1. L’apprentissage à 14 ans : une polémique justifiée ?
Décryptage

L’apprentissage à 14 ans : une polémique justifiée ?

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Le projet de loi sur l’alternance vient d'être examiné à l’Assemblée Nationale. L'un des amendements déposés, qui porte sur l'entrée en apprentissage des jeunes de moins de 15 ans, fait polémique.

À l'initiative des députés Gérard Cherpion (rapporteur de la loi) et Bernard Perrut, un des amendements propose d’autoriser les jeunes de moins de 15 ans ayant terminé leur classe de troisième à signer un contrat de formation en alternance à la rentrée suivant la fin de leurs études au collège.
 
Une bombe à retardement pour les députés socialistes, pour qui cet amendement n'est rien d'autre qu'une attaque en règle de la scolarisation obligatoire jusqu'à 16 ans. Chez les syndicats enseignants, les avis divergent : le Se-Unsa dénonce "des propositions aussi dangereuses qu'inefficaces", quand le Snalc, lui, se réjouit de voir en cet amendement "une possible brèche dans le moule unique du primaire à l'université"...
 
Du côté des MFR (Maisons Familiales Rurales), adeptes de longue date de la formation en alternance, on s'étonne d'une telle levée de bouclier : dans un post sur son blog, Patrick Guès, cadre à l'Union nationales des maisons familiales rurales, dénonce "une triste polémique" : "La pratique (dénoncée) est-elle scandaleuse ? Non, car (elle) existe depuis des décennies. Non, car elle apporte une solution à des jeunes qui ont réellement choisi une formation professionnelle pour préparer un métier".
 
Jeudi 16 juin, lors de l'examen de cet amendement, la ministre Nadine Morano a rappelé que l’objectif de cet amendement est de mettre fin à une discrimination entre les jeunes nés avant septembre, et ceux nés après cette date, puisque ces derniers, âgés de 14 ans à la rentrée de septembre, ne peuvent pas s’inscrire dans les CFA tout de suite après leur troisième, et perdent donc une année.
 
Le texte de loi sera soumis aux votes le mardi 21 juin.