La série technologique a démocratisé l’accès au bac

Par Thibaut Cojean, publié le 22 Juin 2020
4 min

Créées il y a 50 ans, les séries technologiques ont favorisé l’accès au baccalauréat d’une plus grande partie de la population. Si elles restent moins suivies que les séries générales et professionnelles, elles jouissent pourtant d’un excellent taux de réussite et préparent à la poursuite d’études.

Le bac technologique est le premier symbole de la démocratisation du baccalauréat. Il a été créé à la fin des années 1960, à une époque où moins de deux jeunes âgés de 18 ans sur dix obtenaient leur diplôme.

Démarrage timide

Grâce à un programme plus technique et moins généraliste, les lycéens peuvent désormais se former directement à une famille de métiers ou un secteur. Les premières séries sont créées en 1968 et mises en place pour le bac 1969.

Les séries générales d’alors se déroulent de A à E. Les séries technologiques prendront la suite. On compte au départ 10 séries F (F1, F2, F3, etc.), plutôt techniques et scientifiques : construction mécanique, chimie de laboratoire, sciences médico-sociales, etc. Auxquelles s'ajoutent trois séries G, qui couvrent l’univers de l’administration et de la gestion, et enfin une série H pour les techniques informatiques. Les séries artistiques font leur apparition quelques années plus tard.

Au départ, ces formations sont peu suivies et la grande majorité des lycéens préparent encore un bac général. En 1972, un peu moins de 20% des lycéens sont en filières technologiques. Mais l’arrivée de ce nouveau bac a permis à l’examen de commencer à se démocratiser. Entre 1969 et 1986, la part de jeunes d’une génération diplômée du bac a ainsi doublé, passant de 16,1% à 31,2%.

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Préparation aux études supérieures

Au début des années 1980, un peu plus de 30% des lycéens préparaient un bac technologique. Ils ne seront jamais plus nombreux. Avec l’arrivée du bac professionnel en 1987, la proportion de lycéens technologiques se remet à décroître et, en 2020, seuls 21% des candidats au bac se présentaient dans une série technologique.

Dans les années 1990 et 2000, les séries sont regroupées et changent de noms, pour adopter progressivement les acronymes que l’on connaît aujourd’hui. Toutes préparent d’ailleurs à la poursuite d’études, principalement dans des formations courtes et sélectives (DUT, BTS), même si les bacs technos ouvrent aussi la porte des grandes écoles. Différents concours d’ingénieurs recrutent en effet des bacheliers STI2D, et des prépas commerciales réservent également des places aux profils STMG via l'option ECT.

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Une série marquée par les inégalités sociales

La réussite des élèves en bac techno se lit d’ailleurs dans leurs taux de réussite. Depuis 1995, il n’a jamais été inférieur à 75%. Et voilà déjà plusieurs années qu’il dépasse systématiquement la barre des 90% et flirte avec les records du bac général. On note toutefois moins de mentions dans les filières technologiques que générales.

Malgré ces très bons résultats, les inégalités frappent encore aujourd’hui le lycée technologique. Ainsi, à la rentrée 2018, 14,8% des élèves de première et terminale technologiques étaient enfants de cadres, contre 29,3% en première et terminale générales. Le rapport s’inverse chez les enfants d’employés (19,1% en séries technologiques contre 15,7% en générales) et d’ouvriers (26,8% contre 16,3%).

En 2021, le bac techno sera réformé avec le bac général. Si les élèves ne pourront pas choisir les spécialités qu’ils suivront, celles-ci étant inhérentes à leurs séries, ils valideront tout de même leur bac avec une large partie (40%) de contrôle continu.

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