1. Dans le luxe, l'alternance n'est plus cantonnée aux ateliers
Décryptage

Dans le luxe, l'alternance n'est plus cantonnée aux ateliers

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L'alternance permet d'assimiler petit à petit la “culture maison”, une notion très importante dans le luxe. // © plainpicture/Cavan Images
L'alternance permet d'assimiler petit à petit la “culture maison”, une notion très importante dans le luxe. // © plainpicture/Cavan Images

Déjà de mise pour les métiers de l'artisanat, les contrats d'apprentissage et de professionnalisation se généralisent dans le secteur du luxe. Ils concernent aujourd'hui des domaines aussi variés que la vente, la communication ou le développement produit. Comment expliquer cet essor ? Analyse extraite du guide “Les Métiers du luxe” d'Anne-Laure Robert.

Alors que le chômage n'épargne plus les jeunes diplômés et que la législation tend à limiter la durée des stages à six mois, l'apprentissage en alternance séduit de nouveau les entreprises. En conséquence, de plus en plus de formations le proposent.

Les formations s'adaptent

“Nous avons ouvert notre formation à l'apprentissage en 2010”, explique par exemple Christel de Lassus, responsable du master innovation, design et luxe à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée. “En master 1, peu d'étudiants l'ont choisi, mais en master 2, ils sont 26 sur 29 à avoir opté pour l'apprentissage”, détaille-t‑elle.

C'est aussi l'option qu'avait choisie Ariane, 30 ans, aujourd'hui responsable marketing opérationnel pour une marque de LVMH. Après avoir obtenu un Bachelor en école de commerce, elle a intégré le master 2 en apprentissage. “J'avais réalisé mon stage de fin de Bachelor chez une grande marque de cosmétiques et ça s'était très bien passé. Ainsi, la directrice commerciale France m'a recommandée auprès de la directrice commerciale Europe pour que je puisse m'inscrire en apprentissage. À l'époque, c'était très rare”, précise-t‑elle.

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Des entreprises de moins en moins frileuses

Les entreprises ne voient pas toujours d'un bon œil cette “main-d'œuvre” qui “disparaît” certains jours ou certaines semaines pour retourner en cours. Les absences régulières des apprentis lorsqu'ils sont en cours sont parfois problématiques par rapport à un calendrier de lancement de produit. Et difficilement compatibles avec un emploi dans une maison de mode où les rythmes sont dictés par les défilés.

Mais certains employeurs préfèrent voir le verre à moitié plein : “Les étudiants en apprentissage sont d'excellents profils, au contraire. Lorsque l'on choisit cette forme d'enseignement, cela prouve que l'on possède une forte capacité de travail et que l'on est capable de tenir un engagement dans la durée”, estime pour sa part Marie-Sabine Leclercq, directrice internationale de la communication chez Lanvin.

Dans le luxe, chaque maison possède ses savoir-faire, son histoire. Se familiariser avec cet univers prend du temps. Pour cela, l'apprentissage permet de s'intégrer pas à pas au sein d'une maison. “Hermès accueille chaque année un nombre de plus en plus important d'apprentis et d'alternants, dans l'ensemble de nos métiers”, précise ainsi Augustin de Champeaux, DRH du Groupe Hermès International.

POUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux Éditions de l'Etudiant :
“Les Métiers du luxe”,
par Anne-Laure Robert.