1. Métiers de la police : descente au commissariat
Reportage

Métiers de la police : descente au commissariat

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Chloé est technicienne de la PTS (police technique et scientifique). Elle est chargée des prélèvements sur le terrain. // © William Beaucardet pour l'Étudiant
Chloé est technicienne de la PTS (police technique et scientifique). Elle est chargée des prélèvements sur le terrain. // © William Beaucardet pour l'Étudiant

Après les attentats de 2015, de nombreux jeunes ont souhaité rejoindre les rangs des forces de l'ordre. Si la sécurité publique fait partie des missions de la police nationale, celle-ci assure deux autres volets essentiels : les investigations et le renseignement. Enquête au commissariat de l'agglomération de Versailles (78).

Gare aux clichés ! Si les séries policières peuvent susciter des vocations, la réalité est parfois bien éloignée de la fiction, notamment pour la PTS (police technique et scientifique). "Dans les séries américaines, c'est souvent le même personnage qui fait les prélèvements sur le terrain et qui enquête", remarque Chloé, 34 ans, technicienne de la PTS. "En France, ce sont deux métiers séparés."

Selon leur nature, les prélèvements sont envoyés à différents spécialistes : en biologie, en balistique, en physique-chimie... Inutile d'attendre les résultats dans l'heure : les analyses sont réalisées dans des délais plus importants que ceux des séries.


Les gardiens de la paix, entre patrouilles et "statiques"


Typhaine est toujours en uniforme. À sa ceinture, son arme de service, qui peut servir en cas de légitime défense. Le port d'armes est très contrôlé : le SIG-Sauer (pistolet automatique) et le PM Beretta (pistolet mitrailleur) sont soumis à des tirs de contrôle lors de formations très régulières. Il faut aussi des habilitations pour les autres armes tels le tonfa, la matraque téléscopique, la bombe lacrymogène...


Charlotte : de la communication au commissariat de la "circo" de Versailles



Une lycéenne vient de se faire voler son portefeuille sur la voie publique. Si la patrouille la plus proche intervient rapidement et que l'auteur de l'infraction peut être interpellé, c'est un cas de "flagrant délit". Il sera alors amené au commissariat et placé en garde à vue (dans 75 % des cas). Des officiers de police procèdent ensuite à l'enquête en instantanéité, sous la supervision du directeur d'enquête. "On va entendre la victime, les témoins... S'il s'agit d'une agression, un médecin doit rapidement examiner la victime", détaille Vanessa, chef de groupe des atteintes violentes. Puis, il faut rendre compte au procureur, qui prendra une décision. "En régime de droit commun, la garde à vue est de quarante-huit heures. C'est donc le délai que l'on a pour réaliser tous nos actes."


Chloé, l'ancienne archéologue entrée dans la police scientifique

Lorsqu'une patrouille intervient sur une scène d'infraction, un cambriolage par exemple, elle constate les faits et préserve les lieux. Place ensuite à la PTS (police technique et scientifique). Sa mission : relever tous les éléments pouvant servir à l'enquête afin d'identifier les auteurs. Après s'être équipée d'un masque et de gants pour ne pas polluer la scène, Chloé commence par rechercher les traces biologiques visibles (sang, salive...) dont l'ADN pourra être envoyé et exploité en laboratoire. Après, elle cherche les traces papillaires (digitales et palmaires) à l'aide de poudres. Les prélèvements sont mis en sachet, mais ce sont les officiers de police judiciaire (les enquêteurs) qui constitueront les scellés.

"S'il y a des suspects, on compare les traces relevées avec leurs empreintes, sinon ça part dans le FAED (Fichier automatisé des empreintes digitales)", révèle Chloé. Pour cette ancienne archéologue entrée dans la police il y a deux ans, "le côté terrain et la technicité" sont les aspects les plus plaisants du métier, qui comporte aussi un gros volet administratif. "Il ne faut pas être allergique à la paperasse !" La police technique et scientifique exige d'être rigoureux, observateur, minutieux et de suivre les protocoles.


Ludovic, "chef d'orchestre" du commissariat