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Témoignage

Des anciens lycéens racontent leurs souvenirs du bac

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Nos cinq témoins conservent un souvenir fort de leur passage du baccalauréat. // © Nicolas Tavernier/REA
Nos cinq témoins conservent un souvenir fort de leur passage du baccalauréat. // © Nicolas Tavernier/REA

Ils ont passé le bac dans les années 1950, 1980 ou 2000… Si l’examen n’avait pas forcément la même dimension, tous garde en mémoire un événement particulier qui a marqué la fin de leur adolescence.

Alors que les bacheliers 2020 ne connaîtront pas le stress des examens, ils devraient conserver une part de rituel en allant consulter les résultats dans leurs lycées. Le rituel, c’est justement le souvenir commun à cinq bacheliers qui ont passé l'examen à des périodes pourtant très différentes.

D’abord réservé à une élite

En 1952, Jeanine est scolarisée dans un lycée de jeune fille en Algérie. Aujourd’hui âgée de 86 ans, elle se souvient d’une époque difficile, dans un contexte politique particulier. "Ce n’était pas drôle tous les jours", reconnaît-elle. Consciente que le "bachot" était alors réservé à une élite, elle est fière d’avoir résisté à la pression familiale pour suivre une carrière d’institutrice.

À la fin des années 1960, le bac général (les bacs technologique et professionnel n’existent pas encore) commence à se démocratiser, mais reste un luxe. Mais en 1968, comme en 2020, les épreuves écrites sont annulées. Les candidats, comme Nicolas, passeront tout de même des épreuves orales. Bon élève, le jeune homme aujourd’hui retraité d’une carrière d’avocat a réussi son examen sans surprise, mais a été marqué par le fort contexte politique et social d’alors. Aujourd’hui, il considère que ce sont les événements de 68 qui l’ont poussé à s’engager dans un syndicat.

Lire aussi : Le bac n’est pas de plus en plus facile, il est de plus en plus démocratisé

Passage à la vie d’adulte

Il faut attendre les années 1980 pour que les classes plus populaires accèdent plus facilement au baccalauréat. Véronique, issue d’une famille ouvrière nombreuse, a passé un bac technologique en 1983. Dans sa fratrie de 10 frères et sœurs, seuls 4 ont décroché le diplôme. "Pour mes parents, c’était une fierté", dit-elle aujourd’hui. Il lui a permis de faire des études supérieures, et d’embrasser une carrière d’infirmière psychiatrique.

Dans les années 2000, passer le bac est devenu une étape quasi incontournable. "Un point de passage obligatoire", considère Julien, diplômé d’un bac S en 2002. Indispensable pour "poursuivre des études". Pour autant, le décrocher n’était pas si facile. Dans sa classe de 25 élèves, une dizaine d’entre eux sont passés par la case rattrapages.

Au fur et à mesure, le bac s’est de plus en plus démocratisé. Les taux de réussite et de mention se sont envolés, mais pas le stress des candidats. En 2019, Marie-Julie avait "très peur de ne pas l’avoir", mais s’en sortira avec la mention bien ! Elle a peut-être bénéficié du contexte particulier de l’époque : sa note de philo n’a pas été rendue par son correcteur, et elle a donc été jugée au contrôle continu, qu’elle pense plus flatteur. Aujourd’hui étudiante, elle estime que le bac a marqué "le début de la vie d’adulte".

Jeanine, bachelière 1952 : "Lycéenne en Algérie, ce n’était pas drôle tous les jours !"
Nicolas, bachelier 1968 : "Ça a été un véritable éveil politique"
Véronique, bachelière 1983 : "Pour mes parents, c’était une fierté"
Julien, bachelier 2002 : "Un point de passage obligatoire"
Marie-Julie, bachelière 2019 : "C’est le début de la vie d’adulte"