1. Palmarès des grandes écoles de commerce 2017 : comment les ESC forment les managers 2.0
Palmarès des grandes écoles de commerce 2017 : comment les ESC forment les managers 2.0

Palmares-des-ecoles-de-commerce-postbac-en-4-ou-5-ansDécouvrez tous les résultats de notre palmarès des grandes écoles de commerce 2017

Un commercial avec son attaché-case et son costume trois pièces, destiné à faire carrière dans la PME locale après trois ans d'une formation concrète... Si c'est l'image que vous avez des écoles de commerce, il faudra repasser... Déjà, on ne dit plus "ESC", mais "école de management". Depuis quelques années déjà, celles qui formaient surtout aux métiers du commerce se sont ouvertes et préparent désormais à toutes les fonctions de l'entreprise, et au-delà. Même si l'audit, la vente ou la finance continuent de tenir le haut du pavé, on trouve de plus en plus de diplômés dans les nouvelles technologies, le développement durable ou la culture. Plus récemment, en proie à la concurrence, les business schools hexagonales n'ont pas eu d'autre choix que de se transformer pour s'adapter à une économie numérique de plus en plus globalisée.

À HEC, 43 % des diplômés n'ont pas fait de prépa

Fini le temps où toute la promotion sortait de prépa "HEC". Désormais titulaires d'un BTS (brevet de technicien supérieur), d'un DUT (diplôme universitaire de technologie), étudiants d'une licence deuxième année, de classes prépas littéraires, ingénieurs peuvent prétendre à l'entrée dans une école de commerce... : alors que le vivier des classes préparatoires commerciales n'augmente pas, les écoles ont ouvert leurs portes à de nouveaux profils. Ces étudiants, entrés par la voie des admissions parallèles, représentent entre 20 % et 79 % des effectifs – et 43 % à HEC. Et ils constituent une vraie richesse pour les établissements : "Il y a une vingtaine d'années, les écoles étaient très marquées socialement et culturellement. Aujourd'hui, on connaît un mélange très salutaire", assure un directeur d'école.

Déborah, en troisième année à l'EM Strasbourg, en mesure les bienfaits dans le cadre des travaux de groupe : "Les élèves de prépas ont une grosse capacité de travail et des qualités de conceptualisation. Les titulaires d'un DUT ou d'un Bachelor, comme moi, ont une longueur d'avance sur les matières techniques, qu'ils ont déjà abordées. Cette diversité est intéressante, elle nous oblige à dialoguer, à s'entraider." Autant de compétences indispensables dans un monde où l'entreprise fonctionne de plus en plus "en mode projet", un mode d'organisation moins hiérarchique et plus décloisonné.

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Audencia forme des ingénieurs managers

Pour piloter ces projets transversaux, l'entreprise a besoin de managers dotés d'une compréhension globale de son fonctionnement et parfois possédant une "double culture" professionnelle : ingénieur-manager, designer-manager, juriste-manager, etc. Afin de répondre à ce nouveau paradigme, les business schools ont lancé des doubles diplômes, en partenariat avec des écoles ou des universités françaises. Audencia travaille main dans la main depuis plusieurs années avec les écoles d'ingénieurs et d'architecture voisines. L'alliance Centrale-Audencia-ENSA Nantes (44) a débouché entre autres sur la création d'un parcours ingénieur-manager, aujourd'hui très reconnu. "J'ai acquis un solide bagage scientifique, mais surtout, je me suis frottée à deux manières de penser, de réagir. Le parcours m'ouvre déjà pas mal de portes en termes de stages", témoigne Anaïs, 23 ans.

"Les ingénieurs-managers sont particulièrement prisés dans certains domaines comme l'audit ou pour des fonctions de conseil dans les métiers qui nécessitent des compétences en analyse de données", explique Céline Bressanges, chargée de recrutement senior chez PwC. Leurs points forts ? "Une vision à 360 degrés du métier, qui leur permet de tisser des relations de confiance avec les clients ; une adaptabilité et une capacité à développer une approche internationale."

