Jeanine, bachelière 1952 : "Lycéenne en Algérie, ce n’était pas drôle tous les jours !"

Par Yoann Palej, publié le 17 Juin 2020
3 min

Souvenir du bac... 1952 ! Pour marquer l'évolution du bac depuis l'après-guerre, l'Etudiant a retrouvé d'anciens bacheliers de différentes époques. Jeanine, diplômée en 1952, se souvient que le bac était alors réservé à une élite et que la pression familiale était forte.

1952, Constantine, Algérie française. La cohabitation est complexe, conflictuelle. C’est dans ce contexte que Jeanine Roquier (Perret de son nom de jeune fille) a passé son baccalauréat. "J’ai été épargnée par mon cadre de vie plutôt aisé, reconnaît cette dame de 86 ans. Mais ce n’était pas drôle tous les jours." Le "bachot" était réservé à une petite élite enviée, mais il fallait s’accrocher.

"Avoir ses deux bacs, c’était quelque chose, ajoute-t-elle. En effet, on passait un bac en première, avec des épreuves dans toutes les disciplines, un écrit et un oral. Seul le succès au premier bac permettait le passage en terminale, et on remettait cela un an après avec le deuxième bac."

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Classes non mixtes

À cette époque, les classes ne sont pas mixtes et la vie étudiante n’a rien d’aventureuse. "Je ne pouvais pas sortir avec mes amies, elles avaient juste le droit de venir étudier à la maison." Dans les années 50, le niveau des études secondaires en Algérie est élevé. "Quand on n’arrivait pas à obtenir son bac, on allait à Montpellier où il était réputé plus facile", précise-t-elle.

Jeanine n’aura pas besoin de s’exiler. Malgré une passion toute relative pour les études, elle décroche son bac avec mention et garde en mémoire un moment de solitude. "Lors de l’oral d’histoire-géo, j’ai été totalement déstabilisée par un jeune professeur", raconte-t-elle, sourire en coin.

Elle s’en sortira avec un heureux 13/20, mais aura du mal à trouver sa voie. "J’avais envie de liberté, glisse-t-elle. Mais il fallait répondre à la pression familiale." Elle renoncera notamment à poursuivre en études de psycho, car "il fallait aller en pension chez les bonnes sœurs, à 800 kilomètres". Elle échappera finalement au carcan familial en choisissant l’enseignement et deviendra institutrice.

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