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Décryptage

Les titres 100 % pro : pilotés par les branches professionnelles

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Les formations en alternance ne mènent pas qu'à des diplômes de l'Éducation nationale. Souvent méconnus, de nombreux autres titres, délivrés par d’autres ministères, par des écoles pointues dans leur domaine ou par des secteurs professionnels, occupent le terrain.

Au rayon des reconnaissances délivrées à l’issue d’une formation, une place de choix est à consacrer aux formations reconnues par la CNCP (Commission nationale de la certification professionnelle). L'objet du Répertoire national des certifications professionnelles est de réunir dans un même endroit tout ce qui, jusque-là, coexistait dans un cloisonnement relatif.

Tourné vers l'emploi

Sur les 15 000 certifications professionnelles répertoriées, l'Éducation nationale se taille la part du lion avec 12 000 enregistrements de droit (sans demande particulière). "Ces diplômes professionnels accueillent de gros effectifs et doivent assurer une certaine polyvalence, précise Habib Marande chargé de communication à la CNCP. Les autres formations concernent des segments plus restreints du marché de l'emploi. Elles répondent à des besoins locaux ou préparent à des métiers pointus ou émergents."

Ciblé

C'est le cas du titre de logisticien en agroalimentaire créé en 1990 par l'école Sud-Management d'Agen, aujourd'hui enregistré au niveau II (bac+3/4). Cette formation, accessible en apprentissage avec un bac+2 ou un bac+3 en agroalimentaire, logistique ou biologie, est née des besoins des entreprises locales, très orientées vers l'agroalimentaire : "Nous avons été parmi les premiers à mettre en place une formation traitant de la gestion globale des flux de matières périssables, et nous l'avons construite avec l'aide de la société STEF-TFE, leader européen du transport et de la prestation logistique froid, qui nous parraine encore aujourd'hui", précise Catherine Lignac, directeur des études.

Embauche en vue

Dix-huit ans après la création de ce titre, l'école affiche chaque année un taux de placement record, proche de 100 %, avec 90 % d'apprentis restant dans la même entreprise. Pour sa directrice, c'est la meilleure preuve que la formation est en phase avec les besoins du marché. Et pour les plus frileux, sachez qu'avant d'inscrire un titre dans son répertoire, la commission examine l'insertion professionnelle d'au moins trois promotions. De quoi rassurer.

Dans tous les secteurs

De l'administration d'entreprise au BTP, en passant par le commerce, l'électrotechnique, l'hôtellerie-restauration, l'informatique, la logistique, les techniques industrielles ou encore la décoration, les titres répertoriés couvrent un champ large, s'adressent à tous les niveaux et sont de durées très variables.

Différents prestataires

Le ministère chargé de l'emploi, par exemple, délivre à différents niveaux des "titres professionnels" tous répertoriés. En 2007, 7 600 jeunes ont ainsi suivi ces formations en contrat de professionnalisation, via les centres de formation AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes), dans le BTP, l'industrie ou encore le tertiaire. Selon les domaines, la renommée de telle ou telle école fera aussi la différence sur votre CV. Que son titre soit ou non répertorié, cela ne vous dispense pas d'une petite enquête préalable auprès des anciens et des professionnels.

Vocation professionnelle

Une fois enregistré, le titre d'une école bénéficie d'un niveau que vous pourrez faire valoir si vous souhaitez vous présenter à un concours de la fonction publique ou si votre future convention collective calcule les salaires en fonction de ce critère.

Peu de poursuite d'études

En revanche, les titres répertoriés ne donnent pas l'équivalence d'un diplôme en termes de poursuite d'études : chaque école, chaque université décide, au cas par cas, d'intégrer ou non un candidat. Cette option suppose de bien défendre son projet : comment justifier d'un retour à la fac après avoir préparé un titre à vocation professionnelle ?

Se repérer dans les niveaux de formation
Niveau V : deux ans après la fin du second degré (CAP, BEP)
Niveau IV : deux ans après le niveau V (bac ou BP)
Niveau III : deux ans après le bac (BTS, DUT)
Niveau II : trois ou quatre ans le bac (licence, master 1)
Niveau I : cinq ans après le bac (master 2, écoles d’ingénieurs, ESC)

Sommaire du dossier
CQP, les certificats des secteurs pro Le sport en alternance Le médico-social en alternance L'expertise comptable en alternance Les écoles d’entreprises en alternance