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Décryptage

Écoles de commerce en alternance : d’un cursus payant à des études rémunérées

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Le nombre d’étudiants des écoles de commerce qui suivent une partie de leur cursus en alternance est en forte croissance. Aujourd’hui, 12 % des diplômés sont concernés.

Une véritable révolution touche les ESC (écoles supérieures de commerce) : en trois ans, le nombre d'étudiants qui suivent leur cursus en apprentissage a augmenté de 47 % ! Aujourd'hui, 80 % des grandes écoles de commerce proposent cette option. En moyenne, cette voie concerne 12 % des diplômés. Dans certains établissements, cette proportion est supérieure : un étudiant sur trois à l'ESSEC, à l'ESC Pau ou à l'ESC Brest, et plus d'un étudiant sur deux à Novancia (Paris).

Un avantage financier

Les raisons d'un tel succès ? D'abord, l'aspect financier. Les écoles de commerce sont parmi les formations les plus chères de l'enseignement supérieur : entre 5.000 et 15.000 € chaque année de frais de scolarité, avec une moyenne de 8.000 €. L'alternance, qu'il s'agisse d'apprentissage ou de contrat de professionnalisation, permet d'en être dispensé et de percevoir une rémunération.

Envie de concret. Un argument déterminant pour Mathilde, qui a intégré Skema Lille après un DUT tech de co. En apprentissage au siège régional de La Poste, elle était chargée de l'organisation d'un gros salon destiné aux professionnels de la vente à distance. "Sur trois ans d'école, je n'ai payé qu'une année de frais d'inscription", souligne-t-elle. Mais comme beaucoup d'apprentis, sa motivation allait au-delà : "J'ai choisi mon école, car elle faisait partie de celles qui proposaient le plus de places en apprentissage. J'avais envie de concret et j'en avais marre des cours magistraux."

À chacun son rythme

Les écoles ne développent pas toutes l'apprentissage de la même manière. À l'EDHEC, ce cursus est proposé sur les deux dernières années ; à l'ESC Clermont, la formule est offerte en troisième année. À Sup de co Montpellier, le choix de l'apprentissage porte sur l'ensemble du cycle (trois ans). De même, les rythmes varient d'une école à l'autre. À Skema Lille, les étudiants sont la moitié de la semaine en cours, ­l'autre en entreprise. À Montpellier, les élèves alternent deux semaines en entreprise, deux semaines en cours.

Encadrement des apprentis. Contrairement aux écoles d'ingénieurs, les étudiants choisissant l'apprentissage dans une école de commerce passent le même concours que les autres, après une prépa, une licence, un BTS ou un DUT (concours des admissions parallèles). Une fois admis, ils peuvent adopter cette formule. Ils doivent alors trouver leur entreprise d'accueil. Les écoles peuvent les aider. À Sup de co Montpellier, une équipe de sept personnes est dédiée à l'encadrement des 300 apprentis. "Chaque futur apprenti bénéficie d'un suivi individuel. Dès juillet, nous organisons deux jours de coaching. Nous l'aidons à définir son projet, nous lui proposons de réaliser son CV vidéo, nous lui soumettons des offres, et nous faisons venir des recruteurs, raconte François-Xavier Thery, directeur du développement et des entreprises de l'école. Et s'il n'a pas trouvé en juillet, nous le suivons en septembre. Nous sommes avec lui jusqu'à ce qu'il trouve !"

Des places à prendre

Certaines entreprises se révèlent beaucoup plus ouvertes que d'autres à ce type de contrats. Ainsi, les deux tiers des apprentis de l'ESC Clermont sont en poste dans des sociétés qui comptent plus de 500 salariés.

"Du côté des secteurs, les offres sont très nombreuses dans la banque, les assurances et la grande distribution", affirme François-Xavier Thery. L'industrie, elle aussi, est très demandeuse : elle emploie en effet 34 % des apprentis de l'ESC Clermont.

À l'inverse, certains domaines sont moins adaptés à ce rythme, par exemple la communication, les systèmes d'information, l'audit ou l'expertise comptable. Pour faire de l'audit, par exemple, un stage long ou une année de césure sont plus adaptés. C'est en effet un secteur qui nécessite une forte disponibilité entre décembre et avril, à un moment où les étudiants alternent avec les cours. Faire le choix de suivre un cursus en alternance implique donc une importante réflexion avant de se lancer.

Mieux vaut peser le pour et le contre

Au rythme de l'alternance, il est difficile d'étudier une année dans une université américaine ou espagnole, de faire un stage à Pékin ou de s'investir dans le BDE (bureau des élèves). Il convient donc de bien réfléchir aux avantages et aux inconvénients avant d'opter pour le statut d'apprenti. "Heureusement, j'étais partie six mois à l'étranger pendant mon DUT. Si je ne l'avais pas fait, j'aurais peut-être été un peu frustrée", confie Mathilde.

Une solution. Si vous tenez vraiment à combiner l'apprentissage et les études à l'international, il existe toutefois une solution. Elle consiste à opter pour un cursus en apprentissage sur une durée de douze mois ou dix-huit mois, et non sur vingt-quatre mois.

C'est la solution qu'a privilégiée Raphaël, étudiant à l'ESC Dijon. En deuxième année, il a passé en effet six mois dans une université italienne, puis a rejoint la Bourgogne où il achève sa scolarité en alternance. Une manière de tout combiner intelligemment.

Sommaire du dossier
Avis d’expert : Bruno Massé, directeur des relations entreprises de l’ESC Clermont. Florentin, 22 ans : "Je suis consultant à part entière et impliqué dans la vie du cabinet"