1. Exclusif. Réforme du bac : stressés, les lycéens demandent plus de contrôle continu
Enquête

Exclusif. Réforme du bac : stressés, les lycéens demandent plus de contrôle continu

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Pour 8 lycéens sur 10, pas question de supprimer le bac // © Nicolas Tavernier / R.E.A
Pour 8 lycéens sur 10, pas question de supprimer le bac // © Nicolas Tavernier / R.E.A

Stressant, difficile, déterminant pour leur avenir. Les lycéens restent très attachés au bac, selon le sondage réalisé par l'Etudiant auprès de 2.600 lycéens Alors, “quid” d'une réforme ? Ils ne seraient pas contre plus de contrôle continu pour relâcher un peu la pression, mais, dans le même temps, la moitié des sondés aimerait accroître le rôle des mentions dans l'accès à l'enseignement supérieur.

Le bac, une formalité sans valeur ? Pas pour les 2.600 lycéens qui ont répondu à notre sondage en ligne exclusif sur le baccalauréat. Alors que de nombreux observateurs estiment que le bac est "donné", que "tout le monde l'a", les premiers concernés par la question – les lycéens – pensent tout autre chose.

Ainsi, 63 % des répondants à notre sondage jugent que le bac n'est pas "trop facile". Le taux passe même à près de 70 % chez les lycéens en filière technologique et professionnelle. "Il y a beaucoup de matières à réviser et les programmes sont conséquents, et même parfois pas terminés", estime Valentine, en terminale S. Shanice, en première ES, renchérit : "Il y a trop de matières à la fois à réviser : c'est trop stressant et nous n'avons pas la moindre minute pour nous relaxer." L'examen apparaît ainsi pour beaucoup d'élèves comme "dur", "éprouvant".

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Davantage de contrôle continu

Passer le bac par le biais d'épreuves terminales rend l'examen difficile aux yeux des lycéens, à l'instar de Laure, en première STAV : "Il est compliqué car seules les notes obtenues des copies de bac comptent, donc si on se trompe ou si on n'est pas en forme ce jour-là, on se rate..." Le terme 'injuste" revient ainsi régulièrement.

Les lycéens se disent d'ailleurs favorables à une diminution du nombre d'épreuves terminales, comme le prévoit le nouveau président de la République, Emmanuel Macron. 79 % des répondants sont pour davantage de contrôle continu et moins d'épreuves terminales. Malgré cette volonté, ils sont 81 % à se déclarer "attachés" à l'anonymat des copies du bac.

Beaucoup de stress

Face à un bac jugé difficile, les lycéens n'apparaissent pas très sereins à l'approche de l'examen. 80 % des répondants se disent "stressés" par le bac. Les filles le sont davantage que les garçons (83 % contre 65 %). La "pression" revient dans de très nombreuses réponses. "Au vu des attentes de l'entourage et des professeurs, c'est stressant", assure Alexandra, en terminale S. Matthieu, aussi en terminale S, ajoute :" Le bac a une importance familiale et sociale et ne pas l'avoir est quelque chose de lourd à supporter."

Là encore, les lycéens mettent en avant le fait que le bac se déroule sur une courte période. "C'est une semaine intense. On sent que notre futur dépend d'un temps très court", précise une élève en terminale S. Et un candidat en terminale STI2D de poursuivre : "On joue toute notre vie sur quelques jours et on ne regarde pas le travail fait toute l'année." Plus globalement, la "peur de l'échec" revient dans les commentaires des répondants.

Pas touche au bac !

Si les lycéens ont ainsi cette appréhension, c'est qu'à leurs yeux, le bac n'est pas insignifiant. Ils lui demeurent très attachés puisque 80 % d'entre eux ne veulent pas qu'il soit supprimé. À la question "Le bac a-t-il de la valeur ?", ils répondent "oui" à 58 %. Et à plus de 70 % en filière technologique.

"Sans le bac, il est difficile de continuer ses études et de trouver un emploi plus tard", dit cette élève de terminale S. Un son de cloche que l'on retrouve beaucoup chez les répondants. "C'est la clé pour le postbac", assure un élève de seconde. Laura, terminale L, relativise toutefois : "Il a de la valeur dans le sens où il représente le passage obligatoire pour les études supérieures. Mais un bac sans études supérieures, ça ne vaut rien."

Pour certains, le bac est bien ce monument qui clôt une période : "Le bac est le but ultime de nos vies d'écoliers", lance par exemple Carla, en première S. C'est un "rite de passage", un "symbole", pour beaucoup de lycéens. En revanche, pour de nombreux répondants, la valeur du bac varie selon la filière dans laquelle il est obtenu, ainsi que s'il y a obtention ou non d'une mention.

Le bac est le but ultime de nos vies d’écoliers.

Accroître le rôle des mentions

Les lycéens se montrent d'ailleurs assez positifs vis-à-vis de certaines pratiques du bac actuel. Par exemple, ils se prononcent largement – à 80 % – contre une diminution du nombre d'options et à 68 % contre davantage d'épreuves orales.

88 % des lycéens souhaitent conserver le système des mentions. 48 % veulent même qu'elles jouent un rôle plus important dans l'orientation postbac, ouvrant ainsi peut-être la voie à une sélection à l'entrée de l'université. En outre, plus le lycéen est jeune, plus il se positionne en faveur d'une telle réforme : 45 % des élèves de terminale souhaitent que les mentions comptent dans l'orientation postbac, 53 % des élèves de première et 60 % des élèves de seconde. Le bac a de beaux jours devant lui.

Sondage l'Etudiant : le profil des répondants

- 2.608 lycéens ont répondu au sondage.
- 64 % sont élèves en terminale ; 28 % en première ; 8 % en seconde.
- 80 % sont des filles.
- 86 % sont en filière générale (49 % en série S) ; 13 % en filière technologique ; 1 % en filière professionnelle.

nullÀ l’occasion de la sortie de ce sondage, RMC a invité Marie-Caroline Missir, directrice de la rédaction de l’Etudiant, à commenter les résultats dans l’émission “Bourdin Direct”.

Écoutez son interview via le podcast de "Bureau de vote" du 8 juin 2017.