Tout ce que le planning familial peut faire pour vous

Vous n’avez pas envie de voir votre médecin pour parler contraception ? Quant à demander à votre mère de vous accompagner chez son gynéco, quelle angoisse… Au planning familial, vous pouvez prendre rendez-vous rapidement. C’est gratuit et confidentiel. Reportage à Paris.

Contraception, sexualité, IVG… le planning familial offre un espace de paroles gratuit à tous ceux qui le souhaitent.
Contraception, sexualité, IVG… le planning familial offre un espace de paroles gratuit à tous ceux qui le souhaitent. // ©  ©Marta NASCIMENTO/REA

"Les jeunes femmes viennent ici pour une première contraception, la pause d'un stérilet que leur gynéco leur a parfois refusé sous prétexte qu'elles étaient trop jeunes, pour la pilule du lendemain ou pour pratiquer une IVG... Des sujets qu'il est souvent gênant d'aborder avec le médecin de famille qui vous a connue petite fille", constate Isabelle Louis, animatrice bénévole au centre de planning familial du XIIIe arrondissement à Paris. 

Le Planning familial, créé en 1956, est un mouvement militant qui prend en compte toutes les sexualités, défend le droit à la contraception et à l'avortement et lutte contre toutes les formes de discrimination et de violence. Il regroupe 150 lieux d'information et 29 centres de planification offrant des consultation médicales dans toute la France. Il intervient aussi dans les établissements scolaires, les universités, des foyers, etc.

Ce matin, 5 jeunes femmes sont présentes pour la réunion d'information de 30 minutes, qui sera suivie de consultations individuelles. Ici, elles sont accueillies sans jugement, en toute bienveillance. Pour "briser la glace", Elsa, médecin bénévole, et Isabelle Louis proposent à chaque participante de se présenter. 

Pilule, stérilet, implant ? 

Rita, 19 ans, vient pour une première contraception. "Au début je ne voulais pas de pilule, pas d'hormones... Mais finalement je ne suis pas prête pour un stérilet et j'ai peur d'avoir mal lors de la pose..." La jeune médecin rebondit en demandant aux autres ce qu'elles en pensent, puis fait passer des échantillons de DIU (dispositifs intra-utérins) et un utérus en 3D. Elle explique que la pose d'un stérilet ne prend que quelques minutes, et que, pendant les règles, elle est plus facile

Le silence gêné du début fait vite place à des échanges animés. Anouk, 22 ans, se souvient que la pose du stérilet au cuivre il y a deux ans s'est faite sans problème. "Je suis venue au planning sans carte vitale, sans argent, je n'avais jamais vu de gynéco avant. Je me suis sentie super bien accueillie, je n'ai presque rien senti et je suis repartie avec un DIU au cuivre. Aujourd'hui, j'aimerais le retirer car j'ai parfois des douleurs abdominales, je pense le remplacer par un implant, ou peut-être la pilule mais j'ai peur de l'oublier un jour sur deux." Isabelle Louis la conseille alors : "Vous pouvez prendre certaines pilules trois mois en continu, puis arrêter une semaine, il y a ainsi moins de risque d'oubli, et vous aurez moins souvent vos règles". Les autres réagissent, certaines préfèrent garder des saignements, d'autres non. Au moins ici, on peut en parler sans tabou. 

Pilule du lendemain et IVG médicamenteux 

Les délais d'attente chez le gynéco sont souvent longs, mais au planning, on peut prendre rendez-vous 2 ou 3 jours avant, et même passer en urgence pour un test de grossesse, un test de dépistage du sida ou des IST, une contraception d'urgence ou une IVG médicamenteuse (les avortements chirurgicaux se font uniquement dans les hôpitaux et cliniques agréés).

Céline, 20 ans, vient pour la pilule du lendemain suite à un accident de préservatif. "Un jour, je suis allée la demander en pharmacie pour une copine qui n'osait pas. On voulait m'obliger à la prendre sur place et j'ai refusé. C'était vraiment la honte", se souvient-elle. Isabelle Louis en profite pour rappeler que la pilule du lendemain n'est pas dangereuse et ne rend pas stérile. Elle ne doit pas remplacer une autre contraception, mais on peut la prendre à chaque fois que c'est nécessaire. Poser un stérilet dans les jours qui suivent le rapport non protégé est un autre moyen d'éviter une grossesse. 

Un espace de parole 

Pour les femmes qui ont décidé de faire une IVG, le planning organise des groupes d'échange spécifiques. Certains centres proposent aussi des consultations sur la contraception masculine (et oui, il n'y a pas que le préservatif !), des réunions ou groupes de parole thématiques (violences, genre et santé sexuelle...). Les hommes qui veulent accompagner leur compagne sont aussi les bienvenus, mais ils sont encore rares !

Bon à savoir
Contraception, tests de grossesse ou de sida, consultations, examens, IVG... En centre de planification, tout est anonyme et gratuit pour les mineures et les femmes sans papiers. Pour une IVG, si vous avez moins de 18 ans, vous devez être accompagnée par un de vos parents ou une personne majeure de votre choix. À partir de 18 ans, les frais sont remboursés (application du tiers payant dans certains cas). 
Santé

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