1. Palmarès des écoles de commerce postbac 2017-2018 : leurs atouts pour vous séduire
Palmarès des écoles de commerce postbac 2017-2018 : leurs atouts pour vous séduire
Cécile Peltier
Publié le 06.10.2017

L'EM Normandie a reçu l'accréditation EQUIS pour trois ans en décembre 2016. Elle rejoint le club des 19 autres institutions françaises déjà récompensées avant elle.// © David Morganti / EM Normandie

 

Proximité avec les entreprises, stages, nombreux séjours à l'étranger et des labels qui n'ont rien à envier aux grandes écoles... En quatre ou cinq ans, les business schools, accessibles après le bac, ont trouvé les arguments pour vous plaire.

Palmares-des-ecoles-de-commerce-postbac-en-4-ou-5-ansDécouvrez tous les résultats de notre palmarès des écoles de commerce postbac 2017-2018

Son bac ES en poche, Lucas, a un temps envisagé de faire une classe préparatoire avant d'opter pour l'IESEG. "L'idée de refaire deux ans d'études générales me rebutait. J'avais envie de rentrer dans le vif du sujet, tout en étant encadré", se souvient le jeune diplômé de 23 ans. Chaque année, plusieurs milliers d'étudiants optent pour une école de management postbac, en quatre ou cinq ans. Tournés vers l'entreprise, ces cursus généralistes, qui permettent de multiplier les expériences – stages, échanges – en France et à l'étranger, se sont imposés comme une vraie alternative à la classe préparatoire.

Des formations reconnues

Nombre d'écoles accessibles après une prépa – l'EDHEC, l'ESSEC, l'EM Lyon, Kedge, Neoma... – ont, à côté du traditionnel parcours grande école, créé des BBA (Bachelor in Business Administration) en quatre ans. Parmi les 11 bachelors de notre palmarès, neuf ont obtenu le visa du ministère de l'Enseignement supérieur qui sanctionne un bon niveau académique global.

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Les 16 autres formations classées dans le palmarès 2017 sont des programmes en cinq ans. Quinze possèdent un visa et 14 sont également autorisés à dispenser une formation conférant le grade de master. Ce label exigeant atteste qu'une majorité des cours sont assurés par des enseignants ayant un doctorat et qui exercent une activité de recherche. Un gage de qualité qui a "mécaniquement pour effet d'attirer davantage de bons candidats, et donc d'augmenter la sélectivité du programme...", signale Nathalie Hector, directrice des programmes de Kedge (Bordeaux, Marseille), récemment distinguée pour son programme EBP International.

Séjour à l'étranger dès la première année

Les écoles de commerce postbac sont très ouvertes sur le monde, et l'expatriation est aujourd'hui indispensable pour acquérir un diplôme. La durée minimale obligatoire à l'étranger – sous forme d'échange universitaire et/ou de stage – oscille, selon les établissements, entre quatre et vingt-huit mois.

Les échanges académiques ont lieu dans des universités étrangères avec lesquelles les business schools hexagonales ont signé des accords. Choisir un programme accrédité (AACSB, EPAS, EQUIS...) est l'assurance de bénéficier d'un éventail de partenaires, large et de bonne tenue. "Les accréditations internationales nous rendent beaucoup plus visibles sur la scène mondiale", reconnaît Samir Ayoub, le directeur général du groupe ESSCA. Labellisée EPAS, puis AACSB, et maintenant EQUIS, cette école de commerce affiche à son tableau de chasse pas moins de 219 partenaires, dont 126 accrédités.

Pour les étudiants, ces immersions sont l'occasion de découvrir une autre culture, et d'en apprendre beaucoup sur soi-même. Après deux semestres au TEC (Tecnologico) de Monterrey au Mexique lorsqu'il était en deuxième année à l'IESEG, Lucas s'est envolé, en quatrième année, pour un semestre à l'Indian Institute of Management de Kozhikode (dans le Kerala, à l'ouest de l'Inde) : "C'était un vrai choc culturel ! En Inde, tout fonctionne différemment, et c'est parfois difficile à comprendre pour un Européen", se souvient-il.

Une scolarité très souvent en anglais

De plus en plus de business schools se sont dotées de campus à l'étranger, sur lesquels il est également possible d'effectuer une partie de son cursus. À l'ESSEC, par exemple, les élèves du Global BBA, peuvent, dès la deuxième année, séjourner sur un autre campus, à Singapour ou à Rabat (Maroc). Cette année, un peu plus d'une centaine d'étudiants du BBA de Cergy (95) vont ainsi passer un semestre à Rabat pour développer leurs connaissances du continent africain. Au programme notamment : des cours d'arabe, un trek dans le désert et un voyage d'études.

