Dossier : Métiers de la police : une journée en brigade de mineurs

Au cœur d’une équipe et d’une brigade spécialisée

Viols, agressions sexuelles, actes de pédophilie, violences familiales… tel est le quotidien des affaires que traite Anne-Solène C., 25 ans, lieutenant de police à la brigade des mineurs du Val d’Oise. Reportage à la découverte d’un métier presque comme les autres…

Métiers de la police : une journée en brigade de mineurs

Installée dans le commissariat d’Argenteuil (95), entre un laboratoire de police scientifique et un service de renseignements généraux, la brigade territoriale de protection de la famille du Val d’Oise est plus connue sous le titre de brigade des mineurs (BM). Elle regroupe une quinzaine de policiers dont 4 officiers.

Parmi eux, Anne-Solène C., 25 ans, lieutenant de police, en poste depuis moins de trois ans. Elle est la plus jeune du service, mais pas vraiment une novice.

Des affaires pour les Assises
En tant que chef d’enquête, Anne-Solène a une dizaine d’affaires en cours à traiter. "Cela paraît peu mais chaque dossier nécessite des investigations très lourdes. Les trois quarts concernent des viols et/ou des agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans et des viols d’adultes avec circonstances aggravantes, le plus souvent en réunion… Ce sont des crimes qui risquent la cour d’Assises…"

En binôme
À la BM, comme dans la plupart des services, les policiers travaillent en binômes, mixtes pour la plupart. Anne-Solène partage ainsi son bureau, ses dossiers, ses interrogations et ses doutes avec Teddy, brigadier chef, 34 ans, dont 14 dans la police. "Être à deux, c’est une question de sécurité, surtout lorsqu’on se déplace sur le terrain. C’est aussi un confort de travail indispensable. Cela permet de discuter et de croiser nos points de vue sur les affaires que nous partageons."


 
Sous l’autorité de la justice
Entre les auditions de témoins et de victimes, les enquêtes de voisinage et les interrogatoires d’auteurs présumés, Anne-Solène a un emploi du temps bien établi à l’avance. "Nous sommes au service de l’autorité judiciaire, c'est-à-dire le procureur ou le juge qui dirige les enquêtes, rappelle cette fonctionnaire de police, et en même temps nous avons une marge de manœuvre pour organiser chaque enquête, suivre les pistes qui nous paraissent intéressantes, etc."

Sur chaque dossier, elle rend compte des avancées sur le terrain avec le capitaine qui dirige la brigade et avec le juge. "Au final, c’est le juge qui décide de poursuivre les investigations ou de clore en vue d’un jugement."

Gérer des urgences…
9h-12h puis 13h30-18h30. Même si elle a des horaires de bureau, la jeune femme doit évidemment faire face à toutes sortes d’imprévus : "La brigade peut être saisie en urgence pour une affaire de viol, ou encore par un médecin des urgences hospitalières qui a, par exemple une suspicion de "bébé secoué", c'est-à-dire des lésions qui ne correspondent pas avec les explications données par les parents. Là, il faut intervenir au plus vite".

De plus, en tant que lieutenant de police, Anne-Solène est d’astreinte 5 semaines par an au service de la sureté départementale : pour du maintien de l’ordre, une interpellation qui nécessite des renforts, une garde à vue… Bref une mission de policier au-delà de sa spécialité en brigade des mineurs.
 
Emmanuel Vaillant

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