1. Les Bachelors en trois ans : des diplômes qui montent
Les Bachelors en trois ans : des diplômes qui montent
Publié le 20.02.2017

Ces cursus d'écoles de commerce en trois ans après le bac conjuguent formation généraliste en management, professionnalisation et ouverture internationale. Avec la possibilité, une fois son diplôme en poche, de s'insérer dans la vie active ou de continuer ses études.

Palmares-des-ecoles-de-commerce-postbac-en-4-ou-5-ansDécouvrez tous les résultats de notre palmarès des Bachelors 2017

Brillante élève de terminale ES, Solène avait le profil type pour intégrer une classe préparatoire commerciale, antichambre d'une grande école de management. "Mes professeurs me poussaient tous dans cette voie. J'avais également passé le concours d'entrée de Sciences po via les conventions éducation prioritaire, mais j'avais envie de quelque chose de moins intense et surtout de plus concret", confie la jeune fille. Sur un salon, elle apprend l'existence des Bachelors et, lors d'une journée portes ouvertes, a "le coup de cœur" pour le groupe ESC La Rochelle.

Trois ans plus tard, elle ne regrette rien : "Au-delà de la dimension purement académique, le Bachelor m'a donné l'occasion de multiplier les expériences : stages, expatriations, missions solidaires... et de sortir de ma zone de confort. Résultat : j'ai gagné en autonomie et en confiance en moi !", raconte l'étudiante en troisième année du Bachelor Business de l'école de commerce rochelaise.

Plusieurs milliers de bacheliers, en quête de professionnalisation mais aussi d'un certain cadre d'enseignement, font chaque année comme Solène, le choix d'un Bachelor en trois ans. "Dans ces formations, les étudiants ont la quasi-certitude, s'ils sont sérieux, de décrocher à la fin des trois ans un diplôme qui leur permet de s'insérer facilement sur le marché du travail ou bien de poursuivre leurs études", souligne Céline Davesne, directrice générale adjointe de Neoma, en charge des programmes.

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Commencer à tisser son réseau

Six bachelors sur dix sont des formations généralistes. Idéal pour les élèves attirés par le monde de l'entreprise, mais qui n'ont pas encore de projet précis. Ils auront trois ans pour acquérir les bases de la gestion et du management (communication, finance, marketing, RH, etc.), approfondir leur culture générale et maîtriser des langues étrangères. À partir de la troisième année, il est possible de commencer à se spécialiser en choisissant une "filière métier" : finance, marketing, RH, supply-chain...

Les autres Bachelors offrent à des jeunes ayant déjà bien réfléchi à leur orientation une spécialisation sectorielle, avec un accent fort sur la professionnalisation. Management du tourisme à l'ESC Troyes, marketing du luxe à l'ESGCI, finance à l'ESGF, management de la distribution à Neoma... L'éventail est large. L'intérêt de ce type de formation ? "Commencer très tôt à tisser son réseau dans un secteur donné, estime Michael Tapiro, président de la Sport Management School du groupe EDC Paris. Chez nous, 100 % des cours tournent autour du business du sport, et chacun des 150 étudiants a un parrain qui le suit tout au long du cursus."

Effectuer son cursus en alternance

Quel que soit le Bachelor, les stages à raison d'un par an – entre 4 et 17 mois au minimum selon les écoles – sont au cœur du réacteur. L'occasion de découvrir l'entreprise de l'intérieur. Et d'affiner son projet, insiste Victor Gervasoni, directeur du Bachelor de TBS (Toulouse Business School) : "Les étudiants ont le temps de tester différents métiers et/ou secteurs d'activité."

Au sein des deux tiers des Bachelors, il est possible d'effectuer au moins une partie du cursus en alternance (contrat d'apprentissage ou de professionnalisation). Une formule exigeante qui permet de concilier sa formation académique avec une première expérience professionnelle. Mais aussi de financer ses études : l'employeur qui prend en charge les frais de scolarité de l'alternant – comptez en moyenne 6.900 € par an dans un cursus de grande école et près de 4.000 € en EGC (école de gestion et de commerce) – lui verse aussi un salaire correspondant à un certain pourcentage du SMIC.

Cette souplesse a fait ces dernières années le succès des Bachelors, dont les concours ont compté énormément de candidats en 2016. Le concours Écricome Bachelors a enregistré une hausse des inscriptions de l'ordre de 11 % par rapport à 2015, et, malgré un léger recul, Atout+3 a tout de même attiré 2.522 candidats.

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Une bonne insertion professionnelle

Ces Bachelors affichent dans leur ensemble des taux d'insertion plutôt flatteurs. En moyenne, parmi les diplômés qui décident de se lancer dans la vie active, huit sur dix environ décrochent un contrat entre trois et six mois après leur sortie, pour un salaire mensuel brut moyen de 2.150 €. À TBS, 27 % des diplômés 2016 avaient signé leur premier contrat de travail avant la fin de leur formation, et 91 %, dans les six mois. Les détenteurs d'un Bachelor sont éligibles à des postes de manager intermédiaire, quelle que soit la fonction (communication, marketing, etc.). Les PME qui n'ont pas forcément l'envergure financière pour embaucher des bac+5 constituent souvent des recruteurs naturels.

Une étape avant le bac+5

Peur de rentrer dans la vie professionnelle ou envie de s'assurer un poste plus élevé à un salaire plus attractif : partout la tendance est la poursuite d'études. Cela concerne plus de six diplômés sur dix. Beaucoup d'entre eux empruntent, comme n'importe quel candidat, la voie des admissions parallèles, pour intégrer le master 1 d'un programme de grande école. D'après Guy Gascoin, le directeur d'Audencia Bachelors, c'est un bon calcul : "Les titulaires d'un Bachelor rencontrent en master de grande école de commerce d'autres types d'étudiants, gagnent en maturité et vont beaucoup plus loin dans les concepts abordés."

La directrice de l'EGC Martinique, Marie-Claude Pastureau, conseille plutôt à ses étudiants "d'aller chercher une spécialisation". Un certain nombre de ces détenteurs d'un Bachelor s'inscrivent dans les masters spécifiques (MSc, Mastères Spécialisés, etc.) des écoles de commerce ou dans des masters universitaires, en France ou à l'étranger. Enfin, de plus en plus d'étudiants optent pour une troisième voie : l'entrepreneuriat. "À TBS, certaines années, les créateurs d'entreprises sont plus nombreux parmi les étudiants de Bachelor que parmi ceux des programme bac+5", assure Victor Gervasoni. Exemple récent de ces start-up "made in Bachelor" : CitizenFarm, un aquarium potager, créé par un diplômé 2013, passé par l'incubateur pédagogique TBSeeds. Le Bachelor mène vraiment à tout.

Cécile Peltier

Si vous voulez comparer avec le palmarès 2016 :
Palmarès des Bachelors, selon le critère des labels et du suivi des étudiants

Le grade de licence se fait attendre

Entre 2009 et 2017, le nombre de Bachelors est passé de 80 à plus de 150. Pour tenter de mettre un peu d'ordre, le ministère de l'Enseignement supérieur a confié, en 2014, à la Commission d'évaluation des formations et diplômes de gestion le soin de réfléchir à la faisabilité d'un grade "licence", sur le modèle du grade master.

Après deux ans de travail, la CEFDG (Commission d'évaluation des formations et diplômes de gestion) a remis, fin 2016, au ministère une proposition de référentiel de grade de Bachelor des formations en management.

Interrogées par l'Etudiant à l'occasion de notre banc d'essai, les écoles de commerce se disent majoritairement favorables à ce label qui permettrait aux familles et aux étudiants "d'y voir plus clair".