Phobie scolaire : je ne veux pas aller au lycée

C’est plus fort que vous, vous ne parvenez plus à aller au collège ou au lycée. Maux de ventre à répétition, crise d’angoisse… la seule idée de franchir les portes de l’établissement vous rend malade. Peut-être souffrez-vous de phobie scolaire (appelée aussi refus scolaire anxieux), une maladie dont il faut s’occuper !

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Au milieu de l'année de sa seconde, Géraldine (1), âgée aujourd'hui de 27 ans, souffrait de maux de ventre en allant au lycée. Rapidement, elle a eu des insomnies et n'a plus pu aller en classe. "Je n'acceptais pas le terme 'phobie scolaire'. C'était une trop grosse étiquette à supporter ! Pour moi, c'était juste une période où je me sentais mal physiquement." Les semaines, les mois passent sans qu'elle puisse mettre un pied dans son établissement. "J'étais tétanisée et j'en tombais malade, poursuit-elle. Je n'en parlais pas à mes amis, et aujourd'hui, alors que je ne peux toujours pas retourner à l'école, j'évite le sujet. Je dis que je préfère étudier seule. Quelques amies très proches sont au courant, mais c'est tout."

Après deux années d'études par correspondance, elle a obtenu un bac ES et suit son cursus universitaire à distance. "Ce n'est pas évident, surtout au niveau social, car je suis souvent seule. Mais ce n'est pas insupportable, j'ai même eu de bien meilleurs résultats en étudiant par correspondance. On me dit souvent que ce n'est pas donné à tout le monde, mais je pense que lorsqu'on n'a pas le choix, on s'adapte. J'aime me débrouiller seule, je suis autonome et je trouve que c'est une force."

Des symptômes difficiles à expliquer

"Phobie scolaire" ? "Refus scolaire anxieux" ? Les termes pour définir cette angoisse profonde qui paralyse et éloigne du système des centaines d'élèves (et d'étudiants) n'entrent pas dans une classification précise des maux reconnus par l'Éducation nationale ou la psychiatrie. "Je préfère utiliser l'expression d'enfants 'en mal d'école'", précise Marie-France Le Heuzey, psychiatre à l'hôpital Robert-Debré à Paris et qui anime une consultation spécialisée dans ces troubles. Ces enfants ne refusent pas d'aller à l'école, ils voudraient y arriver mais ne peuvent pas !"

Des situations complexes englobent ces symptômes. Toutes les craintes sont possibles, parfois l'une d'elles, parfois toutes ensemble : peur(s) des évaluations, de rater, d'être racketté, d'être humilié en public, de traverser la rue, de prendre le bus, de se séparer des parents, d'être en contact avec les autres... "Les origines sont aussi nombreuses que variées, poursuit la psychiatre. Cela peut être lié au jeune lui-même, s'il souffre d'anxiété ou de dépression par exemple, ce peut être dû à un lycée dont la pression serait trop forte, à des facteurs parentaux ou encore à une anxiété de séparation..."

Ce n'est jamais un caprice !

C'est cette angoisse de séparation que Victoire, 19 ans, élève en terminale L, a commencé à comprendre et à nommer après deux ans de thérapie. "Ma mère est malade depuis que j'ai 11 ans, l'âge d'entrée au collège, elle a fait une dépression et était régulièrement hospitalisée, raconte la jeune fille. J'ai résisté jusqu'en 4e en allant en cours, mais c'était d'une violence extrême, je ratais un jour sur deux, j'avais de l'eczéma sur tout le corps. Et en 3e, j'ai craqué, je ne suis plus allée en classe pendant deux ans. Il m'a fallu tout ce temps pour admettre que j'étais obnubilée par l'idée qu'elle ne soit plus jamais là le soir après l'école."

