L’interview indiscrète : les premières fois de Jérôme Fernandez

Double champion olympique, triple champion d'Europe, et quadruple champion du monde avec la France, le handballeur Jérôme Fernandez est un athlète légendaire au palmarès exceptionnel. Parrain du Mondial 2017 de handball en France (du 11 au 29 janvier), il s’est prêté au jeu de l’interview "premières fois".

Jérôme Fernandez, un palmarès en or et une carrière d'exception.
Jérôme Fernandez, un palmarès en or et une carrière d'exception. // ©  TIBY Handball

 

La première fois que… j’ai stressé pour un examen

Au collège, de façon générale, on stresse dès qu’on a un gros examen. On a souvent l’impression qu’on a beaucoup travaillé et qu’on n’est pas prêt, et il m’est arrivé de ressentir ça. La philo et le français n’étaient pas des bons souvenirs dans ma scolarité. Je savais que je n’étais pas compétent et que je n’aurai pas la moyenne. Alors, à chaque fois qu'il y avait un contrôle, j’essayais de limiter la casse.

 

La première fois que… j’ai eu une taule à un examen

Mes parents ne me mettaient pas de pression sur les notes. Mais c’est vrai que je me suis pris pas mal de bananes en philo et en français. Je ne lisais pas beaucoup à l’époque. Bon, aujourd’hui, je lis un peu plus. "L’Equipe" (rires) ou la presse en général, donc je lis quand même. Mais je veux dire que je n’ai jamais été un grand fan de littérature. J’ai toujours été bon en orthographe, en grammaire… mais pour les dissertations, c’était plus compliqué.

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La première fois que… j’ai séché

Je ne devrais pas le dire (rires) mais oui, j’ai déjà séché… comme tous les gamins. Après, ce n’était pas forcément volontaire. Par exemple, quand j’étais en sport-études, il arrivait qu’avec la charge d’entraînement et la fatigue, on arrive en retard en cours. Parfois, on avait quinze minutes de retard, mais du coup, comme le cours durait une heure, ça ne valait pas la peine pour trois quarts d'heure. Alors, on n’y allait pas !

 

La première fois que... je me suis acheté tout seul mes fringues

Je n’ai jamais été très fringues. L’argent de poche que me donnaient mes parents, je le dépensais pour les sorties entre copains. Par contre, il y a un jour où je me suis senti bien habillé, c’était le jour où on m’a imposé de porter un costume, à Barcelone. C’était en 2002 et j’avais 25 ans et il fallait être bien habillé. Je l’étais… mais je n’avais pas l’habitude. Quand on est sportif, on est toujours décontracté et là… c’est vrai que ça me changeait !

 

La première fois que… j’ai pris un appart

En 1997, lorsque j’ai signé mon contrat à Toulouse, le club m’a fourni un appartement. Il y avait une chambre, un salon, une cuisine ouverte… j’en avais eu tellement envie que ça ne me dérangeait pas de faire la cuisine ou le ménage. J’étais tellement content de ne plus habiter chez mes parents ! Ensuite, en 2001, quatre ans plus tard, j’ai acheté mon premier appart. J’ai pu le financer grâce à ma prime de champion du monde et à un crédit.

 

La première fois que… j’ai eu une paie (et comment je l’ai dépensée)

La première paie que j’ai eue, c’était quand j’ai signé mon contrat professionel à Toulouse. On gagnait 5.000 francs par mois, mais ça me permettait de faire les courses ou d’avoir de l’argent pour mes sorties. Après, ce n’était pas énorme et il arrivait que ça parte vite. Et certaines fins de mois, je ne mangeais plus que des pâtes (rires) ! Plus tard, je me suis fait un peu plus plaisir quand j’ai eu mon premier vrai salaire. Je me souviens d’avoir fait les magasins. Je me suis acheté un téléphone portable ! C’était encore des téléphones avec des touches (rires). Mais j’étais heureux. Rien que le fait d’avoir un portable, à l’époque, c’était génial !

 

La première fois que… j’ai eu le déclic pour mon métier

Pendant longtemps, mes parents ont été bienveillants envers mon envie de faire du hand, mais ils m’ont fait comprendre que ça ne me permettrait pas d’assurer mes arrières. Alors, avant ça, j’avais d’un côté le handball, que je pratiquais comme un loisir, et de l’autre côté, mes études, car je savais que je ne pourrais pas vivre de mon sport. Et puis, les choses ont changé à l’époque où ma carrière a commencé à prendre de l’élan. Le handball devenait professionnel. J’ai eu le déclic quand je suis rentré en équipe de France espoirs, en 1995. J’avais 18 ans et j’ai fini par comprendre qu’il y avait une possibilité que je gagne ma vie avec le handball. Je me suis dit “tant mieux !” et j’ai donc choisi cette voie.

 

La première fois que… j’ai passé un entretien d’embauche

Lorsque j’étais à Bordeaux, d’autres clubs me contactaient. Alors, je suis allé voir le président de mon club pour lui demander s’il était d’accord pour me faire signer un contrat professionnel. Les choses ne se sont pas bien passées… J’ai demandé un appartement et 5.000 francs par mois (environ 760 €, NDLR). Il était d’accord pour le salaire mais pas pour l’appartement. Toulouse m’offrait les deux, donc je suis parti à Toulouse. Cet entretien a été décisif dans ma carrière car, par la suite, j’ai multiplié les clubs et j’ai eu la chance de découvrir beaucoup d’endroits : en France, dans le monde… Je me suis enrichi d’autres cultures.

 

La première fois que… j’ai eu une galère pro

J’ai subi un accident domestique à l’âge de 23 ans. Je prenais ma douche et je me suis brûlé au troisième degré… J’ai donc été hospitalisé et j’ai été greffé à la jambe gauche. Le médecin m’a alors dit que je ne pourrais plus jamais jouer. J’ai eu l’impression que le monde s’écroulait pour moi. Alors j’ai demandé l’avis d’un autre médecin. Il m’a dit qu’il fallait d’abord attendre de voir comment je réagissais à la greffe. J’ai attendu... et tout s’est bien passé : j’ai pu poursuivre ma carrière. Depuis ce jour, je profite à fond de la vie !

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