Réviser à la maison : comment résister aux distractions ?

Téléphone, télé, réseaux sociaux… La concurrence est rude à la maison quand il s’agit de se mettre au travail. Difficile dans ces conditions de compter sur votre seule volonté pour ne pas vous disperser. Comment réussir malgré tout à vous créer une bulle sans vous sentir (trop) frustré(e) ? Des lycéennes et une travailleuse free-lance vous dévoilent les trucs qui pour eux ont marché.

“Je suis addict aux réseaux sociaux, balance Marine, 18 ans, élève de terminale au lycée Mangin à Sarrebourg (57). Tous les matins je surveille Twitter, Facebook et mes e-mails, une autre fois quand je prends le bus, puis entre midi et deux et le soir en rentrant chez moi... Parfois même quand je fais mes devoirs.” L'exemple de Marine est loin d'être exceptionnel : nombre de collégiens, lycéens, étudiants, travailleurs free-lance ont du mal à se concentrer pendant leurs devoirs, révisions et leur travail à la maison. D'autant qu'à ces nouvelles formes de distraction continuent de s'ajouter les plus anciennes : les SMS envoyés par les amis toutes les cinq minutes, le coup de fil un peu long de la grand-mère ou encore l'envie de traîner devant la télé...

Travailler de chez soi : comment ne pas être distrait(e) ?
Le téléphone et les réseaux sociaux : difficile de s'en passer quand on est accro. // © Fotolia

L'usage des réseaux sociaux, des mails et du smartphone inquiète les parents et les profs, d'abord parce qu'il a tendance à nous faire procrastiner, c'est-à-dire remettre les choses au lendemain. Pire, pour le chercheur en psychologie de l'université d'Ottawa Timothy A. Pychyl, auteur du blog “Don't delay”, “cela a des conséquences directes sur notre travail. Perpétuellement distraits, on perd en efficacité et notre comportement est basé sur un changement de tâche fréquent, trop fréquent.” Difficile dans ces conditions de mémoriser ou de terminer un exercice. Alors on rivalise d'ingéniosité pour s'enfermer dans une bulle… temporairement !

Pour Marie et Céline, se mettre momentanément loin de la tentation

À l'approche du bac, Marie éteint son téléphone et son ordinateur. Elle avoue pouvoir tenir deux heures dans ces conditions. “Quand j'ai un petit copain, je laisse Facebook ouvert et je m'autorise à lui répondre, mais je ferme toutes les autres fenêtres de discussion !” A contrario, Céline, 15 ans, en seconde au lycée Edgar-Poe à Paris et détentrice d'un iPhone flambant neuf, utilise une méthode plus “old school” pour ne pas être distraite : “Le week-end, je m'installe dans le salon pour travailler, alors que ma mère est à côté en train de lire, de cuisiner ou d'aider mon petit frère à faire ses devoirs. On faisait déjà comme ça lorsque j'étais au collège. Ce n'est pas très glorieux, mais c'est plus facile de se concentrer quand on est surveillé(e).” Le fameux téléphone reste en silencieux dans une autre pièce. Et pas question d'installer une télé dans sa chambre : ses parents ont refusé de manière catégorique cette source de distraction supplémentaire.

Pour Mélanie, des applis pour gérer son accès à Internet

Ces techniques de concentration sont adéquates si l'on a beaucoup de volonté personnelle. Mélanie, rédactrice free-lance de 28 ans, propose ses quelques gadgets pour les plus têtes en l'air. “J'ai découvert deux applications pour résister aux tentations d'Internet, OmniFocus pour les utilisateurs de PC et SelfControl pour ceux de Mac. Elles permettent de bloquer les sites que l'on choisit pendant une durée limitée que l'on programme. Le piège ? Il est ensuite impossible de fermer l'application, même en éteignant et rallumant son ordinateur. Il faut attendre la fin de la durée prévue.”

Autre technique, la jeune fille établit des programmes de travail en enregistrant des plages horaires et de pauses d'une quinzaine de minutes toutes les deux-trois heures. “Là, je m'autorise à aller sur Twitter et Facebook quelques minutes mais, attention, quand le temps de pause est écoulé, une petite alarme sonne et me rappelle qu'il faut m'y remettre !” Au boulot.

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