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Bac 2018 : comment sont "fabriqués" vos sujets ?

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Un sujet de bac se prépare dès le mois de mai... de l'année précédente. // © letudiant.fr
Un sujet de bac se prépare dès le mois de mai... de l'année précédente. // © letudiant.fr

Plus d'une année se passe entre les premières réflexions d'enseignants sur les sujets du bac et leur arrivée sur votre table d'examen. L'Etudiant vous propose de suivre à la trace leurs parcours.

C'est en mai 2017 que la procédure pour la conception des sujets du bac 2018 a débuté. De nombreuses étapes vont se succéder jusqu'à la mi-juin. 

Mai (année du bac–1) : C'est le lancement du "pilotage des sujets". Le ministère de l'Éducation nationale répartit l'élaboration des sujets entre les différentes académies. Autrement dit, le ministère décide, selon des critères précis, que telle académie conçoit le sujet de telle discipline pour telle série.

Juin (année du bac–1) : Les commissions chargées de concevoir les sujets sont mises en place. Elles comprennent une équipe d'enseignants (entre 15 et 30 en moyenne) et chacune est pilotée par un inspecteur pédagogique régional de l'Éducation nationale. Un exemple : une commission de l'académie de Bordeaux concevra - uniquement - le sujet de philosophie de la série L. Les professeurs, pour être choisis, doivent enseigner la discipline en question l'année de l'élaboration du sujet et avoir une certaine ancienneté.

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Les sujets sont testés

De juin à décembre : Pendant plusieurs semaines, les enseignants font des propositions de sujets qu'ils ont élaborés, généralement seuls. La commission se réunit ensuite pour étudier et choisir des sujets. La commission doit en retenir plusieurs : un principal et un de secours, en cas de problème comme une fuite, à la fois pour la métropole et pour l'outre-mer. Elle retient également des sujets pour la session de septembre, destinée aux élèves qui, pour une raison majeure, n'ont pu se rendre aux épreuves de juin.

Décembre : Les sujets retenus sont testés. Des enseignants, qui ne font pas partie de la commission, sont désignés pour plancher sur le sujet comme vous au bac. L'objectif : vérifier si toutes les notions demandées font partie du programme, s'il est faisable par un candidat ayant le "niveau attendu" en fin de terminale, s'il est neutre et ne provoque pas la sensibilité de certains candidats, et s'il n'a pas été proposé au cours des cinq dernières années.

Des locaux secrets et sécurisés

Janvier : La commission procède aux ajustements éventuels des sujets en fonction des retours des "enseignants testeurs".

Février : Le recteur d'académie procède à la sélection finale des sujets et à leur affectation (métropole ou outre-mer). Le BAT ("bon à tirer") est alors produit : c'est ce BAT qui est envoyé aux imprimeurs.

Mars : Les BAT des sujets sont imprimés et des paquets sont répartis dans des locaux sécurisés.

J–7 du bac : Les sujets sont distribués dans près de 4.500 centres d'examen de France et gardés dans des lieux tenus secrets et sécurisés. Le nom des personnes ayant participé à la procédure sont toutes tenues au secret. Elles signent un document de confidentialité.

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Ouverture en public

Jour J : Les paquets contenant les sujets doivent être ouverts devant les candidats. Ce rituel obligatoire est censé montrer que tous les candidats sont égaux et qu'aucun d'entre eux n'a pu en avoir connaissance au préalable.
En outre, depuis quelques années, tous les sujets ont pour première page une page de garde indiquant la date de l'épreuve, la série et la discipline, mais sans mentionner quoi que ce soit du sujet et des consignes. Si vous vous rendez compte qu'il y a une erreur avec la page de garde, signalez-le rapidement aux surveillants de l'épreuve.

Après l'examen : Des copies de candidats "tests" sont corrigées avant que toutes les copies soient envoyées aux correcteurs. Si une erreur de barème est signalée (une question trop difficilement notée ou inversement) voire un exercice erroné à cause, par exemple, d'une coquille dans une consigne, une commission d'entente peut décider de modifier le barème voire de "neutraliser" un exercice, autrement dit de ne pas en tenir compte dans la correction. Ces cas sont toutefois très rares.