Bac 2023 : les enjeux des épreuves de spécialités en mars

Par Raphaëlle Orenbuch, mis à jour le 22 Septembre 2022
5 min

Les épreuves de spécialité du bac 2023 se tiendront bien les 20, 21 et 22 mars, malgré la pression des syndicats pour les repousser. Quelles conséquences sur l’organisation de l’année de terminale ? On fait le point.

Les épreuves de spécialité du bac auront bien lieu à la fin du mois de mars, contrairement à ce que demandaient les syndicats enseignants. Ces derniers souhaitaient un report de ces examens au mois de mai, voire de juin, en même temps que la philosophie et le grand oral.

Dans un communiqué du 22 septembre, le ministère de l'Education nationale a en effet douché les espoirs des syndicats, en annonçant que les épreuves seront bien organisées les 20, 21 et 22 mars. Pour les enseignants, ce calendrier s'accompagne de deux difficultés majeures : celle de terminer le programme avant la date fatidique et celle de maintenir la motivation des élèves après lesdites épreuves.

Un programme ambitieux à boucler avant fin mars

"Ce n’est pas normal de démarrer l’année sans avoir de dates fixes ! C’est le supérieur qui l’emporte sur le secondaire", peste Bruno Bobkiewicz, secrétaire général SNPDEN (le Syndicat national des proviseurs et directeurs de l'enseignement national). Car si ces épreuves de spécialité sont prévues au mois de mars c’est bien pour être prises en compte dans les dossiers des candidats sur Parcoursup.

Un choix difficile à comprendre pour Christine Guimonnet, secrétaire de la Conférence des associations de professeurs spécialistes : "En mars, les élèves ne sont pas prêts pour passer des épreuves ayant une certaine technicité." Les techniques de dissertation pour les épreuves littéraires, par exemple, nécessitent un entraînement tout au long de l’année selon la professeure.

Par ailleurs, les enseignements de spécialité sont des matières à part entière, "avec des programmes qui sont vraiment ambitieux. En spécialité espagnol par exemple, il y a une épreuve de traduction et les élèves n’en ont jamais fait en tronc commun (LVA ou LVB, NDLR)", soulève Carole Lenoir, professeure agrégée d’espagnol au lycée Pierre-Bourdieu de Fronton (31).

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Garder le cap jusqu’à la fin de l’année

L'autre inquiétude reste le risque de décrochage. "Si on fait le calcul, aux deux tiers de l’année, 75% du bac sera joué. Le risque pour nous c’est qu’il y ait un fort taux d’absentéisme dès la fin de ces épreuves", commente Bruno Bobkiewicz.

Les deux épreuves de spécialité sont en effet chacune dotée d’un coefficient 16. En passant ces examens au mois de mars, les lycéens pourraient donc estimer s’ils ont déjà leur bac ou non et accorder moins d’importance au dernier trimestre, à l’épreuve de philosophie et au grand oral. "On l’a vu l’an dernier, à moindre échelle, à partir du mois de mai", ajoute le proviseur.

Autre difficulté : réussir pour l’élève à réviser ces épreuves tout en constituant son dossier pour l’enseignement supérieur. "L’année de terminale c’est une année de formation, ce n’est pas QUE Parcoursup", s’agace Christine Guimonnet.

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Assiduité et préparation, maîtres-mots d’une année réussie

La préparation est aussi accélérée. Les deux enseignantes sont formelles : le candidat doit se préparer pour le mois de mars, "et même pour le mois de février, car les lycées prévoient souvent des bacs blancs". Pour être prêt à temps, "être assidu, éviter les absences, travailler régulièrement en amont" restent les clés d’un bac réussi selon Christine Guimonnet.

Bruno Bobkiewicz se veut toutefois rassurant : "Il ne faut pas que les élèves s’inquiètent, les enseignants vont préparer les épreuves en fonction de la date, et tout le monde sera dans la même situation." Il souligne que le niveau des épreuves était largement accessible l’an dernier.

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