Au sein du BBA ESC La Rochelle, les étudiants passent vingt-deux mois à l'étranger, en échange académique, en stage, ainsi qu'en mission humanitaire. // © Face à la mer/Sup de Co la Rochelle

Mais le dépaysement commence souvent en France dans les écoles qui accueillent de plus en plus d'étrangers. Au sein du BBA in Global Management de Skema dont six diplômés sur dix sont étrangers, la quasi-totalité des cours sont dispensés dans la langue de Shakespeare, moyennant un accompagnement renforcé. "Il n'y a pas de test de langue à l'entrée, mais pour permettre à tout le monde d'acquérir un bon niveau, on prévoit des cours d'anglais purs, et tous les enseignements ont lieu en petits groupes", précise Patrice Houdayer, le directeur des programmes de Skema BS.

L'IESEG, quant à elle, a mis en place un parcours d'enseignement autour de l'interculturel : "Sur un marché global, il est important d'apprendre à travailler ensemble", insiste Jean-Philippe Ammeux, son directeur. 20 écoles sur les 27 de ce classement proposent des filières entièrement en anglais.

Business games et interdisciplinarité pour découvrir l'entreprise

Cours assurés en partie par des professionnels, études de cas, business games ou missions en entreprise... : les écoles de commerce postbac plongent très vite l'étudiant dans la réalité. L'occasion de mettre en pratique les connaissances théoriques acquises en cours. "En troisième année, nous avons aidé un parfumeur de Grasse [06] à revoir la stratégie de développement d'une ligne de produits. C'était très intéressant et cela a compté dans mon orientation", se souvient Camille, diplômée du BBA EDHEC, majeure marketing du luxe.

Pour répondre aux nouveaux défis en matière d'innovation, l'heure est aussi à davantage d'interdisciplinarité. Dans le cadre des "challenges transverses" du pôle Léonard-de-Vinci, les managers en herbe de l'EMLV, les futurs ingénieurs de l'ESILV et les développeurs de l'IIM (Institut de l'internet et du multimédia) travaillent ensemble sur un thème imposé. Au cours de la semaine dédiée à la "gamification", ils devront, cette année, proposer à des marques des idées de jeux pour vendre leurs produits. Objectif ? "Développer sa créativité et apprendre à travailler en équipe", explique Sébastien Tran, le directeur de l'EMLV.

Les activités associatives, souvent assorties de crédits, sont aussi l'occasion de se tester grandeur nature. Le passage par le Club international de l'IESEG, avec ses 1.000 membres et son budget annuel d'environ 150.000 €, reste l'un des grands moments de la scolarité de Lucas. "À la fin, en tant que vice-président du club, j'encadrais 23 personnes." Pour valoriser ce type d'initiative, le Global BBA de Neoma proposera à partir de la rentrée 2018 un parcours spécifique "associations" avec un emploi aménagé.

L'alternance pour trouver sa voie professionnelle

Plus nombreux que dans une école recrutant après une classe préparatoire, les stages en entreprise permettent d'affiner votre projet professionnel. "Je ne savais pas trop quoi faire après le bac. Les stages m'ont donné la possibilité de tester différents métiers et de savoir ce que je voulais faire", estime Carlota, diplômée de l'INSEEC BBA. Après une expérience commerciale chez Nicolas (enseigne spécialisée dans la vente de vin), puis un stage en agence d'événementiel à Miami (États-Unis), la jeune femme, actuellement en CDD (contrat à durée déterminée) chez L'Oréal, a trouvé sa vocation dans les ressources humaines après un passage de plusieurs mois chez Microsoft.

Après Angers et Paris, l'ESSCA a ouvert en 2016 trois nouveaux campus : à Aix-en-Provence, Bordeaux et Lyon.// © Caroline Doutre/ESSCA

Dix-sept écoles permettent également de terminer votre scolarité en alternance. Émylou a profité de cette opportunité. La jeune diplômée de l'ICD a réalisé sa cinquième année d'études en contrat de professionnalisation dans une entreprise spécialisée dans l'hébergement des professionnels du spectacle, rencontrée par le biais de son école. "Le rythme est très dur, il faut suivre en cours alors qu'on est sollicité en permanence par son entreprise, mais c'est aussi un vrai tremplin !" Nommée responsable spectacle dès le deuxième semestre de son alternance, avec un salaire supérieur à celui d'un alternant classique, Émylou vient d'être embauchée en CDI (contrat à durée indéterminée).

Après un bac+5, des taux d'insertion satisfaisants

La très grande majorité des diplômés d'un programme en cinq ans se lancent directement dans la vie active. Malgré la crise, ces formations continuent d'assurer des bons taux d'insertion : selon les écoles, entre 90 % et 100 %, un an après le diplôme. Commerce, industrie-BTP (bâtiment et travaux publics), finance-banque, audit, TIC (technologies de l'information et de la communication)... les débouchés possibles sont variés. En raison de leur identité ou de leur conjoncture, certaines écoles placent beaucoup d'étudiants dans certains secteurs : cette année, 23 % des diplômés de l'EBP se sont orientés vers l'industrie, tandis que 23 % des anciens de l'ISTEC se sont dirigés vers le luxe.