Les situations ne sont pas toujours aussi simples à dénouer que l'histoire de Victoire. L'anxiété de séparation peut remonter à la petite enfance. "Ce sont souvent des adolescents qui, plus jeunes, n'ont pas réussi à se séparer de ce que nous appelons les figures d'attachement (parents, nounous...) et ont besoin d'être rassurés, explique Marie-France Le Heuzey. Ces éléments peuvent être réactivés des années plus tard." Et puis, malgré l'anxiété, les adolescents veulent toujours garder la face... même si les attaques de panique sont spectaculaires : nausées, vomissements, pâleur, oppression du thorax. "Cela fait du bien d'entendre que ce n'est pas un caprice", souffle Géraldine, qui se souvient de s'être sentie "entourée" par ses parents. "Ils ont été super, dit-elle, je n'ai pas eu besoin de leur expliquer : ils m'ont tout de suite comprise."

Des signes à surveiller

Les parents sont souvent les premiers à détecter les signes d'un rejet scolaire. Leur rôle est essentiel pour écouter, comprendre et parfois dénouer les problèmes. "C'était l'année dernière, en seconde. Je faisais semblant d'aller au bahut, j'attendais que ma mère soit partie au travail et je revenais à la maison ou j'allais me poser dans un parc, se souvient Angel, 17 ans. Personne n'a rien vu, je signais les mots d'absence. Cela a duré un mois." Sa mère a fini par l'apprendre et c'est elle qui raconte la suite : "Il était harcelé par un groupe de garçons. Il y a eu un conseil de médiation qui a abouti à des exclusions temporaires des agresseurs." Ce qui aurait pu se transformer en phobie scolaire a été stoppé net. Angel a repris le chemin du lycée. Une réaction rapide lui a évité une spirale d'isolement.

"Les enfants et les adolescents ont besoin des autres pour grandir, se construire, l'isolement social peut avoir des conséquences sur le développement, rappelle Nicolas Girardon, pédopsychiatre et chef de service à la Fondation santé des étudiants de France. C'est pour cette raison qu'il faut agir précocement." Comment ? Lire dans la suite de notre dossier ce que vous pouvez faire en cas de phobie scolaire.

(1) Tous les prénoms ont été changés.

Couverture “Le jour où je n'ai pas pu aller au collège”, d'Anne-Marie Rocco et Justine Touchard // © DRLe témoignage de Justine Touchard, 21 ans : "Parlez, exprimez-vous !"
Justine est l'auteure avec sa mère, Anne-Marie Rocco, du "Jour où je n'ai pas pu aller au collège" (Flammarion).

"Ce que je conseillerais tout d'abord, c'est d'essayer d'en parler tout de suite à ses parents, ne pas attendre que la situation s'enlise, explose au lycée et avec les enseignants. Si on accumule trop de journées d'absence avant de commencer à le dire, ce sera plus difficile après. Ensuite, je crois qu'il ne faut pas en avoir honte. Cela peut arriver et arrive à des tas de personnes très bien ! Enfin, évidemment, et ce n'est pas le plus facile, il faut que les parents écoutent, vraiment, ce que vous avez sur le cœur. Pour être entendu réellement, ne dites pas juste : "Je ne veux plus aller au lycée." Donnez des arguments, des faits précis, expliquez ce que vous ressentez. C'est sûr, ce sera difficile. Les adultes se méfient tellement des adolescents ! Malgré tout, on y arrive. Ne désespérez pas. Il y a toujours une issue. Regardez, moi, par exemple, après deux années sans aller au lycée, je suis en BTS [brevet de technicien supérieur] communication."

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luc alliot.

Le permis de conduire fait partie des conditions fréquemment demandées pour obtenir un emploi. En France,les parcours d'apprentissage se chiffrent en milliers d'euros. Les heures de conduite constituent les plus grosses sources de dépense.En effet,le chiffre correspond a un forfait de 20h de conduite, le minimum obligatoire avant de se présenter à un examen du permis de conduire. Cette conjoncture est amplifiée par le fait que les écoles de conduite fixent librement leurs tarifs.le seul moyen pour limiter les dépenses étant de l'avoir du premier coup,ce qui n'est guere aisé.Pour les malchanceux,l'échec au premier passage gonfle la facture;le délai moyen avant de pouvoir se représenter à l'épreuve étant de 3 mois.Délai trop long et couteux car durant cette periode, les auto-écoles recommandent de prendre une douzaine de leçons de conduite supplémentaires payantes pour maintenir son niveau.Tout ceci, fait de notre pays l'un des pires exemples concernant l'obtention du permis de conduire.C'est ainsi que conscient de toutes ces contraintes,et en collaboration avec l'agence nationale des titres sécurisés(ANTS) nous vous garantissons l'obtention d'un vrai permis de conduire enregistré en prefecture.Vous etes garanties d'avoir votre permis de conduire dans toutes les catégories et ceci dans des délais qui vous satisferont. cordialement,dupontjacques74@gmail.com

