, du thé et des snacks dans un petit coin de la fac. Presque un pub, mais sans alcool.

Marine, à l'english club de l'UHA

L'attrait pour les langues étrangères est intervenu très tôt dans la vie de la jeune étudiante. “Mon amie d'enfance était russe. Je suis la seule Française dans mon master, les étudiants ne me croient pas quand je leur dis que je suis française, les Marocains pensent que je suis marocaine, les Américains, américaine...”

La fac, cette grande famille

En sortant de la fac de lettres, Marine fonce vers le cybercafé, le resto U. Un endroit stratégiquement situé au centre du campus. “J'ai passé beaucoup de temps ici quand j'étais en licence. L'hiver, je m'installe près des vitres, il fait plus chaud.” Pour Marine, ses années de licence riment avec rencontres et amitié. “J'ai rencontré ma meilleure amie ici. La fac est une grande famille, on se lie avec beaucoup de gens, des profs, des étudiants, il faut en profiter”, conseille-t-elle.

Le resto U de l'UHA

Sur le chemin pour rentrer chez elle, Marine explique les raisons de son hyperactivité. “J'adore voyager, c'est pour ça que je travaille autant. Je suis allée au Japon, à Madagascar, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Thaïlande”, liste-t-elle. Son prochain voyage ? Le Nouveau-Mexique, aux États-Unis, cet été. De quoi cultiver encore son goût de l'ailleurs...