Dossier : Métiers du business du vin : pour les passionnés avant tout

Le "wine business", à la recherche de nouveaux talents

Travailler sur un produit noble et dans un univers de passionnés : voilà ce qui vous attend si vous vous tournez vers les métiers du vin. Dans ce secteur, il y a bien sûr les producteurs et viticulteurs, mais de nombreuses opportunités sont aujourd'hui offertes sur des fonctions commerciales et de marketing. Des missions qui se professionnalisent depuis quelques années, avec des formations, elles aussi, de plus en plus pointues.

Métiers du business du vin : pour les passionnés avant tout

La France est le premier pays consommateur de vin au monde. C’est aussi le 2e pays producteur, derrière l’Italie : au total, la filière emploie plus de 250.000 personnes sur le territoire, et le vin est le 3e secteur exportateur français.

Avec ces chiffres flatteurs, rien d’étonnant que ce milieu offre des opportunités pour les jeunes diplômés. Au-delà des traditionnels métiers agricoles ou techniques (œnologues, viticulteurs, agronomes…), ces entreprises recherchent des profils plus généralistes, pour assurer leur gestion et leur développement.
 
Le commerce, principale porte d’entrée
Pour débuter, le métier de commercial reste la principale porte d’entrée. Au sein d’une coopérative, pour un domaine ou pour une marque, ces professionnels sont responsables de la vente d’une gamme de vins, en France ou à l’étranger. Certains peuvent être spécialisés dans un type de clientèle : restaurants et hôtels ; grande distribution ; cavistes ; import/export ; clients haut-de-gamme… D’autres, encore, peuvent superviser les ventes d’une plateforme de vente en ligne, ou être responsable d’un ou plusieurs points de ventes.
 
De plus en plus de VIE
En outre, alors que les ventes à l’international se développent plus que les ventes domestiques, les contrats de VIE (volontariat international en entreprise, contrats réservés aux moins de 28 ans) se multiplient. Le plus souvent, il s’agit de postes de commerciaux.

"Cette année, j’ai 2 jeunes diplômés aux Etats-Unis, un en Hollande, et un autre à Hong-Kong. Ils représentent une maison de vin française auprès de clients locaux", témoigne Jacqueline Brouart, directrice de l’Institut du management du vin de l’ESC Dijon.
 
Des postes juridiques ou administratifs
En dehors de ces métiers, les entreprises du "wine business" offrent des postes plus classiques : juriste, contrôleur de gestion, comptable, responsable administratif et financier... Certaines ont créé des postes de responsables marketing d’une gamme (chargé du flaconnage, de l’étiquette, et du "message" véhiculé par le vin) ou de responsables de la communication et de l’événementiel d’une marque.

A Bordeaux 4, les diplômés du master 2 "droit de la vigne et du vin" s’orientent en grande partie vers ce type de postes administratifs. Nombre d’entre-deux travaillent pour des syndicats viticoles, des chambres d’agriculture ou des organismes interprofessionnels.

"Nos diplômés peuvent s’occuper du contrôle qualité, de fournir de l’assistance juridique aux producteurs, de surveiller le respect des AOC", illustre Jean-Marc Bahans, directeur du master.
 
Un niveau d’exigence à la hausse
Pour tous ces métiers, bon nombre de jeunes recrutés possèdent un diplôme bac+5 (en commerce/gestion, avec si possible une spécialisation "vin"). "Avec l’entrée sur le marché de nouveaux pays comme l’Australie, le Chili ou l’Argentine, et la multiplication des canaux de distribution, ces acteurs ont dû se regrouper et se professionnaliser pour affronter la concurrence. Résultat : le recrutement est plus exigeant", analyse Jacques-Olivier Pesme, directeur associé de BEM, qui propose des formations spécialisées.
 
Alors que jusque dans les années 90, beaucoup de professionnels de ce milieu se formaient sur le tas, ces structures recherchent désormais "des jeunes formés au commerce international, qui parlent plusieurs langues, qui connaissent la législation ou savent prendre en compte les nouveaux modes de consommation".
 