À l'ESCP, plus d'un étudiant sur deux est étranger

En quête de relais de croissance et d'un plus grand brassage culturel, les grandes écoles accueillent de plus en plus d'étudiants étrangers. Tous programmes confondus, ils représentent 51 % des effectifs à l'ESCP Europe, 47 % à Grenoble École de Management et à HEC, et 44 % à Rennes School of Business. Un bain multiculturel indispensable à la formation de tout futur manager, estime Olivier Aptel le directeur de l'école bretonne.

Si le monde des affaires est sans frontières, les barrières culturelles et religieuses, elles, n'ont pas disparu, et il faut apprendre à travailler ensemble. "Par exemple, quand on prépare une présentation, les Chinois nous envoient leur partie à 4 heures pour un rendu prévu à 8 heures, et les Allemands huit jours auparavant... Au début, c'est surprenant, mais cela nous apprend la tolérance", témoigne Irina, étudiante à l'école rennaise.

Au fur et à mesure que le corps professoral gagnait des enseignants-chercheurs, sous la pression des labels internationaux, il s'est aussi considérablement internationalisé. Selon le directeur adjoint de GEM, Jean-François Fiorina, "les accréditations internationales sont un moyen d'attirer les meilleurs professeurs du monde et d'enrichir l'expérience pédagogique". À Rennes School of Business, qui compte 85 % de professeurs étrangers, Irina a pu l'observer : "Même si tous les professeurs avaient une approche globale, leurs méthodes pédagogiques et les exemples d'entreprises cités étaient vraiment différents d'une nationalité à l'autre. Je me souviens d'un professeur indien en webmarketing qui nous parlait toujours de Tata, le premier groupe industriel de son pays."

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Plus de la moitié des grandes écoles ont un campus à l'étranger

Mais "l'internationalisation à la maison" ne remplace pas l'expatriation, désormais incontournable. Simon, 24 ans, qui termine sa scolarité à l'ESDES (Lyon) conserve de son échange dans une université finlandaise le souvenir d'une expérience très formatrice : "On doit parler anglais, trouver un appartement et réussir ses études tout en abordant des manières d'apprendre différentes, cela fait vraiment mûrir !" Les écoles ont signé des accords avec des universités du monde entier, où elle envoient leurs élèves pour un ou deux semestres d'échange. Les plus mordus peuvent choisir d'y passer un an pour décrocher un double diplôme.

Plus de la moitié des écoles se sont aussi dotées de campus à l'étranger où les étudiants suivent des cours en lien avec les problématiques locales. Skema BS, qui en a fait sa marque de fabrique, promet une véritable immersion et a pris soin d'implanter ses campus à proximité d'universités ou d'entreprises, comme à Raleigh (États-Unis), où les étudiants peuvent profiter gratuitement des infrastructures sportives et de la vie étudiante de l'université d'État de Caroline du Nord.

Fini les cours en amphi

De Skema BS en passant par l'EM Lyon (Écully, Saint-Étienne, Paris, Shanghai et Casablanca) ou l'ESSEC (Cergy, Paris, Rabat, Singapour et bientôt l'île Maurice), les écoles se présentent comme des écoles mondiales au sein desquelles les étudiants circulent à leur rythme. Les maquettes, hyperflexibles, leur permettent de puiser dans des cours au choix pour se forger un parcours sur mesure.

Pour suivre les étudiants dans leurs déplacements, les établissements ont investi dans de coûteuses plates-formes de e-learning et dans des outils de visioconférence qui leur permettent, où qu'ils soient, d'étudier ou de communiquer avec leurs pairs. L'enseignement dépasse largement le face-à-face traditionnel entre professeur et élève. Selon le principe de la "classe inversée", les élèves révisent en amont via le e-learning, le cours étant ensuite consacré au débat ou à l'approfondissement de notions. Quant au professeur, il n'est plus là seulement pour dispenser des connaissances mais pour guider les étudiants.

Mener des missions pour des entreprises

Plus interactifs, les cours en école de commerce demandent aux étudiants davantage d'engagement. "Hier, on formait au changement en amphi, aujourd'hui on demande aux étudiants de l'expérimenter", résume Thomas Froehlicher, le directeur général de Kedge BS. À GEM, les étudiants de première année testent les conséquences des différents modes de management, en endossant le costume d'employé d'une chaîne de montage de l'entreprise Caterpillar...

