1. Apprentissage ou professionnalisation : quelle formule d’alternance choisir ?
Décryptage

Apprentissage ou professionnalisation : quelle formule d’alternance choisir ?

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Le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation sont les deux formules qui permettent de suivre. Dans son guide "Apprentissage, alternance : bien choisir sa formation", aux éditions l'Étudiant, Élodie Raitière nous donne de précieux conseils. Extraits.

Traditionnellement, l'apprentissage correspond plus aux jeunes sans qualification ou titulaires d'un CAP ou d'un BEP, alors que la professionnalisation concerne dans 60% des cas des bacheliers et les diplômés de l'enseignement supérieur, selon le CEREQ (Centre d'études et de recherches sur les qualifications).

Le contrat d'apprentissage, plus ancien, est fortement encadré par les autorités. Il séduit les petites entreprises du bâtiment et du commerce alimentaire, les professionnels de l'agriculture et de la cuisine.

Le contrat de professionnalisation, créé en 2004, est beaucoup plus flexible. Il a gagné du terrain dans les grandes et moyennes entreprises du bâtiment, les métiers du commerce non alimentaire, de l'industrie, de l'hôtellerie-restauration ou encore de la coiffure.

Votre parcours scolaire ou le secteur vers lequel vous vous dirigez choisiront sûrement donc pour vous, mais il est important de comprendre les conséquences de chaque contrat sur votre expérience en alternance. Pour vous familiariser avec les deux systèmes, nous avons joué au jeu des huit différences.

Pour qui ?

Le contrat d'apprentissage est réservé aux jeunes de 16 à 25 ans, voire plus pour les personnes handicapées qui ont un projet de création d'entreprise.

Le contrat de professionnalisation, lui, est ouvert à un public plus large. Il peut être signé par les 16-25 ans, mais aussi par les plus de 26 ans demandeurs d'emploi, les bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active), de l'ASS (allocation de solidarité spécifique), de l'AAH (allocation aux adultes handicapés) ou encore par les personnes ayant bénéficié d'un contrat aidé.

Pour obtenir quel diplôme ?

La majorité des alternants préparent un diplôme national de l'enseignement technique et professionnel allant du CAP au niveau bac+5, mais il existe aussi des diplômes généralistes.

Vous pouvez passer un BTS (brevet de technicien supérieur), un DUT (diplôme universitaire de technologie), un DEUST (diplôme d'études universitaires scientifiques et techniques), une licence ou un master professionnel ou encore un DRT (diplôme de recherche technologique) en alternance.

Vous pouvez aussi préparer un diplôme délivré par le ministère des Affaires sociales et de la Santé, un titre d'ingénieur ou un titre reconnu par la CNCP (Commission nationale de la certification professionnelle). L'apprentissage est le meilleur choix si vous voulez poursuivre vos études.

Le contrat de professionnalisation donne accès à des formations plus courtes, plus proches des besoins des entreprises.

Si vous voulez vous insérer rapidement dans la vie professionnelle via une formation qualifiante, la formule vous plaira. À l'issue de ce contrat, vous pouvez obtenir un certificat reconnu par la profession comme le CQP (certificat de qualification professionnelle), une certification inscrite au RNCP (Registre national de la certification professionnelle), une qualification reconnue par la convention collective, un certificat d'école ou, plus rarement, un diplôme d'État.

Les contrats en alternance se développent de plus en plus dans les diplômes de niveau supérieur. Consultez notre article "Quels diplômes puis-je préparer en alternance ?"

Qui assure la formation ?

Quand vous êtes en apprentissage, c'est le CFA (centre de formation d'apprentis) ou un organisme de formation (université, école) affilié au CFA qui assure votre formation.

En contrat de professionnalisation, vous suivez des cours dans un GRETA (groupement d'établissements de l'Éducation nationale pour la formation professionnelle continue), une école, un CFA ou encore le centre de formation de l'entreprise qui vous emploie.