Compris entre 29.000 et 33.000 € brut par an (hors primes), les salaires varient selon la taille de l'entreprise, le domaine d'activité – la finance est plus rémunératrice que la communication – et le pays. À l'étranger, les salaires sont plus élevés. Après son stage cadre de six mois chez Deloitte Luxembourg, Lucas vient d'être embauché en CDI comme auditeur. Son salaire confortable va lui permettre de rembourser le prêt qu'il avait souscrit pour effectuer ses études dans son école.

Après un bac+4, 60 % des diplômés continuent leurs études

Les BBA (écoles de commerce en quatre ans après le bac) sont conçus pour travailler directement après le diplôme. En moyenne, 35 % des diplômés d'un de ces programmes ont fait ce choix en 2016. À l'ESSEC BBA, leader en matière d'insertion, ils étaient, par exemple, 47 % à se lancer dans la vie active, dont 72 % à avoir obtenu un emploi après trois mois.

En théorie, les détenteurs d'un BBA accèdent à des postes plus opérationnels que les titulaires d'un master, avec des salaires un peu moins élevés. C'est souvent moins vrai à l'étranger, en particulier dans le monde anglo-saxon où le BBA est un diplôme identifié.

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Toutefois, plus de six diplômés sur dix effectuent une année supplémentaire afin d'accéder plus facilement à un poste de cadre. Variées, les filières empruntées dépendent du statut – impossible d'intégrer l'université sans une formation visée –, et de la renommée du programme, du projet et, bien sûr, du dossier scolaire des étudiants. La grande majorité d'entre eux optent pour une spécialisation plus poussée à travers un MSc (Master of Science) ou un MS (Master Spécialisé) dans une école de commerce. Petit bémol : les études sont plus onéreuses qu'une troisième année du programme grande école et ne sont pas toujours reconnues par l'État. Une part non négligeable d'étudiants s'oriente vers un master deuxième année à l'université, en France ou à l'étranger.

Enfin, quelques diplômés de BBA réintègrent la dernière année d'un programme grande école, par le biais des admissions parallèles, ou plus rarement de passerelles spécifiques. "Il s'agit souvent d'élèves avec des projets bien précis qui souhaitent, par exemple, intégrer une chaire, mais ce n'est pas forcément ce qu'on leur conseille en priorité", commente Hugues Levecq.

Créer son entreprise en étant étudiant

Un nombre croissant d'étudiants délaissent les grands groupes pour se lancer seuls dans l'aventure entrepreneuriale. Et les écoles répondent à cette aspiration, en multipliant les parcours dédiés à la création d'entreprise.

L'EDC a été l'une des premières écoles à proposer un parcours étudiant-entrepreneur et un incubateur, accessibles dès la première année d'études. Victoire a intégré ce parcours en quatrième année. À la clé : un emploi du temps aménagé et un professeur attitré pour l'épauler dans la création de sa griffe de lingerie haut de gamme. "Au début, je ne savais pas par où commencer, l'enseignant m'a aidée à définir la stratégie, faire mon business plan, rechercher des partenaires et, notamment, une usine de production", témoigne la cofondatrice de Chichi Castelnango. Aujourd'hui, les soutiens-gorge en dentelle de Calais, dessinés par sa sœur, sont vendus au Bon Marché et aux Galeries Lafayette. Et cette année, c'est elle qui va donner des cours à l'EDC !

Du nouveau chez Sesame

Après un passage de un an au sein de Pass, l'International BBA de Kedge (Marseille), et le Global BBA de Neoma (Reims et Rouen) – né de son BBA et de son BSc – ont décidé de réintégrer le concours commun. Les deux écoles étaient restées membres de Sesame au titre de l'EBP International pour Kedge, et du Cesem pour Neoma. Au total, le concours réunit huit écoles, et dix programmes en quatre ou cinq ans. De son côté, le CESEM ouvre deux nouveaux tracks : franco-russe et franco-japonais.

Des solutions pour financer votre scolarité

Pour étudier dans une école de commerce postbac, il vous faudra débourser entre 30.600 € et parfois 50.000 € (hors frais de scolarité à l'étranger), selon que votre scolarité se déroule en quatre ou cinq ans. Il existe, heureusement, des solutions pour alléger la facture.

En optant pour un établissement reconnu par l'État, vous pourrez bénéficier d'une bourse versée par le CROUS (centre régional des œuvres universitaires et scolaires). Les écoles ont mis en place des systèmes de bourses maison sur critères sociaux et/ou de mérite. Avec un peu plus d'un cinquième du montant des frais de scolarité redistribués en première année en 2016, l'EDHEC est la plus généreuse.

En terminant votre cursus en alternance. Dix-sept écoles de commerce postbac vous donnent la possibilité d'effectuer une partie de votre formation en occupant un poste dans une entreprise. La formule assure la prise en charge de vos frais de scolarité par l'entreprise et un salaire mensuel égal à un pourcentage du SMIC.