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"Bac buzz" : 2017, l'année de toutes les pétitions

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8.000 terminales L et ES demandent dans une pétition des explications au ministère de l'Education nationale sur le choix des sujets d'histoire-géographie. // © Capture d'écran Change.org
8.000 terminales L et ES demandent dans une pétition des explications au ministère de l'Education nationale sur le choix des sujets d'histoire-géographie. // © Capture d'écran Change.org

De nombreuses pétitions en ligne ont vu le jour depuis le lancement de l'édition du baccalauréat 2017. C'est l'arme choisie par plusieurs milliers de lycéens de toutes filières confondues pour protester contre certaines épreuves, jugées trop difficiles. Florilège.

Au bac 2017, les lycéens ont usé (et abusé ?) des pétitions. Depuis le début des épreuves, jeudi 15 juin, les protestations collectives lancées par les candidats se sont multipliées. Le but ? Dénoncer certains énoncés jugés trop difficiles, trop longs, ou encore "imprévisibles". 

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Pour une majeure en géographie

Vendredi 16 juin, de nombreux élèves de terminales L et ES ressortent dépités de leur examen. Ayant misé sur une majeure géographie, ils ont fait l’impasse sur certains points du programme d’histoire, à tort. De quoi pousser Redouan et Dimitri, deux lycéens, à crier à l'injustice sur Internet : "Alors que depuis la refonte des programmes en 2013 l'épreuve d'histoire‐géographie alternait ses thèmes chaque année […], la session 2017 voit son thème identique à la session 2016 : Majeure d'histoire ! […] Ne tombant pas sur le thème planifié, les élèves issus de la session 2017 métropole font face à de graves inégalités de réussite par rapport à leurs camarades des années précédentes."

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Les élèves réclament ainsi "des explications écrites de l’Éducation nationale" et demandent à "trouver une solution pour tous" pouvant aller jusqu'à "une clémence au niveau des notations finales des candidats en question". Avec plus de 8.000 signatures en l'espace de trois jours, la pétition connaît un franc succès. De nombreux professeurs d'histoire-géographie se sont toutefois empressés de leur rétorquer qu'aucun texte officiel ne prévoit cette alternance, qui ne relève en réalité que du hasard.

L'épreuve d'anglais en filière technologique 

La filière technologique n'a pas non plus échappé à la discorde. À ce jour, plus de 18.000 signatures ont été recueillies pour protester contre l’épreuve d’anglais du lundi 19 juin. Jugé trop long – par son nombre de questions et de tableaux à recopier – le sujet aurait posé des difficultés à un certain nombre d’élèves. 
VIDÉO. Bac : alors, c'était comment l'épreuve de LV1 ? (en V.O)

Les signataires affirment ne pas avoir eu suffisamment de temps pour terminer leur épreuve et s’inquiètent de leur future note. La pétition a donc pour vocation d'obtenir une révision des barèmes et un assouplissement de la notation. Ses initiateurs espèrent atteindre la barre des 25.000 signatures et se faire entendre par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

L'épreuve de physique-chimie en S

À l'étranger aussi, les lycéens grondent. Des candidats de la série S ont lancé une pétition pour réclamer la révision du barème de l’épreuve de physique-chimie du lundi 19 juin. Au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Tunisie ou encore au Danemark, des élèves ont dénoncé un examen "inabordable" et "excessivement long à résoudre". Et certains points abordés n'auraient selon eux pas été traités en cours.
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Quelques minutes seulement après la fin de l'épreuve, Youssef Zakraoui, un lycéen de Tunisie, publie sur le site change.org : "Pour éviter une injustice, la majorité des élèves espèrent que le ministère de l’Éducation nationale et les académies concernées harmoniseront les notes et reverront le barème de l’épreuve afin qu’il n’y ait pas de catastrophes." Trois heures après la mise en ligne de la pétition, près de 2.000 signataires avaient apporté leur soutien à la cause. Ils sont désormais plus de 11.000.

Un phénomène de plus en plus fréquent

Depuis trois ans, le recours des lycéens aux pétitions en ligne ne cesse de s'amplifier. Lors du bac 2014, les candidats de la série scientifique s'étaient insurgés contre la difficulté de leur épreuve de mathématiques. Une pétition publiée sur le site Avaaz.org et intitulée "Éducation nationale : il faut arrêter le carnage des sujets du bac S" avait alors récolté près de 55.000 signatures en quelques jours. De quoi pousser le ministère de l’Éducation nationale à assurer aux élèves une correction "bienveillante". En 2015, une pétition réclamant l’"annulation de la question M au bac d’anglais" avait elle aussi eu un puissant écho, et avait abouti à une correction clémente.
Encouragés par ces victoires, les futurs bacheliers usent de plus en plus de ce stratagème, au risque de perdre en crédibilité. 

Ils (re)passent le bac avec l'Etudiant

Chaque année, au moment du bac, l'Etudiant accueille des étudiants en journalisme pour couvrir les épreuves en direct. Enquêtes, reportages, témoignages... Vous pouvez lire cette année sur letudiant.fr les articles de 14 étudiants de l’IEJ : Antoine, Fabien, Heloïse, Inès, Jennyfer, Julia, Kassy, Laura, Laurène, Léa, Luca, Matthias, Pierre et Wallis*.

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