Un réseau pour faire grimper son salaire
Dans l’ensemble, les salaires d’entrée proposés tournent autour de 30 à 32 K € pour des diplômés de niveau master. "Ils ne sont pas extraordinaires, mais cela est dû au fait que la majorité des postes sont à pourvoir dans des petites entreprises. Si l’on compare à la moyenne des salaires obtenus par des bac+5 dans les PME, c’est tout à fait honnête", assure Jacques-Olivier Pesme.
 
Ensuite, les salaires peuvent évoluer assez vite, comme l’explique Jacqueline Brouart : "Dans ce secteur, le carnet d’adresse est très important. C’est cela que votre employeur achètera, et c’est ce qui fera monter votre salaire, surtout si vous changez d’employeur tous les 2 ou 3 ans au début de votre carrière".
 
 
Comment maximiser ses chances de travailler dans le vin ?

"Le marché de l’emploi dans ce secteur n’est pas florissant, mais nous ne sommes pas les plus punis par la crise", résume Jean-Marc Bahans. Dès lors, comment maximiser ses chances pour être recruté ?

1- En n’allant pas dans ce secteur par hasard. Tous ceux qui travaillent dans ce milieu le disent : il faut être passionné ! "Il faut avoir une appétence forte pour le vin. Et au delà du goût, aimer ses codes, et tout le contexte social qui va avec", soutient Jacques-Olivier Pesme.
 
2- En suivant une formation spécialisée. L’idéal est de commencer par une formation généraliste (droit, éco-gestion, AES, école de commerce…) puis de terminer par un master spécialisé "vins", à l’université ou dans une grande école. Au-delà des connaissances propres au secteur, ces formations vous permettront de vous constituer un réseau, grâce aux professionnels qui interviennent dans le cours, et aux autres élèves.
 
3- En multipliant les stages et petits jobs dans ce secteur. Toutes les expériences (du stage d’assistant commercial aux vendanges) sont très importantes, non seulement pour connaître le métier, mais aussi pour se constituer un réseau et se faire ensuite recommander à un futur employeur. Lorsqu’on n’a aucun contact, trouver un premier stage peut être difficile. "Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à se rendre directement dans les exploitations, bref, faire du porte à porte. C’est toujours apprécié", assure Thomas Giubbi, directeur général de La Compagnie Rhodanienne.
 
4- En étant mobile. La plupart des acteurs de ces filières sont basés dans de petites villes, à proximité des vignobles. Mieux vaut donc être mobile, partout en France. Et disposer d’une voiture !
 
Jessica Gourdon
Juin 2012

 
Zoom sur les formations

Dominante gestion/commerce
- Master pro "commercialisation internationale des vins" à l’université d’Avignon
- Master pro "management commercial du vin et des spiritueux", à l’IAE de Bordeaux 4
- Master pro "commerce des vins", à Montpellier 1
- Mastère spécialisé "commerce international des vins", à l’ESC Dijon (enseignements à Paris ou à Dijon, possibilité alternance)
- Mastère spécialisé "management des vins et des spiritueux", BEM (en alternance)
- Bachelors et masters du Bordeaux International Wine Institute – Inseec

Dominante droit
- Master droit de la vigne et du vin, à Bordeaux 4
- Master "droit du vin et des spiritueux", à l’université de Reims

Dominante sciences, géologie
- La licence 3 "sciences de la vigne" à l’université de Bourgogne
- Master pro "vignes, vin, terroir" à l’université de Bourgogne
- La licence 3 biologie option "vin" à l’université de Reims
- Master "vins et champagne : agro-ressources et environnement"

Oenologie
Le diplôme national d’œnologie (DNO) est délivré par les universités de Dijon, Reims, Bordeaux 2, Toulouse 3, Montpellier Sup Agro. Entrée à bac+3, après une formation de type licence en sciences. Deux années d’études.
 

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