"Dans le flou depuis trois mois", les candidats libres au baccalauréat perdent patience

Par Yoram Melloul, publié le 19 Février 2021
4 min

Quelles modalités de passage du baccalauréat 2021 pour les candidats libres ? Depuis les annonces de l’annulation des épreuves communes, puis de spécialités, les élèves concernés naviguent dans le flou. En plus du stress, cela génère parfois une remise en question de leurs projets.

"Une situation stressante", pour Shéhérazade, 17 ans, ou "anxiogène" pour Kilien, 21 ans, qui retente le bac cette année après avoir abandonné pour des raisons de santé. "Totalement démotivée", Marjorie sort quant à elle de "20 jours sans avoir pu ouvrir un seul livre".

Aucune information délivrée aux candidats libres

Ils ne représentent qu’une petite minorité des aspirants au baccalauréat en 2021 mais les candidats libres vivent dans l’incertitude depuis que Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, a annoncé en novembre l’annulation des épreuves communes (EC, ex-E3C), puis, en janvier, celles des spécialités pour les lycéens. Aucune information claire ne leur a été adressée depuis concernant les modalités de passage. Une confusion d’autant plus importante que les situations des candidats sont diverses.

D’un côté, les candidats au centre national d’enseignement à distance (Cned) en inscription réglementée. Ils ont un livret scolaire et des contrôles réguliers. C’est le cas de Khadidja, qui habite en Algérie et prépare son bac depuis Oran. Elle ne sait toujours pas si ses notes de contrôle continu vont compter et déplore "être dans le flou depuis trois mois. Personne ne parle de nous. Que ce soit le Cned ou l’académie, chacun donne des réponses différentes." Alors pour se faire entendre, elle a écrit une tribune sur le Huffington Post.

On trouve ensuite les candidats au Cned en inscription libre, qui ne sont pas obligés de rendre des devoirs. Et enfin, les candidats libres "hors Cned". Eux se débrouillent seuls pour trouver les cours. Comme Noémie, qui travaille beaucoup mais pour qui "c’est très difficile d’avoir des ressources avec la réforme du bac 2021". Elle a décidé de ne faire aucun vœu sur Parcoursup. "Je ne sais pas si je vais passer mon bac en juin ou en septembre, explique-t-elle. Je laisse tomber l’enseignement supérieur pour cette année. Sans échéance, je me relâche."

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Projets d’études ou de reconversion mis en péril

Carla craint elle aussi que "toute cette confusion joue contre [elle]". Arrivée en France en 2012, il lui est impossible d’exercer son métier de pharmacienne car son diplôme brésilien n’est pas reconnu. Reconvertie dans la menuiserie, cette jeune maman a été poussée par la crise sanitaire à passer un bac technologique pour revenir vers son activité d’origine.

Elle travaille trois heures par jour, en plus de son emploi. Peut-être pour rien ? "Si je passe mon bac en septembre, les lycéens auront déjà leurs notes et la sélection sur Parcoursup sera bien avancée." Elle ajoute, désespérée : "C’est comme si le gouvernement abandonnait ceux qui veulent reprendre leurs études."

Pour se faire entendre, les élèves s’organisent sur les réseaux sociaux. "On a même spammé un live Instagram de Gabriel Attal (le porte-parole du gouvernement, NDLR). On s’était concertés à plus de 200 pour poser tous en même temps une question sur la situation des élèves du Cned. Il s’est engagé a donné une réponse 'dans le week-end'. On attend toujours…", souffle Kilien.

Contacté, le ministère de l’Éducation nationale répète que "les modalités pour les candidats libres sont en cours d’arbitrage", sans précision sur une éventuelle date de rendu de la décision.

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