1. 10 clichés sur l'alternance passés au crible
Décryptage

10 clichés sur l'alternance passés au crible

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Les clichés sur l'alternance ont longtemps eu la dent dure, mais ils commencent à disparaître ! // © Adobe Stock / Auremar
Les clichés sur l'alternance ont longtemps eu la dent dure, mais ils commencent à disparaître ! // © Adobe Stock / Auremar

Si vous pensez que cette voie de formation est une voie de garage pour mauvais élèves et réservée aux métiers manuels, détrompez-vous ! Les études en alternance préparent à des diplômes de CAP à bac+5. Et conviennent à celles et ceux qui aiment apprendre en faisant et sont prêts à s’investir.

1. L’alternance s’adresse aux mauvais élèves

Faux. Les formations en apprentissage ne sont pas un "plan B" pour élèves ayant échoué dans le système scolaire traditionnel. Les cursus en alternance s’adressent à des jeunes motivés, prêts à s’investir pour apprendre en faisant. En contrat d’apprentissage ou de professionnalisation, vous devez vous attendre à travailler beaucoup. En contrepartie, vous ne paierez pas votre formation, vous toucherez une rémunération et acquerrez de l’expérience professionnelle. Diplôme ou titre en poche, vous entrerez très souvent plus facilement dans le monde du travail que les élèves et étudiants ayant suivi la voie classique.

2. L’alternance ne forme qu’à des métiers manuels

Faux. Boulanger, coiffeur, fleuriste, maçon, menuisier etc. L’apprentissage prépare certes à de nombreux métiers manuels, mais pas seulement. Vous pouvez vous former en alternance aux métiers du droit, du conseil, de l’ingénierie, de la gestion ou encore du numérique. Enfin ne croyez pas que les métiers dits "manuels" ne font pas travailler le cerveau : avant de composer un bouquet ou de cuisiner un plat, il faut d’abord penser à leur conception ! Le geste parfait s’apprend au contact d’un professionnel aguerri, d’un maitre d’apprentissage qui vous transmet son savoir-faire, son expérience et sa passion du métier.

3. Seuls l’hôtellerie-restauration et le BTP recrutent en alternance

Faux. Certes, l’hôtellerie, le BTP et l’ensemble des entreprises artisanales recrutent de nombreux apprentis, plus de 140.000 par an. Mais les secteurs des banques, des assurances, de la distribution de l’énergie ou de l’informatique embauchent aussi beaucoup d’alternants. L’industrie à elle seule recrute et forme plus de 40.000 alternants pour obtenir un CAP, un bac pro, un BTS ou un titre d’ingénieur. Même la fonction publique recrute quelques 10.000 alternants par an : vous pourrez ainsi vous former et travailler dans les grandes administrations de l’État, dans les collectivités locales (mairies, conseils régionaux…) ou encore les hôpitaux.

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4. On ne peut préparer que des diplômes de CAP ou de bac pro

Faux. Vous pouvez préparer en alternance la majorité des diplômes, y compris aux niveaux de formation les plus élevés. Vous pouvez ainsi obtenir un diplôme d’IUT, d’école de commerce, d’ingénieurs ou de l’université par apprentissage. Vous obtiendrez un diplôme identique à ceux délivrés en formation classique à temps plein. Seule la façon de le préparer diffère, puisque vous alternerez les périodes en entreprise et au centre de formation. Chaque année, près de 180.000 apprentis préparent un diplôme de l’enseignement supérieur : ils étaient 179.800 en 2018, soit 8,2% de plus qu’en 2017 (1). Plus de 3.100 formations en apprentissage sont même présentes sur Parcoursup, la plate-forme d’accès à l’enseignement supérieur.

5. Très peu de filles sont apprenties

Faux. Certes, les filles sont toujours minoritaires en apprentissage, mais leur part progresse : 32,7% des apprentis étaient des apprenti-e-s en 2018. Certaines formations attirent majoritairement des garçons (mécanique automobile) ou des filles (art floral, coiffure). Mais rassurez-vous, la mixité progresse partout. Et plus le niveau de diplôme préparé est élevé, plus on s’approche de la parité. S’il n’y a que 21,2% de filles parmi les jeunes qui préparent un bac pro en alternance, on compte 45,7% de filles parmi les jeunes qui suivent une licence et même 54,4% de filles qui préparent un diplôme de master (bac+5) en apprentissage. Cependant, les promotions d’ingénieurs diplômées par apprentissage comptent encore peu de femmes, 18,2% en 2018.

