DOSSIER : MON ADO VA MAL : DIFFICULTÉ PASSAGÈRE OU SOUFFRANCE ?
S’inquiéter du bien-être de sa progéniture lorsqu'elle connaît les incertitudes de l’adolescence, c’est normal. Mais les parents ont tendance à dramatiser. Deux psychiatres spécialistes de l’adolescence, Philippe Jeammet et Xavier Pommereau, nous aident à faire la différence entre les difficultés passagères et les véritables souffrances.
Parents d’ado : prévenir les souffrances, accompagner les difficultés
"L’enfant a besoin d’entendre : j’ai confiance en toi"
Il ne faut pas s’alarmer si l'ado a ponctuellement du mal à se faire des amis, à aller à l’école avec plaisir ou stresse avant un contrôle. Pour Philippe Jeammet, les parents qui diraient à leur enfant "Mon pauvre petit, tu souffres, reste à la maison" viendraient le conforter dans l’idée qu’il n’a pas de ressources. Alors qu’il a besoin d’entendre : "J’ai confiance en toi". Le psychiatre rappelle que le rôle éducatif des adultes est d’accompagner les plus jeunes dans la gestion de ces situations normales de la vie, sans s’apitoyer, mais "en leur apprenant à relativiser".
Prendre conscience de la pression subie par les jeunes
Relativiser, pas si simple lorsqu’on connaît la pression qui pèse souvent sur les adolescents. "Non seulement ils vont au collège en pensant qu’ils ont intérêt à travailler, sans quoi ils n’ont pas d’avenir, mais en plus, ils ont des journées très chargées, note le psychiatre Xavier Pommereau. A un âge où l’on est très fatigué par la puberté, certains collégiens commencent leur journée à 6h et rentrent à 19h. Ils prennent un bus ou un train en stressant à l’idée d’arriver en retard au collège et avalent leur repas dans un réfectoire bruyant comme un hangar. Vous parlez d’une pause !"
Augmentation des troubles digestifs… et des problèmes de peau
Egalement responsable du pôle Aquitain de l’adolescence au CHU de Bordeaux, Xavier Pommereau note une augmentation des troubles digestifs chez les jeunes, signes de leur anxiété. Sans compter les problèmes de peau. "Le dermatologue est le premier spécialiste que consultent les ados, assure le psychiatre. Pas seulement pour l’acné, aussi pour des rougeurs, de l’eczéma, des allergies..." S’il reconnaît que la pollution doit avoir sa part de responsabilité, il n’hésite pas à lier ces symptômes au stress. Et préconise la mise en place de temps de relaxation et de détente dans l’emploi du temps des adolescents. Une suggestion pour la réflexion en cours sur les rythmes scolaires.
Octobre 2010
















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