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Zoom sur l’Ecole de Design : Fabienne Münch, directrice

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Design

l'Ecole de Design de l'Université de Montréal // © UdeM

Peu connue et un peu « noyée » dans cette grande université de 60 000 étudiants, l'Ecole de Design de l'Université de Montréal est pourtant un « petit joyaux » pour reprendre les mots de sa directrice, Fabienne Münch. C'est en 1969 que l'école du design industriel a ouvert son premier programme sous l'impulsion de Rino Petrini.

S'il n'y a pas un design canadien à proprement parler, on y retrouve certains aspects spécifiques dans l'approche de certaines problématiques, on parle même de design nordique. « De nombreux projets étudiants s'intéressent à des problématiques idiosyncratiques, issues des contextes géographiques et socio-culturels : le design nordique, le design social, sans oublier les principes fondamentaux de l'éco-conception qui est présente dans tous les programmes et la quasi-totalité des projets de design. Le design numérique et les technologies de l'information ont aussi une place grandissante, tant dans les programmes que dans les laboratoires de recherche des professeurs de l'école », souligne Fabienne Münch. Dans un pays aussi vaste que le Canada où beaucoup de ressources ne sont pas exploitées, comment s'intéresse-t-on au cycle de vie des produits qu'on va développer ou au retour à la matière pour créer un nouveau produit dans une démarche de design ? Autant de questions auxquelles les étudiants sont invités à répondre quotidiennement.

Etudier le design à Montréal, c'est une aubaine d'après la directrice. Ils sont de plus en plus nombreux à être d'abord attirés par la ville. « Montréal est une ville vibrante où il se passe beaucoup de choses. La ville possède aussi une capacité de réponses extrêmement rapide à tout lancement de projets », soutient Fabienne Münch. L'autre point fort : la très grande liberté d'entreprise influencée par la culture nord-américaine. Il y a un réel esprit d'initiative qui permet d'avoir une rotation très vive et énergisante pour les étudiants.

Les facteurs d'attraction résident également dans l'explosion de l'interdisciplinarité au 2e et 3e cycle avec une contribution de tous les professeurs de la faculté dans les programmes. Mais pas seulement. « Notre école de design ne trouve pas ses racines dans les arts appliqués. En design intérieur, on ne délivre pas des diplômes d'art mais de science : ce n'est pas exactement la même approche que les écoles Boulle ou Camondo en France. L'interaction de l'être avec l'environnement intérieur est centrale à tous les enseignements. Cela suscite l'intérêt de nombreux étudiants. »

Si la maîtrise de recherche lancée en 2001 qui s'interroge sur le design et sa complexité dans ses paramètres attire beaucoup d'étrangers, le DESS en design de jeux n'a rien à lui envier. « Créé en 2006, c'est un programme unique et jeune qui réunit une vingtaine d'étudiants par an. Il résulte d'une demande formulée par Ubisoft qui avait besoin d'étudiants diplômés en design de jeux, en complémentarité des programmeurs ».

Donner un rôle au designer dans la société et dans le monde : telle est la devise de l'Ecole de design de l'Université de Montréal. Rien d'étonnant donc à ce que des étudiants commencent à s'intéresser à l'application du design de jeu dans le domaine de la santé. « L'utilisation du jeu en tant que conception ludique pour permettre à des hôpitaux de trouver de nouvelles approches de la personne à un stade thérapeutique complexe est en train d'émerger », confie Fabienne Münch. Les futurs designers sont invités à se pencher sur la question des enfants handicapés : comment le design peut-il aider à répondre à des problématiques complexes de facteurs humains présentant des handicaps moteurs ? Comment concevoir des solutions qui évoluent avec l'âge ? Enfin, design prospectif oblige, les étudiants réfléchissent aux questions de mobilité, de vieillissement des populations, d'énergies alternatives et aux nouveaux modes de transport à l'horizon 2025 en s'interrogeant – avec les ingénieurs de Polytechnique – sur ce qu'ils pourraient offrir aux passagers et de quelle manière.