Quelles solutions en cas de phobie scolaire ?

Mieux vaut agir précocément si vous détectez des signes de phobie scolaire. Il ne faut pas hésiter à consulter un médecin, psychologue, psychiatre, dans une maison des adolescents, un centre médico-psychologique ou en libéral en ville.

Déscolarisé(e) ? Continuez à étudier et à sortir !

Pendant les deux ans de sa déscolarisation, Justine (1), 21 ans, a été suivie par un psychiatre dans une maison des adolescents. "Outre le travail avec le psy, cette sortie me faisait du bien, j'avais une activité en dehors de la maison, explique-t-elle, et un étudiant m'aidait." Les spécialistes ne sont pas d'accord avec une longue utilisation des cours par correspondance. Mais si c'est le cas, il faut essayer de garder une vie sociale.

J'ai peur d'aller au lycée
Si vous souffrez de phobie scolaire, ne restez surtout pas seul avec votre mal-être : sachez que certaines structures telles la Fondation santé des étudiants de France peuvent vous aider. // © iStock.


C'est ce qu'a fait Marie, 22 ans, étudiante en décoration intérieure à Montpellier (34), qui a passé l'année de terminale chez elle. "Ma phobie a démarré avec la peur du bus, j'étais incapable de monter dedans, je paniquais. Puis cela s'est aggravé avec la peur d'entrer au lycée. Grâce à mon psy et à la patience du proviseur, j'ai réussi à étudier chez moi... J'ai gardé mes amis, j'essayais de les voir une fois par semaine. Enfin, je m'obligeais à sortir tous les jours." Garance, 20 ans, en L2 (licence 2) d'anglais, a fait autrement. "Je le regrette. Je me suis coupée du monde et j'ai mis longtemps à m'en remettre. Il faut se forcer, non pas à aller au lycée mais à garder un lien social."


Retourner au lycée s'apprend

Dans les structures de la Fondation santé des étudiants de France, les jeunes sont pris en charge, soit dans le cadre d'une hospitalisation, soit en hôpital de jour. À la clinique de Neufmoutiers-en-Brie (77), par exemple, chaque année, fin août, est constitué un groupe d'élèves souffrant de phobie scolaire. "Les jeunes, à partir de 12 ans, sont hospitalisés pendant deux mois environ. Au cours de cette période, ils sont accompagnés dans leur établissement scolaire, en taxi, détaille Nicolas Girardon. Leur durée de présence dans leur classe dépend de chacun. En parallèle, des enseignants spécialisés au sein de l'hôpital assurent les cours manqués." Résultat : deux tiers des élèves reprennent le chemin du collège ou du lycée.

La prise en charge est semblable au lycée Champollion à Grenoble (38) où a été ouverte une classe, dans le cadre du dispositif "Passerelle" de l'unité soins études. "Nous avons plusieurs possibilités de prise en charge dont celle de rééduquer sur le terrain, précise Geneviève Letellier, directrice de l'unité. C'est progressif et au cas par cas. L'essentiel est de donner aux élèves une continuité scolaire, sans les brusquer." Le taux de réussite est de 70 %.

(1) Tous les prénoms ont été changés

Où trouver de l'aide ?

- Service de psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, hôpital Robert-Debré, Paris, tél. 01.40.03.20.00.
- Fondation santé des étudiants de France, tél. 01.45.89.43.39.
- Dispositif Passerelle, académie de Grenoble, unité Soins études, tél. 04.38.38.08.60.
- Association Phobie scolaire : vous trouverez la liste des correspondants régionaux ainsi que les adresses utiles sur le site Phobiescolaire.org.
- À lire : “Phobie scolaire”, de Marie-France Le Heuzey et Marie-Christine Mouren-Siméoni, éditions Josette-Lyon, 17,24 €.