DOSSIER : LE SOUTIEN SCOLAIRE GRATUIT À L’ÉCOLE
Si vous n'avez pas les moyens de faire appel aux organismes privés, l'école propose des modules gratuits de soutien scolaire. A qui est-il particulièrement destiné, et comment en profiter ?
Le soutien scolaire personnalisé pour les élèves en difficulté
Depuis la rentrée 2008 et dans le cadre de la réforme de l’école primaire, chaque enseignant doit désormais consacrer 2 heures par semaine, sous la forme de soutien personnalisé, pour accompagner les élèves les plus faibles. L’objectif affiché est ambitieux : diviser par 3, d’ici à 5 ans, le nombre d’élèves (15 %) qui terminent le CM2 en grande difficulté, c’est-à-dire qui ne maîtrisent ni la lecture, ni l’écriture. L’aide personnalisée est assurée par l’enseignant de l’enfant qui a l’avantage de bien connaître ses lacunes et ses difficultés. Elle se déroule sous forme de séances qui durent de 30 à 40 minutes au moment de la pause du midi, et elles portent surtout sur les mathématiques et le français.
Une différence stigmatisée
Les syndicats enseignants restent cependant dans l’ensemble assez sceptiques : "Désormais, le temps scolaire n’est plus le même pour tous. C’est une rupture fondamentale : le fait d’être obligé de suivre des modules supplémentaires est vécu par certains enfants comme quelque chose de très stigmatisant", assure Claire Krepper, secrétaire nationale éducation de l’UNSA (Union nationale des syndicats autonomes). C’est le revers d’une idée a priori généreuse mais qui tient peu compte de la psychologie (ou la susceptibilité légitime) des enfants. D’un projecteur une fois de plus braqué sur les mêmes enfants – les plus en retard qui doivent rester en classe alors que leurs camarades peuvent partir en récréation – naît un sentiment d’injustice.
Un rythme scolaire accéléré
Une constatation partagée par Stéphanie Barbier, de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques) : "Sur Paris, les conseils des maîtres ont fixé les trois séances de 40 minutes hebdomadaires sur la tranche horaire du midi. Les enseignants s’occupent de petits groupes de 5 enfants désignés comme les plus en difficulté, ce qu’ils vivent parfois très mal car pendant ce temps-là leurs petits camarades sont en récréation. D’une certaine manière, cela institutionnalise ce que beaucoup d’enseignants faisaient déjà de façon informelle à la fin du cours. Aujourd’hui, les parents sont rassurés, même si cela reste un soutien ponctuel pour des petites difficultés. Résultat, on a enlevé des heures de cours à tous en supprimant le samedi matin, et on aide certains élèves mais pas d’autres, ce qui peut être surtout pénalisant pour les élèves moyens. On est devenu plus exigeant en moins de temps. Le rythme scolaire s’est accéléré."
Ces cours supplémentaires sont-ils efficaces?
Ces deux heures de soutien personnalisé sont apparues d’autant plus incompréhensibles pour les équipes enseignantes que leur mise en place est allée de pair avec une suppression progressive des RASED (réseaux d’aides spécialisées aux enfants en difficulté). Les enseignants spécialisés de ces réseaux s’occupaient en effet des élèves en difficulté sur les matières fondamentales. Ils partaient du principe simple qui veut que lorsque la difficulté est trop grave, il faut mettre en place d’autres méthodes d’apprentissage. Or les enseignants "généralistes" ne savent pas toujours user d’autres méthodes. Pour l’instant, aucune évaluation sérieuse du dispositif n’a été faite. On peut facilement faire l’hypothèse que ce temps supplémentaire peut être utile pour des enfants qui n’ont pas encore complètement décroché, autrement dit ceux qui ont seulement besoin d’un temps supplémentaire pour se faire expliquer à nouveau des notions qui n’ont pas été bien comprises dans le cadre collectif de la classe.
Une différence stigmatisée
Les syndicats enseignants restent cependant dans l’ensemble assez sceptiques : "Désormais, le temps scolaire n’est plus le même pour tous. C’est une rupture fondamentale : le fait d’être obligé de suivre des modules supplémentaires est vécu par certains enfants comme quelque chose de très stigmatisant", assure Claire Krepper, secrétaire nationale éducation de l’UNSA (Union nationale des syndicats autonomes). C’est le revers d’une idée a priori généreuse mais qui tient peu compte de la psychologie (ou la susceptibilité légitime) des enfants. D’un projecteur une fois de plus braqué sur les mêmes enfants – les plus en retard qui doivent rester en classe alors que leurs camarades peuvent partir en récréation – naît un sentiment d’injustice.
Un rythme scolaire accéléré
Une constatation partagée par Stéphanie Barbier, de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques) : "Sur Paris, les conseils des maîtres ont fixé les trois séances de 40 minutes hebdomadaires sur la tranche horaire du midi. Les enseignants s’occupent de petits groupes de 5 enfants désignés comme les plus en difficulté, ce qu’ils vivent parfois très mal car pendant ce temps-là leurs petits camarades sont en récréation. D’une certaine manière, cela institutionnalise ce que beaucoup d’enseignants faisaient déjà de façon informelle à la fin du cours. Aujourd’hui, les parents sont rassurés, même si cela reste un soutien ponctuel pour des petites difficultés. Résultat, on a enlevé des heures de cours à tous en supprimant le samedi matin, et on aide certains élèves mais pas d’autres, ce qui peut être surtout pénalisant pour les élèves moyens. On est devenu plus exigeant en moins de temps. Le rythme scolaire s’est accéléré."
Ces cours supplémentaires sont-ils efficaces?
Ces deux heures de soutien personnalisé sont apparues d’autant plus incompréhensibles pour les équipes enseignantes que leur mise en place est allée de pair avec une suppression progressive des RASED (réseaux d’aides spécialisées aux enfants en difficulté). Les enseignants spécialisés de ces réseaux s’occupaient en effet des élèves en difficulté sur les matières fondamentales. Ils partaient du principe simple qui veut que lorsque la difficulté est trop grave, il faut mettre en place d’autres méthodes d’apprentissage. Or les enseignants "généralistes" ne savent pas toujours user d’autres méthodes. Pour l’instant, aucune évaluation sérieuse du dispositif n’a été faite. On peut facilement faire l’hypothèse que ce temps supplémentaire peut être utile pour des enfants qui n’ont pas encore complètement décroché, autrement dit ceux qui ont seulement besoin d’un temps supplémentaire pour se faire expliquer à nouveau des notions qui n’ont pas été bien comprises dans le cadre collectif de la classe.
Découvrez aussi les formules de l'étude, et pour les élèves issus de ZEP.
Pour aller plus loin : le soutien scolaire au collège.
Voir aussi : le soutien scolaire, combien ça coûte ?
Frédérique Letourneux








