"Je n’arrive pas à me concentrer"

Vous vous interrompez sans cesse, la moindre mouche qui vole suffit à vous distraire, vous avez le sentiment que votre cerveau 
n’est pas au top ? Pour être efficace, vous devez apprendre à fixer votre attention. À chacun sa méthode : trouvez celle qui vous convient… et entraînez-vous !

Comment restez-vous concentré en cours ?
Comment restez-vous concentré en cours ? // ©  HoodDocumentary

“Depuis l’école primaire, j’ai du mal à me concentrer en classe. Je me suis toujours assise à côté de mes copines, et nous bavardions. Au collège, les professeurs n’hésitaient pas à me faire changer de place au cours de la journée… Je ne comprenais pas l’enjeu car j’avais des facilités et je m’en sortais très bien. C’est au lycée que cela a commencé à être embêtant. On nous considère davantage comme des jeunes adultes, responsables de notre réussite, et les professeurs faisaient souvent abstraction lorsque je bavardais ou que j’utilisais mon portable, discrètement, pour envoyer des messages ou participer à des jeux. J’étais comme absente, et mes notes ont baissé.” Adrienne, 17 ans, en terminale L au lycée Pierre-Brossolette, à Villeurbanne (69), a identifié son problème qui devenait un vrai handicap.

Elle a décidé de se ressaisir. “J’ai compris qu’il fallait que je me prenne en main si je ne voulais pas décrocher. Ainsi, dans les matières où j’avais de plus en plus de mal, j’ai décidé de m’asseoir seule ou à côté d’élèves sérieux. J’éteignais toujours mon mobile. Se concentrer est devenu plus simple, peu à peu ; maintenant, je sais que c’est une question d’autodiscipline et de maturité.”

Entendre, comprendre et se souvenir

Enseignants, parents, amis vous demandent d'être attentif… ce qui ne signifie pas être calme et obéissant ! Il s'agit de concentrer l’énergie de son cerveau pour bien entendre, bien comprendre, bien voir, se souvenir et rester alerte. Après avoir bien lu cet article, vous réaliserez qu’une bonne concentration permet de travailler mieux, efficacement, plus vite et… presque sans effort.

“Le problème, c’est que l’attention a tendance à bouger tout le temps et dans tous les sens, alors que, justement, se concentrer, c’est arriver à la maintenir sur une cible”, explique Jean-Philippe Lachaux. Et pour ne pas être détourné de sa cible, il est important de… rester stable. Comment ? En vous arrêtant pour ajuster votre attention.

C’est l’astuce de Luca, 18 ans, en terminale STMG au lycée Thiers, à Marseille. “J’avais du mal à me canaliser ; en plus, j’ai fumé beaucoup de joints à une époque, ça n’aide pas. Et les journées sont longues, les cours pas toujours hyper intéressants… Cette année, c’est le bac, alors je me suis dit qu’il fallait que je m’investisse sinon j’allais le regretter. J’ai trouvé une super technique pour être attentif : je me mets au premier rang. Être face au professeur, en contact direct avec son regard et à proximité du tableau me permet de ne pas me laisser distraire.”

Mais ça ne suffit pas toujours : “Je me ressaisis régulièrement quand je sens que ma tête s’évade. Je me dis ou j’écris sur un papier : ‘OK, tu prends quelques secondes de pause parce que tu t’ennuies ou tu fatigues, mais maintenant tu t’y remets.’” Astuce validée par les scientifiques !

Démarrez pas à pas

Vous n’allez pas devenir un as de la concentration en un coup de baguette magique. Le cerveau est malléable mais aussi capricieux et il a besoin de temps pour changer ses petites habitudes. Joanna, 16 ans, en seconde au lycée Sophie-Germain, à Paris, l’a compris depuis le collège, grâce à son professeur de français. “Nous avions des cours de méthodologie pendant les heures d’accompagnement personnalisé. Notre professeur avait trouvé notre classe de quatrième très dissipée ; avec lui, nous nous sommes entraînés à nous concentrer sur des missions courtes, de trois ou quatre minutes, raconte la jeune fille. Nous devions lire très attentivement un texte, puis le résumer le plus clairement possible. Ensuite, nous faisions une mini-pause, en nous étirant et en bâillant. L’idée était de pouvoir enchaîner plusieurs missions en une heure. C’était génial.”

Lancez-vous des défis quotidiens

“Au début de l’année, quand j’arrivais chez moi le soir et que je devais faire une tonne de devoirs, je ne savais pas par quoi commencer et je n’arrivais pas à me concentrer, se souvient Zoé, 17 ans, en terminale S au lycée Ravel, à Paris. J’ai adopté la méthode du planning, très détaillé avec des listes de tâches à accomplir ; j'indique en face de chacune d’elles un temps de travail. J’ai investi dans un minuteur de cuisine, et je m’astreins à respecter les délais. Pas plus de dix minutes pour un petit exercice de maths, par exemple.”

Autre astuce soufflée par Zoé : la promesse. “Je me lance des défis, quotidiens ou hebdomadaires. Je me promets d’avancer les révisions sur tel chapitre ou de rédiger tant de fiches pour le bac, et comme je suis une fille de parole, j’essaie de me dire que j’ai juré, donc que je le fais !”

Félicitez-vous !

Ça marche pour la concentration mais aussi pour toutes vos réussites : il est bon de se féliciter, surtout quand les autres (parents, enseignants, amis) ne le font pas assez souvent – parfois ils oublient ! Ça vous permet de regonfler votre ego et nourrit votre confiance en vous. Et cela relance la machine dans sa globalité.

Méthode testée et validée par Simon, en L1 de cinéma à l’université Paris 8 : “Mon médecin pratique l’hypnose, et il me fait travailler l’encouragement dans chaque étape positive. Quand j’ai tenu vingt minutes d’affilée à mon bureau pour rédiger un travail important, je m’arrête, je mange un carré de chocolat, j’écoute un morceau de musique ou je joue avec mon chat. Ça suffit : c’est le signal que je suis content de moi.”

Pendant vos devoirs, faites des pauses

Violette, 21 ans, en L3 de droit à Lyon 3, a découvert son propre remède : le sport. “Même chez moi, je me déconcentrais souvent ! Alors, quand c’est trop dur, je pars faire du sport, que ce soit un tour de vélo, une trentaine de minutes de course à pied ou quelques brasses dans une piscine : cela me fait un bien fou. Je me sens bien mieux et plus apte à travailler après. Je sais que je ne peux pas rester concentrée des heures et des heures.”

Sortir, c’est aussi l’astuce de Simon : “Parfois, lorsque j’ai un problème personnel ou que je ne suis pas très en forme, je suis incapable de me mettre au boulot ou de me concentrer. Dans ces cas-là, ce n’est pas la peine d’insister, je vais faire un tour dehors, m’aérer l’esprit, ou voir un copain pour discuter. Cela va mieux après. Lorsque les soucis prennent trop d’ampleur, je préfère remettre le travail au lendemain, car je sais que je ne serai pas efficace, et je prends ma journée pour me reposer ou réfléchir.” Bien sûr, tout est dans la mesure. Alors, cet article ? Vous avez décroché quand ? 

Psychologie Méthodo

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