Le haunting : hanter son ex sur les réseaux sociaux

Oublier son ex, difficile quand sur les réseaux, vous avez de nombreuses notifications qui vous rappellent son existence. Décryptage du haunting, un phénomène numérique qui n'aide pas à tourner la page.

Le haunting peut vite tourner au cauchemar.
Le haunting peut vite tourner au cauchemar. // ©  2Cfilms

Il y a peu, le "ghosting" faisait la une des articles dédiés aux relations amoureuses. Derrière ce terme – qui vient de l’anglais ghost (fantôme) – se cache un nouveau mode de rupture : disparaître en silence. Autrement dit, le "ghosteur" fait le mort tandis que le "ghosté" subit la séparation sans la moindre explication. Mais les fantômes n’ont pas dit leur dernier mot. 

Après ceux qui fuient sans laisser de traces ou de SMS, il y a ceux qui nous hantent alors qu’on tente coûte que coûte de les oublier. Et s’ils continuent d’exister dans nos vies (et donc dans nos cœurs), c’est grâce (ou à cause) des réseaux sociaux. Notre ex like nos posts, nos photos et balance sa vie en Stories Instagram. On était parti pour la ou le zapper mais rien n’y fait : chaque interaction 2.0 nous rappelle à son bon (ou sale) souvenir. On parle alors de "haunting".

Le fantôme est malin

Celui que l’on pourrait appeler le "haunteur" n’est pas fou. Il ne lève pas le pouce à chacun de nos statuts simplement parce que l’on écrit bien ou que nos photos valent le coup d’œil. S’il le fait, c’est pour le plaisir vicieux de nous faire réagir. Pourquoi pratiquer un tel jeu ? Peut-être bien pour nous garder sous le coude. Et là, on parle de "breadcrumbing", en anglais miettes de pain. En gros, le "breadcrumbeur" nous jette du pain comme à un bon vieux pigeon histoire de nous tenir en haleine. 

Le "haunteur" est donc malin, il apparaît volontairement dans les vues de notre story et continue de partager sa vie online pour qu’on ne le relègue pas à la cave. Derrière ce comportement, une grosse part d’égo s’exprime. Le "haunteur" aime briller et ne veut pas qu’on le zappe, même si c’est lui qui est parti. 

Plus rarement, le "haunteur" est le quitté et désire tout simplement nous faire payer notre départ. Et ça ne change rien à cette affaire d’égo, le principe est le même. En somme, notre ex nous manipule, alors même qu’on pourrait prendre ça pour de l’inattention ou de la politesse.

Soyez plus futé que le fantôme

Le souci, c’est que le "haunting", on a tendance à le chercher. Après une rupture – ne nous mentons pas – on envisage de supprimer notre ex de nos réseaux mais quelque chose nous retient, que l’on soit à l’initiative de la séparation ou non. On a envie de savoir ce qu'il devient et aussi avec qui il sort. Pour ça, Internet est la meilleure des commères et nous évite de poser dix milliards de questions à nos amis communs. C’est en toute discrétion qu’on espionne l’autre. Et ça devient un tel réflexe que l’on ne s’en aperçoit même plus. Une habitude qui nous fait du mal et qui entretient nos sentiments… ou notre égo (encore lui) qui a besoin d’être rassuré (pourvu que notre ex mène une vie pourrie depuis qu’on n’est plus ensemble). Alors il y a deux choses : oui, notre ex nous provoque quand il réagit à nos posts, mais rien ne nous oblige à surveiller les siens. À l’ère numérique, le seul comportement à adopter si vous désirez tourner réellement la page est de quitter votre ex virtuellement, lui qui ne s’est pas gêné pour le faire IRL. Vous savez alors ce qu’il vous reste à faire !

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