En marketing ou en comptabilité, les cas théoriques ont fait place à des missions réelles pour des entreprises, intéressées par le regard des "digital natives". L'EM Lyon va accueillir dans les murs de son nouveau campus parisien, Visiativ Solutions, une filiale de Dassault Systèmes, spécialisée dans la transformation digitale des entreprises. "Nos étudiants testeront en live leurs produits et les présenteront à d'autres entreprises", indique Bernard Belletante, son directeur général. À travers tous ces exercices, il s'agit de développer la créativité des étudiants.

Des étudiants en quête de sens

Les écoles accordent également de plus en plus de place au savoir-être (soft skills) et à la formation de "managers responsables". À l'ESSCA, l'éthique s'invite dans tous les cours. Une nécessité pour sa directrice, Catherine Leblanc : "Il est important pour un étudiant de s'interroger sur le sens de ses actions, de s'engager dans certaines causes et de former son esprit critique."

Dans le cadre du parcours associatif de GEM, Julie Auffray a contribué à développer "Ecofest", un label éco-responsable pour les événements étudiants. Aujourd'hui diplômée, elle est chef de projet chez Ashoka, un réseau d'entrepreneuriat social. "L'avenir, c'est l'entreprise qui reconnecte avec une croissance beaucoup plus innovante et durable."

Des incubateurs pour accompagner la naissance des entreprises

Entré dans les écoles au début des années 2000, l'enseignement à l'entrepreneuriat s'est structuré et professionnalisé à mesure que la digitalisation démocratisait la création d'entreprise. Pour les accompagner, les business schools ont monté des filières dédiées.

Après un premier projet entrepreneurial avorté, Johan a rejoint en quatrième année le master entrepreneuriat de l'ESSCA : "Nous avons bénéficié de cours de leadership, d'innovation, de créativité et, pendant une semaine, nous devions proposer un projet, c'était passionnant." Depuis, avec des amis, il a cofondé Tweady, une application qui permet de partager des tenues, puis d'acheter les vêtements en ligne.

La plupart des écoles ont créé des "incubateurs d'entreprise", où elles mettent à disposition des étudiants, des bureaux, des ateliers de créativité et des conseils de professionnels pour qu'ils puissent faire aboutir leur projet.

Même si tous les diplômés n'ont pas vocation à transformer l'essai, ce travail autour de la création d'entreprise est une manière d'apprendre la prise de risque : "Notre défi pour les vingt prochaines années est de développer la créativité et l'adaptabilité de nos étudiants qui vont évoluer dans un environnement professionnel beaucoup moins réglementé, estime Bernard Belletante, le directeur général de l'EM Lyon. On évoque la fin du salariat, de nouvelles formes d'entreprises vont apparaître, avec des multi-employeurs..." De quoi donner de nouvelles idées d'évolution aux business schools !

Les frais de scolarité continuent de s'envoler...

Professeurs internationaux, campus à l'étranger, équipements numériques dernier cri... La montée en gamme des écoles de commerce a un coût, et alors que leurs ressources étaient en chute libre (taxe d'apprentissage, dotations des chambres de commerce et d'industrie), beaucoup ont revu à la hausse leurs frais de scolarité.

En 2016-2017, il vous faudra débourser en moyenne 10.123 € par an pour étudier dans l'une des 38 écoles de commerce masterisées. Soit environ 4 % de plus qu'il y a un an, et 11,4 %, qu'il y a quatre ans, c'est-à-dire une augmentation moyenne de 1.000 €.

Les établissements qui recrutent après le bac affichent des prix plus doux (9.095 € de prix moyen par an) que les écoles après classes préparatoires (10.658 €), mais sur la durée – cinq ans contre trois –, l'addition est plus salée. À titre de compensation, la plupart des business schools ont instauré des systèmes de bourses au mérite et/ou sur critères sociaux.

Si vous voulez comparer avec le palmarès 2016
- Palmarès 2016 des grandes écoles de commerce, selon le critère de l'excellence académique
- Palmarès 2016 des grandes écoles de commerce, selon le critère de l'excellence internationale
- Palmarès 2016 des grandes écoles de commerce, selon le critère de la proximité avec les entreprises