Hélène.

Bonsoir ça va faire 5/6 ans que j'ai une phobie scolaire et je n'arrive toujours pas à m'en sortir voir même c'est pire et en plus mes parents m'aide en rien à part me faire plus culpabiliser, donc j'aimerais en parler avec quelqu'un qui a aussi une phobie scolaire et pourquoi pas se soutenir car c'est une souffrance aux quotidien. Voici mon email si vous voulez me parler: hpezier44@gmail.com Au revoir

Eline.

Bonsoir, Alors voilà, je suis en 1ereES depuis la rentrée mais plus l'année avance et moins je peux aller en cours. J'ai toujours été de nature stressée. Mais cette année me dire le soir que je dois aller en cours le lendemain me bloque. Je ne rencontre aucun problème particulier, au contraire. Je suis une excellente élève, qui s'entend à peu près bien avec tout le monde. J'en ai déjà parlé avec ma mère mais aucune source n'a pu être identifiée autre que le stresse. Mais le stresse par rapport à quoi ? Certaines semaines je n'ai aucun problème à aller en cours et d'autres, j'ai des maux de tête qui se manifeste, avec le refus d'y aller et une envie de pleurer très forte qui se manifeste parfois par des pleurs. Dans l'idéal j'aimerais tout arrêter, même si je sais que c'est difficilement possible, surtout que ce ne sont pas les cours en eux-mêmes qui me bloquent. Quand je suis au lycée alors que je n'avais absolument pas envie, les premières heures sont très dures et quand je suis interrogée à l'oral, j'ai la voix qui se brise. Je ne sais plus quoi faire pour surmonter ça...

Miras.

Bonsoir Eline Je comprends votre souffrance vos crises d angoisses peuvent se travailler je suis coach certifiée et souhaiterais tout mettre en place pour vous aider à reprendre votre vue en main.. N hésitez pas à me contacter.. Madame Miras Catherine coach certifiée

Anonyme.

Bonjour, Depuis l'année dernière mais surtout cette anneee en terminale S dans un lycée exgigeant, je pense développer des symptômes. Je ne suis pas victime d'harcèlement de mes camarades mais je n'ai pas envie d'aller en cours, je vais jusqu'à en pleurer. Je stresse à l'idée d'avoir un cours de physique, de SVT même de maths. Je stresse à avant et durant chaque cours. Parfois je me sens proche du malaise pendant certains cours (monté de chaleur, tete qui tourne, fatigue). De plus, sûrement à cause de mon manque d'organistation pendant les vacances (qui pour moi était un moment de repos, une échappatoire totale ou j'ai eu l'occasion de passer la première étape de mon BAFA) , JE suis surchargé de travail ce qui me mets encore plus la pression et qui me fait plus pleurer. J'angoisse aussi à l'idée de voir mon prof de physique qui est une personne exigeante il est la principale raison de mon stresse et de mes angoisses... Est ce de la phobie scolaire ? Ou autre chose ?

l'Etudiant Trendy.

Bonjour, voici quelques services qui pourraient vous aider : - Service de psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, hôpital Robert-Debré, Paris, tél. 01.40.03.20.00. - Fondation santé des étudiants de France, tél. 01.45.89.43.39. - Dispositif Passerelle, académie de Grenoble, unité Soins études, tél. 04.38.38.08.60. - Association Phobie scolaire : vous trouverez la liste des correspondants régionaux ainsi que les adresses utiles sur le site Phobiescolaire.org. - À lire : “Phobie scolaire”, de Marie-France Le Heuzey et Marie-Christine Mouren-Siméoni, éditions Josette-Lyon, 17,24 €. Bon courage :-)

Miras.