6. Le rythme est difficile à tenir

Vrai. Étudier en apprentissage, c'est vivre à un rythme plus intense que celui connu au collège, au lycée ou à la fac : vous suivrez 30 à 35 heures de cours les semaines où vous êtes au CFA et travaillerez 35 heures les semaines où vous serez chez votre employeur. L’alternance cours en CFA et formation pratique en entreprise varie d’un secteur à l’autre. Et au sein d‘une entreprise, vous pourrez même travailler en 3×8 : une semaine le matin, une semaine l’après-midi, une semaine le soir. Vous allez donc devoir vous organiser pour tenir le rythme sur la durée !

7. En alternance, on est mal payé(e)

Vrai et faux. Le contrat en alternance vous donne droit à une rémunération pour vous former. Pour un contrat d’apprentissage, la rémunération minimum se calcule en pourcentage du Smic et dépend de votre âge et de votre année d’études. En 2019, les jeunes entrés en apprentissage à 16 ou 17 ans gagnaient en première année un minimum de 410 €, puis 593 € en deuxième année etc. Entre 18 et 20 ans, le salaire minimum était de 654 € en première année ; entre 21 et 25 ans, le minimum étant fixé à 806 €. Enfin, ceux qui démarraient en apprentissage entre 26 et 29 ans touchaient le Smic, soit 1.522 €.

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8. Un apprenti n’a pas de vacances

Faux. Ce qui est vrai, c’est que vous aurez moins de vacances que vos camarades qui étudient sous statut scolaire. En contrat d'apprentissage ou de professionnalisation, vous devenez un(e) salarié(e) à part entière. Donc adieu les vacances scolaires, bonjour les congés payés ! Mais comme pour toute personne qui débute dans un nouvel emploi, il vous faudra patienter un an pour avoir assez d’ancienneté et bénéficier de toutes vos vacances. Chaque mois travaillé vous permettra d’acquérir 2,5 jours ouvrables de congés payés. Il vous faudra donc une année entière de travail pour obtenir 30 jours de congés, soit cinq semaines ! De plus, l’employeur a le droit de décider de la période à laquelle vous prenez vos congés.

9. Si l’employeur ferme ses portes ou rompt le contrat, on perd tout

Faux. En cas de liquidation judiciaire d'une entreprise sans poursuite d'activité, l’apprenti a droit à une indemnisation au moins égale aux rémunérations qu'il aurait perçues jusqu'à la fin du contrat. L’employeur ou l’apprenti peuvent rompre le contrat de manière unilatérale durant les 45 premiers jours de l’apprentissage en entreprise. En cas de rupture de contrat, vous pouvez continuer la formation théorique en CFA durant six mois sous le statut de stagiaire de la formation professionnelle. Vous conservez vos droits sociaux et êtes rémunéré(e) par la région ou l’État.

10. Après la formation, l’employeur n’est pas tenu de recruter l’apprenti

Vrai. A l’issue du contrat en alternance, le chef d’entreprise n’est pas tenu de vous recruter…mais l’inverse est vrai aussi ! Vous n’êtes pas obligé(e) de travailler dans l’entreprise ou l’organisme qui vous a formé(e). Stop ou encore, chacun reste libre à la fin du contrat ! Mais rassurez-vous : beaucoup d’employeurs recrutent en CDI des apprentis qu’ils ont formés. Et si tous n’ont pas un poste à vous proposer à l’issue du contrat en alternance, ils peuvent vous aider à vous insérer sur le marché de l’emploi en vous mettant en contact avec d’autres entreprises. Et dans tous les cas, l’expérience acquise en alternance sera un plus sur votre CV au moment de chercher un emploi.

(1) Source : note d’information 19.30. L’apprentissage au 31 décembre 2018, DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance), ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, juillet 2019.

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