1. Recherche collaborateurs, apprentis de préférence !
Décryptage

Recherche collaborateurs, apprentis de préférence !

Envoyer cet article à un ami

Ouverture à des secteurs d'activité nouveaux, implication croissante des grandes entreprises et offre de formation de plus en plus large, l’alternance se développe tout azimut. Les employeurs font le point sur leurs besoins.

L'alternance, une formule qui gagne du terrain

Mettre le turbo sur l'alternance, c'était l'un des objectifs affichés par la loi de cohésion sociale votée en 2004. À côté du développement des nouveaux contrats de professionnalisation, le texte prévoyait d'atteindre les 500 000 apprentis en 2009. L'objectif, en passe d'être atteint, donne même lieu à de régulières surenchères : "750 000, voire un million de jeunes en apprentissage" serait un bon chiffre, insistait Jean-Louis Borloo, ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, lors de la présentation d’une campagne de promotion de ce dispositif. Retour sur cette montée en puissance avec les responsables recrutement de différentes entreprises.

Ça recrute à tous les niveaux


Dans certains secteurs, le manque de main d'œuvre est persistant, et va même en s'aggravant. C'est le cas dans le BTP, l'hôtellerie et la restauration, le tourisme, la banque, certaines branches de l'industrie ou encore l'informatique. "Le marché de l'emploi des informaticiens est particulièrement tendu, confirme Éric Hurabielle, P-DG d'Euraxiel, une SSII sur le créneau banque-assurance. Il faut utiliser toutes les possibilités de trouver de bons candidats : l'apprentissage en est une."

Investir. Chez Suez, où l'alternance est l'un des axes à part entière de la politique de recrutement, trois personnes s'en occupent à plein temps à la direction centrale des ressources humaines. Et l'accent est mis sur la formation des tuteurs. Même souci de "retour sur investissement" chez Koné, le spécialiste des ascenseurs, où les tuteurs sont épaulés sur le plan pédagogique par des chefs d'équipe qui y consacrent 30 % de leur activité.

Plus ou moins modulable. D'autres secteurs, comme les services aux entreprises, sont également séduits par la formule. Ce n'est d'ailleurs pas toujours simple. "Difficile, quand nos équipes participent à des projets directement chez les clients, d'y affecter des apprentis", remarque ainsi Lionel Morin, directeur du management des ressources du pôle ingénierie d'Akka Technologies.
Du côté des énergies renouvelables, activité toute jeune, le recours à l'alternance s'avère un bon moyen de pallier le manque de candidats formés. Dans le domaine des énergies renouvelables, le groupe Cervin a par exemple lancé ses propres formations en contrats de professionnalisation destinées à des futurs installateurs de panneaux solaires.

Les grandes entreprises prennent le pli

Si les PME sont les premières consommatrices d'alternance, les grandes entreprises de plus de 250 salariés adoptent la formule en masse. "En 2007, elles devaient compter 1 % d'apprentis dans leur effectif, rappelle Annick Fortin, directrice des CFA CCIP [centres de formation d'apprentis de la chambre de commerce et d'industrie de Paris ]. Le chiffre est porté à 2 % en 2008, et à 3 % en 2009."

Sanctions. Celles qui ne respectent pas leurs obligations seront frappées au porte-monnaie : leur taxe d'apprentissage sera majorée de 10 %. De quoi offrir de nouvelles opportunités aux étudiants. Cela dit, n'imaginez pas que franchir la porte d'une entreprise prestigieuse vous donnera droit, une fois diplômé, à un emploi.

Pas tous embauchés. Dans certains secteurs, pas de souci : la banque, l'assurance ou l'informatique, proposent le plus souvent une embauche à l'issue du contrat. "Avoir passé un ou deux ans dans ces entreprises, même en alternance, constitue un atout de poids sur un CV", estime Josiane Fournet-Tatin, directrice du CFA Sup 2000, qui propose des formations en apprentissage de bac + 2 à bac + 5 en collaboration avec huit universités de la région parisienne.

La fonction publique aussi

Du côté de la fonction publique, on est encore loin des bataillons d'apprentis alignés par le privé. Si l'alternance y augmente de manière importante, elle reste numériquement marginale : on comptait tout juste 6 000 contrats d'apprentissage signés en 2006. Ce qui permet d'estimer à environ 10 000 le nombre de jeunes en cours de contrat, majoritairement sur des niveaux inférieur ou égal au bac. Pour faciliter le recours à l'apprentissage au sein des collectivités territoriales, le CNFPT (Centre national de la fonction publique territoriale) a justement publié début 2008 un guide pratique destiné à faciliter leur recrutement.

Sous-réserve. Mais reste une difficulté : celle de l'accès à l'emploi, soumise à la réussite d'un concours. Certaines collectivités font preuve d'inventivité pour inscrire l'apprentissage dans une vraie politique de pré-recrutement. "C'est le cas de la Communauté urbaine de Lille, qui recrute les jeunes en fin d'apprentissage en tant que contractuels, puis leur laisse un an pour préparer le concours", explique Virginie Jurevicz, de la direction de la formation du CNFPT. Une initiative appelée à faire école.

Sommaire du dossier
Informatique/ Syntec Environnement/ Suez Environnement Informatique/Euraxiel Commerce/ Epson France Environnement/ Cervin EnR Fonction publique/ Conseil général du Val-de-Marne Maintenance ascenseurs/ Koné France Conseil/ Akka Technologies Assurance/ Axa Commerce/ Bouygues Télécom