Avec quelle entreprise ?

Beaucoup d'entreprises ont le droit d'embaucher un apprenti : elles peuvent évoluer dans le secteur artisanal, commercial, industriel, agricole ou associatif et être publiques. Des professionnels qui exercent en libéral et des entreprises d'intérim peuvent aussi vous embaucher en apprentissage.

Avec un contrat de professionnalisation, vous pouvez travailler dans toutes les entreprises qui exercent une activité marchande (à condition qu'elles payent une taxe pour la formation professionnelle). En revanche, inutile de chercher du travail dans une entreprise publique avec ce type de contrat, elles ne pourront pas vous embaucher.

Quel suivi ?

En apprentissage, vous êtes obligatoirement accompagné d'un maître d'apprentissage dans l'entreprise qui possède au moins le diplôme que vous préparez et qui a de l'expérience dans ce domaine. Il est chargé de maintenir un lien avec votre école et il ne peut suivre que trois jeunes en alternance en même temps.

En contrat de professionnalisation, vous pouvez avoir un tuteur dans l'entreprise, mais c'est facultatif. Cette personne est volontaire et expérimentée dans la qualification que vous visez. Là encore, le tuteur ne peut superviser que trois jeunes à la fois. Dans le centre de formation, vous êtes également suivi par un tuteur école.

Pour plus d'informations sur le suivi des alternants, consultez notre article Quel encadrement et que faire en cas de problème ?

Quelle durée ?

Le contrat d'apprentissage est un CDD (contrat à durée déterminée) de un à trois ans (quatre ans pour les travailleurs handicapés). La durée dépend du diplôme que vous préparez et, en cas d'obtention de diplômes successifs en alternance, vous pourrez signer plusieurs contrats d'apprentissage à la suite.

Le contrat de professionnalisation est généralement plus court. Ce peut être un CDD de six à douze mois, voire plus pour certaines professions. Vous pouvez aussi signer un CDI (contrat à durée indéterminée) en contrat de professionnalisation : vous effectuez alors seulement une première partie du contrat (six à douze mois) en alternance, puis vous êtes embauché à temps plein.

Quelle répartition du temps ?

Dans les deux types de contrats en alternance, le temps de travail global est identique à celui des autres salariés de l'entreprise. Le patron adapte votre planning pour vous permettre de suivre la formation.

Dans l'enseignement supérieur, les apprentis passent entre 25 et 50% de leur temps de travail au CFA, soit jusqu'à 800 heures par an.

C'est moins pour les jeunes en contrat de professionnalisation, qui passent entre 15 et 25% de la durée totale du contrat en centre de formation, 150 heures minimum.

Vous pouvez aussi signer un contrat de professionnalisation (mais pas d'apprentissage) à temps partiel.

Quelle rémunération ?

En tant qu'apprenti, vous gagnez un certain pourcentage du SMIC, qui est calculé en fonction de votre âge et de votre avancée dans la formation.

Comptez entre 350€ bruts par mois en dessous de 18 ans pour la première année et 1090€ pour une troisième année et au-delà de 21 ans. Vous êtes exonéré de charges tant que vous êtes apprenti.

En contrat de professionnalisation, vous touchez entre 908€ (si vous avez moins de 21 ans et aucune qualification reconnue) et 1398€ au-delà de 21 ans. Après 26 ans, vous ne pouvez pas être rémunéré en dessous du SMIC.

Ces montants correspondent à la grille de salaire minimum, rien n'empêche votre employeur de vous proposer plus ! Enfin, que vous soyez en apprentissage ou en contrat de professionnalisation, vous ne payez pas de frais de scolarité.

Pour connaître le montant des salaires en alternance, consultez notre article "L'alternance est-elle un bon moyen de financer mes études ?"

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À découvrir aux éditions l'Etudiant :
"Apprentissage, alternance : bien choisir sa formation", par Élodie Raitière.