1. Bac 2013 : acceptez d’être stressé !
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Bac 2013 : acceptez d’être stressé !

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Et si je n'avais pas mon bac, que penseraient mes parents ? Et si je tombais sur un sujet que je ne maîtrise pas ? Et si je ne savais plus rien le jour de l'épreuve ? À mesure qu'approchent les épreuves du bac, vous êtes nombreux à échafauder des scénarios plus ou moins catastrophes… Rien de plus normal. L'essentiel est de maîtriser le stress induit pour le jour J. Première étape : l'accepter.

"Le stress accompagne la conscience de l'enjeu et l'envie de réussir." D'après Silvia André, psychologue clinicienne, stresser pour un examen est plutôt bon signe. Là où cela se complique, c'est quand cela fait perdre ses moyens, voire tétanise.

Ainsi, Léone, 17 ans, a dû quitter les épreuves de bac blanc, parce qu'elle avait des difficultés à respirer, des douleurs aux poumons et des tremblements. À quelques jours de l'épreuve de philosophie, cette candidate strasbourgeoise au bac ES reconnaît être incapable de réviser ou de se concentrer quand elle est "sous stress". C'est qu'avec sa panoplie d'hormones (cortisol et adrénaline), le stress est une adaptation normale à une demande de l'organisme.

Nous ne naissons pas égaux face au stress

Mains moites, cœur qui bat très vite, maux de dos, pensées anxiogènes... Selon les individus, les "symptômes" du stress varient et sont plus ou moins handicapants. Silvia André, note qu'il relève pour 40 % du tempérament et de l'héritage de nos parents. Une donnée qu'elle positive, estimant qu'on peut travailler sur les 60 % restants et parvenir à faire du stress un moteur. À condition de commencer par l'accepter. Mieux le connaître peut y contribuer.

Faire du stress un allié

Reconnaître si le vôtre est bon ou mauvais est un bon début. Pour cela, soyez attentif à la durée, l'intensité et la fréquence des symptômes. "Il en va du stress comme d'une corde de guitare, compare la psychologue. Si elle n'est pas assez tendue, ça ne va pas et si elle l'est trop non plus."

Le mauvais stress ou "disstress", comme celui ressenti par Léone lors de son bac blanc, est celui qui bloque, pompe toute l'énergie, empêche de dormir, pousse à la procrastination et paralyse. À l'inverse, le bon stress, que Silvia André nomme "eustress", peut vous rendre performant. Il a des vertus anti-inflammatoires et booste l'attention à 100 %. C'est ainsi que le vit Raphaël, élève de terminale S : il éprouve souvent ce qu'il appelle le "boost" du stress, son allié pour réviser.

À chacun ses astuces

"Mettez le stress à la porte, il reviendra pas la fenêtre", prévient la psychologue, avant d'expliquer que plus on essaie de s'endormir quand nos pensées nous accaparent, par exemple, moins on y arrive. Inutile alors d'essayer de repousser ses pensées. Silvia André conseille de s'emparer d'un carnet et d'y coucher ses peurs et ses projets sans oublier de terminer par trois choses positives qui se sont passées dans la journée. Cela peut être un moment d'échange avec des amis, une séance de sport qui vous a permis de vous défouler, ou même un exercice que vous avez compris. Même à l'approche de l'examen, vous devriez bien en trouver trois, ne serait-ce que les dizaines de fiches que vous avez réussi à relire en un temps record !

"On n'est pas à la hauteur tout le temps "

Pour Silvia André (1), psychologue clinicienne spécialisée en thérapie cognitives et comportementales, il faut donner sa place à la vulnérabilité et repenser le statut de l'erreur et de l'échec.

"S'il n'y a pas de places pour les vulnérables, alors il n'y a de place pour personne ! On n'est pas tout le temps heureux et en permanence à la hauteur. Un vent de psychologie positive souffle déjà aux États-Unis et au Canada, où ils ont compris cela. J'ai bon espoir qu'il traverse l'Atlantique.

Notre société de la performance demande l'impossible. Elle pousse l'individu à ne jamais être satisfait parce qu'il tente de faire entrer une vision idéalisée, celle d'un réussite sans erreurs et sans échecs, dans sa réalité. Le résultat, c'est une consommation record d'anxiolytiques et des gens malheureux au travail, qui tombent de haut et se sentent inadaptés au système lorsqu'ils sont confrontés à l'échec.

Or, ce qui est problématique, c'est quand on n'échoue pas. Accepter ses erreurs est un pas vers le succès. La confiance en soi n'arrive pas un beau matin, elle connait des revers et des avancées, mais il faut se confronter aux difficultés. Pour paraphraser un discours de Théodore Roosevelt je dirais que 'ce qui importe c'est d'aller dans l'arène, pour perdre avec courage, ou gagner avec audace'."

(1) Silvia André est coauteure, avec Patrick Amar, de "J'arrête de stresser ! 21 jours pour changer" (Editions Eyrolles févier 2013)

Sommaire du dossier
Retour au dossier #Stress : le sujet vedette du bac 2013 #Stress au bac : le candidat qui en a assez du lycée #Stress au bac : le candidat tétanisé par la réussite familiale #Stress au bac : le candidat déçu par ses premiers résultats #Stress au bac : le candidat dévoré par l'anxiété #Stress au bac : le candidat qui n'a pas assez révisé #Stress au bac : le candidat qui l'a raté l'an dernier #Stress au bac : le crack qui s'oblige à briller Bac 2013 : acceptez d’être stressé !