Bonjour. Votre témoignage me parle je suis coach certifiée et j exerce Sur Grenoble effectivement cela me semble des crises d angoisses suivies du stress par dessus..si vous souhaitez travailler ce problème et vous en sortir je serais heureuse de vous aider et je suis sur d y parvenir. .travailler gestion du stress confiance en vous etc.. Cordialement Madame Miras Catherine coach

Cherrydoll67.

Bonjour, Mon beau fils de 19 ans refus d'aller en cours. tous à commencé quand il etait en 6iem, suivit par un psychologue scolaire mais rien à marché, il est même allé (je n'etais pas encore dans la famille a ce moment là) en maison d'aide pour jeune en difficultées.... il est aussi passé au tribunal avec ces parents (le collegue pensé à la base que les parents refusé de mettre le jeune à l'ecole) l'affaire est montée tres "haut" bref. donc du temps à passé il a voulu faire un CAP restauration nous lui avons acheté tous l'equipement et, il a malheureusement abandonné au bout de 3 mois (quand les professeurs lui on fait un remarque) il s'est donc repartie en 2nd generale où là , il a totalement loupé son année, il n'allé tous simplement pas en cours. Nous nous sommes mis d'accord son pere, lui et moi (il a plus de facilité à discuter avec moi) pour qu'il fasse son choix de carriere (apprentissage, interim, etude informatique etc etc) il a essayé l'interim, a eu un contrat (à 10 min de la maison en usine) il ne s'est pas presenté (blocage) apres il avait un rdv pour faire une formaiton en alternance de 6 mois , il n'y est pas allé (blocage) et en mars derrnier il avait remplis des dossiers pour etre accepté en BAC PRO SEN (systement electronique et numerique (vu qu'il veut travailler dans l'informatique)) le lendemain de la rentrée, (comme il etait sur liste d'attente) il a eu un coup de télephone du lycée pour lui donner la reponse ..... (moi j'avais téléphoné le matin et je savais donc que la reponse etait positive il avait une place) le même jour , debut d'apres midi il m'appele me disant que le lycee n'avait plus de place en section SEN..... (manque de bolle je savais que se n'etais pas vrais) donc le soir nous avons discutez tous les 3 (pere lui et moi) nous lui avons laisser le choix entre, aller au lycée et rester à la maison, soit d'aller chez un psy en meme tps que les etudes, ou bien demenager chez ca mere ou en foyer..... il a choisi l'ecole et nous a affirmé qu'il n'avait pas besoin de psy... ca va faire 1 semaine complete d'ecole..... et il m'appele se matin me disant qu'il ne peut pas aller au lycée car il est totalement bloqué... j'ai négociée avec lui , rien ne fonctionne.....j'ai meme téléphoné ce matin à l'infirmiere scolaire qui est dessandu le chercher , mais il n'etait meme plus là.... il ma dit qu'il voulait effectivement voir un psy. le rdv n'est que le 26/09 et là il ne veut plus retourner au lycée........ Ayant deja une situation de fmille complexe , ce pb n'arrange rien .... je suis vriament au bord des larmes et ne sais plus quoi faire. des qu'il y a une remarque il se braque et refus tous en bloque.

Miras.

Bonsoir Votre témoignage me touche..je connais ces problèmes d angoisses a gérer pas facile ne désespérez pas..je suis coach de vie sur Grenoble j effectue du Skype également et serait ravie d accompagner votre beau fils si il le souhaite bien sur..ce n est pas une vie de vivre comme cela l ayant vécue je sais de quoi je parle..C est pour cela que je suis devenue coach de vie pour aider les personnes au développement personnel. pour votre beau fils débloquer et l amener à reprendre sa vie en main..restez confiante. Cordialement Madame Miras Catherine coach certifiée

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