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Enquête

Ladislas Kiss, psychiatre : "Il n’y a en général pas de créatifs chez les surdoués"

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Co-auteur avec Sophie Cote de "L’Épanouissement de l’enfant doué" (Albin Michel), Ladislas Kiss est psychiatre clinicien cognitivo-comportementaliste.

null"Réussir une vie professionnelle exige avant tout d’excellentes capacités relationnelles. Et cette intelligence sociale, n'est pas toujours présente chez ces sujets intellectuellement précoces. Le génie n’est pas forcément scolaire. On n’a pas demandé à Mozart de passer son bac ! Si ces enfants arrivent à passer leur bac jeune, c'est qu'ils ne sont pas entravés par rapport à leurs aînés par des questions psychosexuelles et existentielles inhérentes à l'adolescence. Ils arrivent assez facilement à sublimer leur libido dans les études. 

Par la suite, ce ne sont pas forcément des sujets qui vont se battre, du fait souvent d'une hypersensibilité affective, alors que pour réussir sa vie professionnelle, il faut très souvent pouvoir s’imposer. De plus, leur rapport au monde est la plupart du temps calqué sur celui de l'école qui est essentiellement méritocratique. Persuadés tout au long de leurs études scolaires qu'ils sont très performants, ils s'imaginent qu'ils vont forcément réussir. 

Devant la dureté du monde du travail, il leur arrive d'être déconcertés ou de se sentir brimés. Réussir professionnellement de manière un peu exceptionnelle nécessite toujours une grande créativité pour sortir des sentiers battus. Or, la plupart de ces sujets brillants dans l'enfance ont eu l’habitude de suivre des raisonnements assez cloisonnés dans des domaines spécifiques. Il n’y a en général pas de créatifs chez les surdoués. Le créatif, voire le génie, va faire des liens avec des choses qui n’ont pas de rapport entre elles, sur un mode transmodal."
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