1. François Hollande mise sur l'apprentissage… les jeunes aussi
Décryptage

François Hollande mise sur l'apprentissage… les jeunes aussi

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François Hollande a présenté, le 18 janvier 2016, ses mesures pour relancer l'apprentissage. // © elysee
François Hollande a présenté, le 18 janvier 2016, ses mesures pour relancer l'apprentissage. // © elysee

En ce début d'année 2016, François Hollande l'assure : le développement de l'apprentissage est une priorité. Le chef de l'État veut notamment permettre des entrées en apprentissage tout au long de l'année. Une volonté de revaloriser ce dispositif, qui rejoint celle d'une majorité de jeunes, également convaincus qu'il faut lui redonner ses lettres de noblesse.

“L'apprentissage doit être une grande priorité. C'est une filière de réussite et d'excellence.” Le 18 janvier 2016, François Hollande a détaillé devant le CESE (Conseil économique social et environnemental) ses mesures pour développer l'apprentissage notamment auprès des jeunes en décrochage scolaire. Il a entre autres annoncé que l'accès à des titres professionnels du ministère du Travail serait ouvert aux apprentis. Par ailleurs, les entreprises pourront ouvrir des CFA (centres de formation en apprentissage) et, côté jeunes, il sera désormais possible d'intégrer une formation sans attendre la rentrée scolaire de septembre. “Ce que nous voulons c’est que les jeunes puissent entrer en permanence en apprentissage tout au long de l’année”, a expliqué le chef de l'État, qui souhaite aussi améliorer le statut de l'apprenti, notamment pour lui faciliter l'accès au logement et aux transports. Des mesures qui devraient être précisées dans les prochains mois.

Des effectifs en baisse pour les formations avant le bac

Moins de jeunes entrent en apprentissage depuis quelques années, même si la chute des effectifs semble enrayée depuis 2015. En 2014, 265.000 contrats nouveaux avaient été signés, 3 % de moins que l'année précédente. Et les contrats d'apprentissage étaient encore plus fortement en baisse pour les formations en alternance de type BEP et CAP (– 5 %). De fait, les contrats d'apprentissage ne progressent plus que pour les formations de niveau bac+2 et plus. En 2015, plus du tiers (34 %) des jeunes en contrats d'apprentissage préparent une formation de niveau supérieur.

Malgré une excellente image auprès des jeunes

D'ailleurs, selon une enquête Opinion Way pour l'Agefa-PME, parue début 2016, l'apprentissage jouit d'un véritable plébiscite de la part des jeunes. Près de 9 sur 10 (88 %) ont une bonne opinion de l'apprentissage et des formations en alternance. Les principales vertus qu'ils leur prêtent spontanément ? La possibilité d'entrer directement dans le monde du travail et de l'entreprise (22 %), l'acquisition d'expérience professionnelle (15 %) et la possibilité de concilier pratique et théorie (14 %) forment le trio de tête.

Reste à convaincre les "adultes"

Sur la question de rendre obligatoire une période d'apprentissage, les avis sont en revanche plus partagés : 55 % sont pour, 45 % contre. Pour relancer l'apprentissage, il conviendrait d'abord, selon les jeunes interrogés, d'améliorer son image auprès des adultes, à commencer par les enseignants et le système éducatif (voire l'infographie ci-dessous).

Toutefois, ils n'ont pas une vision purement utilitaire de l'apprentissage : selon eux, si sa priorité doit être de préparer des salariés à entrer directement dans le monde du travail (66 %), l'apprentissage doit aussi former des citoyens bien intégrés professionnellement et socialement (38 %).

Pour aller plus loin : Deux contrats d’alternance possibles : apprentissage ou professionnalisation / Le vrai/faux des idées reçues sur l’alternance / Appli Alternance de l'Etudiant : trouver un contrat d'apprentissage devient facile / Quel budget pour vos études en alternance ?